La Cité des Sables

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La Cité des Sables

Message  oceanis le Lun 24 Mar - 12:42

J'ai commencé à écrire la cité des sables il y a presque un an. Au début cela ne devait être que cinq ou sux pages, et finalement il en compte aujourd'hui presque cinquante, et l'histoire s'allonge et s'allonge à chaque fois que j'y touche.

Quand j'ai commencé à écrire ce récit, mon but était de décrire ma vision de la femme Goréenne. Une femme fière, droite et froide, écrasée par un système dirigé par les hommes. Une femme, qui savait aussi trouver son chemin dans le complexe système des castes, faisant équilibre à l'opposition hommes et femmes. Autour de Diva, la jeune scribe, peu à peu viennent s'ajouter d'autres personnages qui deviendront ses compagnons d'aventures. Si vous arrivez aux bouts des pages, j'espère que vous les aimerez vous aussi.

Par volonté, j'ai épuré le récit de toute référence direct à l'univers Goréen. Vous n'y retrouver aucun nom de ville, d'animaux etc...je n'y ai gardé que l'esprit pour créer un autre monde dont les ressemblances avec Gor vous sauterons aux yeux.

A ce jour, le récit n'est pas terminé, après des mois de pause, j'ai très envie de le reprendre. Je vous livre déjà peu à peu les chapitres écrit, en attendant avec impatience vos commentaires, idées, etc....c'est toujours ce qui fait le plus plaisir après l'effort de l'écriture. Pourquoi le nier ? Smile . Et si ce récit peut profiter de vos idées tant mieux Very Happy

Sinon, au début, dans l'autre forum, j'avais mis des illustrations dans le récit sous forme de screenshot de SL. Finalement, je n'aime pas trop cette idées car les screen sont froids et rigides. Si des personnes sont interessées par l'élaboration de petits dessins et ilustrations pour accompagner le récit c'est avec plaisir que je leur enverrais idées de l'histoire, textes etc...des chapitres suivant.

En attendant, je vous souhaite un bon voyage dans les déserts brulants de cette planète sans nom.

Et bien entendu, c'est à Diva que je dédie cette petite histoire et à tout les joueurs Goréens de SL Very Happy

oceanis
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Re: La Cité des Sables

Message  oceanis le Lun 24 Mar - 12:44

C’était un désert.
Des centaines de kilomètres carrés de sables et de roches chauffées par un soleil assassin. Aussi loin que portait le regard, c’était un paysage de désolation et de mort, un endroit où la nature même semblait avoir capitulé. De temps en temps, perdues dans l’immensité blanche et aride se levaient les squelettes de villes depuis longtemps oubliées. C’étaient les vestiges d’une autre ère dont l’histoire même avait été effacée des souvenirs de l’humanité.
Il ne restait que le désert.
La caravane le traversait. Bien qu’elle s’étendait sur plusieurs kilomètres, elle paraissait minuscule et fragile, à la merci de l’océan de sable contre lequel elle luttait jour après jour. Elle était partie de Petra deux semaines au paravent pour se diriger vers le sud en suivant la piste des nomades. Régulièrement, un tas de pierre indiquait aux guides qu’ils restaient dans la bonne direction. C’était l’unique trace humaine, la seule chose qui rappelait que d autres hommes étaient passés par là et avaient eux aussi affronter le monstre. Tous étaient des hommes du désert, des guerriers, des marchands et des voyageurs qui s’étaient joins à la caravane qui tous les trois mois traversait cet enfer pour rejoindre la petite cité de Treka.
Assise dans sa cabine, Diva examinait un parchemin ou s’alignait des centaines de chiffres. De temps en temps, elle prenait rapidement quelques notes, écrivant avec soin de son écriture soignée, qui dessinait de grandes lettres rondes et inclinées. C’était une femme jeune avec une longue chevelure rousse qui disparaissait sous son voile d’un bleu azur.
« Lady…Lady… »
Diva leva la tête, irritée par l’interruption. Elle appartenait à une des castes les plus puissantes, et même si elle n’était qu’une jeune apprentie, elle attendait des autres le plus grand respect.
Par habitude, elle ajusta rapidement le voile qui lui cachait le visage et repoussa les lourdes tentures brodées qui l’isolaient du monde extérieur. A coté de son véhicule porté par huit esclaves mâles, un homme blond courait en donnant de léger coup contre la porte richement décorée.
« La cité est en vue Lady…nous arrivons… », Continua-t-il avec excitation avant d’accélérer sa course et de répandre la nouvelle plus en amont du convoi.
Dans des circonstances normales, Diva se serait sentie offensée par l’attitude de l’esclave, mais comme le reste des voyageurs elle se sentait envahie par l’excitation qui faisait frissonner la caravane.
Oubliant l’homme qui avait disparu, elle passa la tête par l’étroite fenêtre, regardant vers l’avant. A première vue, rien ne semblait avoir changé, elle voyait toujours la même file d’attelages qui montaient lentement une énorme dune de sable. Sur les flancs, les cavaliers galopaient en surveillant le désert. Ils étaient une centaines, des gardes de Petra et des mercenaires engagés par les marchands.
Rien n’avait changé.
Le même sable.
Le même désert.
Pourtant, par les fenêtres des attelages d’autres têtes voilées apparaissaient, scrutant elles aussi la tête de la caravane qui descendait maintenant la montagne de sable.
« Treeeeeeeeeeeeeka », cria un guerrier debout sur ses étriers la main pointée sur un point par delà la dune.
Un cri de joie monta de l’immense file humaine qui continuait d’avancer en accélérant le pas.
L’ascension de la dernière dune dura dix minutes et Diva pu enfin, pour la première fois, contempler les murs blancs de Treka.
Bien que la ville fût de petite taille, elle dégageait un sentiment de puissance, peut-être simplement par le fait qu’elle se dressait dans une des régions les plus arides du monde. Les maisons étaient basses, collées les une contre les autres pour se protéger du vent brulant du désert. Depuis la dune, la jeune femme pouvait apercevoir les étroites ruelles, les auvents multicolores ainsi que des silhouettes humaines. Elle pouvait presque entendre les cris des marchands sur la petite place du centre et sentir les arômes des tavernes qui attendaient les voyageurs avec leur plat de viandes grillées et leurs cruches d’eau fraiche.



Le sable avait maintenant fait place à une route de pierre grossière qui conduisait aux portes de la cité. Sur le passage de la caravane, les premiers marchands locaux offraient leurs produits, surtout des fruits et des boissons qui aideraient les voyageurs à supporter les dernières heures d’attente avant de pouvoir entrer dans le cœur de la ville.
Diva descendit de son véhicule en lissant sa longue robe bleue, couleur de sa caste. Les huit esclaves qui l’avaient transportée durant les deux dernières semaines se reposaient à l’ombre. Ils savaient quoi faire de ses bagages, ils étaient tous de fidèles serviteurs, et elle ne douta pas qu’elle retrouverait ses coffres dans l’appartement qui lui serait assigné.
Sans un mot, la tête haute, la jeune femme se dirigea vers la fille se frayant un chemin dans la foule qui s’agglutinait autour de la caravane. Sans perdre de temps, les marchands commençaient à négocier fixant les prix du marché. Soie, vin, plantes aromatiques et bois exotiques s’exhibaient à la vue des négociants qui prenaient des notes, se promenant entre les attelages.
Elle atteignit rapidement un groupe de gardes qui surveillaient les portes principales. C’étaient des guerriers dont la peau tannée par le vent et le soleil affichait les cicatrices de guerres passées. Diva s’arrêta devant eux, ses grand yeux verts regardant les hommes qui mesurait deux têtes de plus qu’elle.
« Salutations Libres », dit-elle d’une voix claire, un peu trop sèche pour être tout à fait agréable.
« Salutations Lady », répondirent les deux gardes qui continuaient d’observer l’activité frénétique des marchands. Le plus jeune des deux s’inclina légèrement en reconnaissant la couleur bleue des scribes, son compagnons se contenta d’un simple geste de la tête.
Sans un mot, la jeune femme brandit le parchemin qui contenait ses ordres de missions et attendit en silence. C’était un document rédigé par la haute Scribe de Petra qui ordonnait d’aider et de faciliter le travail de ses collaborateurs en mission officielle. Bien que les guerriers jouissaient d’un immense pouvoir, ils ne prirent pas à la légère le parchemin et s’inclinèrent à nouveau devant la jeune femme.
« Votre escorte sera là dans un moment Lady », commenta le plus âgé. « Honneur et Gloire aux puissants Guerriers de Petra », ajouta-t-il en baissant la tête en signe de respect.
« Honneur et Gloire aux braves de Treka », répondit la scribe en récupérant le parchemin que lui tendait le soldat.
Elle attendit cinq minutes. Diva estima que le délai était raisonnable et ne supposait aucune offense à son rang. De plus, quelques secondes plus tard, une paire d’esclaves apparurent avec de l’eau fraiche et des fruits ainsi qu’une chaise de toile qu’ils installèrent sous un palmier qui poussait à coté de la porte. La jeune femme déclina poliment les deux offres mais remercia le geste qui était une marque de respect publique à son rang. Les deux guerriers parurent satisfaits de la réaction et retournèrent à leur observation de la longue file de gens qui passaient les portes de la cité.
L’escorte n’était pas discrète. Elle était composée de trois guerriers vêtus de rouge, quatre esclaves et un homme chauve qui portait une tunique bleu. Diva supposa qu’il s’agissait d’un employé du bureau des scribes, fait sur lequel elle se trompait. L’homme s’appelait Ech’Itri et était le secrétaire personnel du haut scribe de la ville, un rang que la jeune femme estima un peu haut par rapport à sa propre position d’acolyte. Cela pouvait supposer une offense dans le sens ou elle pouvait le percevoir comme un acte d’intimidation, ou simplement une marque de respect supplémentaire envers l’envoyée de la cité mère. Diva choisit la seconde hypothèse et salua avec amabilité le scribe.
Bien que de petite taille, l’homme trottinait à bonne vitesse dans les rues de la ville. Escortée par deux esclaves qui agitaient un énorme éventail, Diva le suivait de près luttant pour ne montrer aucun signe de fatigue. C’était la fin de l après midi et peu à peu la ville se réveillait profitant des quelques heures de fraicheur relative qui précédaient le crépuscule.
« Nous y voilà Lady », déclara l’homme chauve en s’arrêtant devant un luxueux bâtiment situé sur une petite place construite autour d’une magnifique fontaine de marbre blanc. Deux femmes, cachées sous leur voile, discutaient à voix basse installée sur un banc situé à l’ombre des nombreux arbres qui faisaient de l’endroit un oasis de paix et de fraicheur. La façade de ce qui paraissait être un palais était décoré de fresques épiques qui narraient l’histoire de cavaliers du désert qui luttaient contre des ennemis inconnus. C’était les décorations typiques de la maison d’un guerrier de haut rang.
« L’ancien palais du Pasha », commenta le scribe en regardant son invitée avec un large sourire. « Nous l’utilisons pour les invités de marque »
« Vous me faites trop d’honneur », répondit la jeune femme.
« Rien n’est trop bon pour les envoyés de la cité mère », réplica l’homme en poussant les lourdes portes de bois. « Honneur et Gloire aux Guerriers de Petra », continua-t-il en faisant des gestes au groupe d’esclaves qui s’était précipité dans le hall d’entrée. « Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour rendre votre habitation des plus agréable », déclara-t-il en invitant la femme à monter les marches.
Diva approuva d’un signe de la tête suivant la petite troupe à travers les longs couloirs. Deux soies blanches ouvraient la marche, suivie par le scribe et quatre esclaves qui parlaient une langue qu’elle ne comprenait pas.
« Elles m’informent que vos coffres sont arrivés Lady, elles s’occuperont de vos biens sous votre supervision », traduisit le scribe.
Impressionnée, Diva entra dans une salle qui plus qu’une chambre était un véritable appartement. Pendant quelques secondes, elle admira le luxe de l’endroit, l’or qui semblait ruisseler contre les murs, ainsi que le bleu du sol qui réfléchissait la lumière qui filtrait à travers les légères tentures de soie qui ondulaient dans la brise fraiche de la nuit naissante.
« J’espère que cela vous convient Lady », demanda l’homme en regardant la jeune femme.
Ce n’était pas son premier voyage officiel mais jamais elle n’avait bénéficié d’un traitement aussi impressionnant.
Diva sourit derrière son voile et s’inclina avec respect devant l’homme qui l’observait satisfait de la surprise qu’il avait pu lire dans les yeux de son invitée. Montrer ses émotions n’était pas digne d’une femme libre, encore moins quand celles-ci pouvait se traduire comme un signe de faiblesse. Treka n’était qu’une petite cité Vassale, et rien qu’ils ne pouvaient faire ou montrer ne devait dépasser la simple satisfaction discrète.
« Transmettez mes remerciements au Pasha », déclara-t-elle d’un ton qu’elle voulait le plus neutre et froid possible.
L’homme s’inclina à son tour, regardant les deux esclaves qui vidaient les coffres. Ce n’était pas de bonne éducation de voir les effets personnels d’une femme libre, et ses yeux dévièrent immédiatement vers la table de bois précieux ou était disposé une panoplie de plumes et quelques pots d’encre de grandes qualités.
« Nous avons préparé votre bureau ici Lady. Demain un esclave apportera les documents que vous désirez examiner. Cela sera beaucoup plus commode pour vous que nos humbles bureaux. »
La jeune femme regarda l’homme qui se frottait les mains, oscillant d’un pied sur l’autre, visiblement mal à l’aise. C’était la première tentative de l’éloigner de son travail et le petit scribe s’y prenait avec une maladresse qui l’amusait. Ce n’était pas un fait inhabituel, beaucoup de villes essayaient de dissimuler de petites commerces, qui si ils n’étaient pas complètement illégales n’était pas n’ont plus tout à fait licites. Treka suivait le rituel, ne pas le faire aurait supposé une offense contre sa personne et sa fonction.
« Je vous remercie de votre attention, mais il est de mon devoir de partager votre inconfort », répondit-elle avec un petite sourire.
Le scribe s’inclina une fois encore.
« Bien Lady, dans ce cas permettez-moi de vous inviter demain à une réunion avec le Haut Scribe »
Diva accepta d’un léger signe de la tête pendant que le scribe saluait dans un torrent de reconnaissance et gloire à Preta.
Une fois seule en compagnie des deux esclaves qui continuait de ranger ses bagages, elle s’assit sur un coussin et enleva son voile pensant à la mission qui l'attendait.


Dernière édition par oceanis le Mer 2 Avr - 17:02, édité 2 fois

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Re: La Cité des Sables

Message  oceanis le Mar 25 Mar - 12:40

Le rôle des FC est souvent un problème dans le monde Goréen de SL.
Beaucoup de femmes libres finissent par abandonner leur rôle, simplement par manque de protagoniste.
Soumise aux hommes les femmes Goréennes ne peuvent les affronter sur leur terrain et par conséquent si le jeu se limitait à une simple relation entre sexe, la femme n’y aurait aucun rôle.

Sur Herliofr se problème fut épineux. L’arrogance des guerriers (qui jouaient leur rôle) et le peu de fonctions des FC ont crées pas mal de désertion.

La femme libre, puise à mon sens son pouvoir de sa fonction. Si le sexe est un des piliers Goréens, les castes en sont un autre. J’ai donc essayé d’imaginer ce que pourrait être la conversation entre deux personnes, dont une domine socialement l’autre de par son sexe et son rôle. C’est dans sa fonction, que Diva puisera les ressources pour se maintenir au niveau du scribe, sans jamais l’affronter. Les relations entre cité jouent ici leur rôles, souvent oublié dans l’univers Goréen de SL.

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Re: La Cité des Sables

Message  oceanis le Mar 25 Mar - 12:41

L’aube se levait à peine et Diva était prête. Avec l’aide des deux esclaves, elle s’était baignée et vêtue d’une longue robe bleue dont les voiles ondulaient dans la brise encore fraîche du matin. Depuis la terrasse, elle pouvait contempler une bonne partie de la ville dont les rues s’éveillaient doucement. Il y avait des marchands ambulants, des fonctionnaires et des libres qui se promenaient dans les étroites ruelles. De l’autre coté des murailles, la jeune femme apercevait la caravane qui s’était installée pour former un marché ou jour et nuit le commerce battait son plein. Treka, bien que relativement petite, achetait de grandes quantités de céréales, de viandes et d’autres bien de premières nécessités qu’elle échangeait contre des pierres précieuse et des soies qu’elle achetait aux nomades du désert. Au cours des dernières années, ces quantités avaient augmentés de manière substantielle ce qui avait fini par alerter les scribes de Petra qui contrôlaient, de façon indirecte, via les impôts, le volume des affaires entre les villes vassales. C’était une simple mission de routine sous le couvert de la révision annuelle des comptes.
« Lady, votre escorte attend », souffla une des esclaves qui était restée à sa disposition. C’était une jeune fille d’environ dix huit ans. Elle avait les cheveux blonds et une peau trop blanche pour appartenir aux gens du désert. Elle avait probablement été capturée ou simplement achetée aux marchands. Un autre négoce où s’imposait Treka.
Diva hocha la tête et descendit vers la place ou elle aperçu une fois encore les deux femmes libres qui discutaient sur leur banc. Sans s’arrêter, elle monta dans le véhicule que tiraient quatre esclaves mâles à la stature imposante.
Par la fenêtre qu’elle avait laissée ouverte, la jeune femme observa les gens qui regardaient passer avec curiosité son attelage humain. Mis à part les officielles, peu de gens se déplaçaient ainsi. Dans les rues étroites du centre, un garde devait obliger les piétons à se coller aux murs pour dégager le chemin au passage du petit groupe.
Dix minutes plus tard, le convoi s’arrêta devant un bâtiment de trois étages. Il n’était pas spécialement joli, sans aucune décoration mise à part les grands drapeaux bleus qui flottaient dans le vent.
Le scribe l’attendait en haut d’un imposant escalier de marbres, il portait comme la veille une tunique bleue de bonne qualité et une paire de lunette de lecture était posée sur non nez. Il accueillit la jeune femme avec les formules de politesse d’usage et la guida vers l’édifice dans lequel régnait une fébrile activité. Le premier étage, était réservé au publique et en traversant la foule qui occupait le hall central, elle croisa des groupes de marchands venus déclarer leurs ventes et payer les impôts de rigueur. D’autres venaient simplement enregistrés de nouveaux animaux, esclaves ou juste déclarer la mort ou la naissance d’une personne. Chaque opération était rigoureusement transcrite sur des parchemins et stockées dans d’immenses salles qui s’étendaient sur les étages supérieurs. Chacune de ses salles étaient une partie de la mémoire de la ville, le reflet de sons activité à travers le temps. Dans les neuf milles parchemins qui les scribes gardaient chaque année se trouvait la vérité, une vérité coupée en morceau, organisée par sujets et date, de telle façon que en quelques secondes les bibliothécaires pouvaient trouver une information. Diva croyait en cette vérité, personne n’aurait jamais osé transcrire une donnée qui ne serait réel. Ce simple fait était sanctionné de mort.
Si les données qui stockaient les villes n’étaient pas sujettes à discussion, les rapports qui rédigeaient les cités vassales étaient d’une tout autre nature. Il y avait là assez de marge de liberté pour que la réalité ne soit pas aussi claire, ou pour le moins déformée par la classification et interprétation du scribe auteur du document. Tous étaient des spécialistes des chiffres, aucun ne se seraient osés à citer des données incorrectes, mais ils étaient aussi des professionnels de la gestion capable sans mentir de dissimuler ou de déformer certaines vérités suivant les intérêts de l’Ubar qu’ils servaient. Diva venait découvrir cette réalité, la reconstruire suivant d’autres angles, d’autres visions. Une vue différente d’un même paysage. Ce n’était pas une tâche facile, même en disposant d’une année complète elle ne pouvait analyser tout les documents, aussi devait-elle travailler d’une manière analytique. Une cité n’était rien d’autre qu’une équation, des chiffres liés entre eux à tous les niveaux. Il suffisait d’en comparer quelque un pour comprendre la réalité. C’était son travail. Et ils le savaient.
Ils s’arrêtèrent devant la porte d’un bureau situé au dernier étage. Ici tout était calme, de temps en temps un homme chargé de parchemins passait silencieusement et disparaissait dans les corridors déserts.
Ils n’attendirent pas longtemps, à peine une minute, et une esclave poussa la porte leur laissant le chemin libre. Diva entra la première, la tête haute, regardant l’homme assis sur un coussin face à une table basse de marbre rose. Il ne se leva pas. C’était le haut scribe et en dépit d’appartenir à une cité vassale, son rang était supérieur à celui de la jeune femme qui s’inclina légèrement en posant un genou sur le sol froid. C’était un salut courtois, en rien exagéré, peut-être un peu froid vu qu’elle se contenta de réciter les formules protocolaires sans y glisser un trait personnel qui aurait ainsi montré la préparation et l’importance que la jeune femme accordait à cet entretien.
L’homme la regarda en silence. Il avait les yeux sombres et froids comme ceux d’un reptile. Il pouvait avoir cinquante ans, de grande taille avec un corps qui paraissait taillé dans la roche. Bien que Diva regardait humblement le sol, elle pouvait sentir son regard qui la détaillait en silence, essayant de l’évaluer, de comprendre qui il affrontait. Elle n’était pas une ennemie mais une étrangère et pour les hommes du désert le mot était pratiquement semblable.
« Comment va Lady Kiasla ? », demanda-t-il enfin en désignant de la main un coussin à l’autre bout de la table.
Diva répondit par une autre formule de politesse, saluant la bonne santé de la vieille scribe de Petra que même les années ne semblaient pas oser attaquer. Avec ses quatre vingt sept ans, lady Kiasla était une des personnes les plus puissantes de la ville et n’était pas disposée à perdre une seule goutte de cet élixir qui la maintenait dans un état de jeunesse éternelle.
Le haut scribe sourit et d’un signal de la main ordonna aux esclaves de servir les boissons.
Bien qu’elle ne l’ait jamais rencontré, la jeune femme connaissait parfaitement l’homme qui se trouvait face à elle. Son nom était Khan’Iskhaar et appartenait à une des tribus les plus puissantes de la région. Il était malin et cruel comme un serpent, sans compter qu’il était aussi le frère de l’Ubar.
« Comme toujours nous mettons tous nos moyens pour que la tâche de l’envoyée de Petra soit la plus simple possible. », déclara-t-il pendant que la fille servait un té bazi. « Nos comptes sont clairs et précis. La dernière fois, l’envoyée a pu retourner à Petra avec la même caravane », continua-t-il en souriant.
Diva ne répondit pas, elle se limita à fixer l’homme de ses grands yeux verts qui ne montraient aucune émotion. Cette attitude aurait pu être considérée comme une offense mais face à une menace si peu dissimulée, cette réponse lui parut la plus appropriée.
Khan secoua la tête et pris la minuscule tasse de té entre ses énormes mains qui ressemblaient à celles d’un guerrier. Diva attendit. Bien qu’elle ait sa propre tasse, elle ne pouvait pas boire sans lever son voile ce qui eut été une marque de faiblesse et de confiance qu’elle ne jugea pas opportune d’exprimer.
« Vous semblez pensive Lady….Des ennuis avec le tribu ? Peut-être les impôts ? Quelque chose que je devrais savoir ? »
La jeune femme attendit et finalement répondit d’une voix qui se voulait plus aimable. Elle avait répliqué avec assez de fermeté à la première attaque et il était temps de revenir à une situation plus normale.
« Pas que je sache Sir. C’est un simple control annuel…comme chaque année »
C’était la vérité. Le tribu de Trekka avait été payée dans les délais et correspondait à celui des années antérieures. Ce qui était toutefois moins normal, c’était le volume des biens qui descendait vers le sud et ne semblait générer aucune richesse supplémentaire comme si le désert les avalait. Selon les chiffres dont disposait Petra, le volume des marchandises envoyées vers le sud avait augmenté de quarante pour cent en trois ans, alors que les impôts et les tribus étaient restés pratiquement stables. En règle générale, le commerce génère de la richesse et cette richesse devait augmenter l’activité économique de la région et se refléter à travers le volume des impôts perçu par la ville. Bien entendu, il pouvait y avoir de nombreuses raisons pour qu’il n’en soit pas ainsi. La logique économique était une chose, la réalité en était une autre. Dans le doute, Petra avait envoyé des délégations dans toutes les zones sud du désert afin de mener une enquête sur le terrain.
« J’en suis heureux. Nous sommes une petite ville avec peu de ressources. A l’exception de nos mines de fer et l’eau des cavernes souterraines nous n’avons pas beaucoup à offrir. »
Diva hocha la tête. Elle connaissait parfaitement l’économie de la ville, elle l’avait étudiée dans les moindres détails pendant les deux semaines qu’avait duré le voyage. Les mines produisaient du fer qu’elle échangeait contre de la nourriture, principalement des céréales, et des matières premières destinées aux artisans locaux. Une partie de la production repartait ensuite vers le nord ou était échangée avec les nomades qui commerçaient régulièrement avec la ville. Bien que ce fût une économie fragile basée sur une seule ressource, le système fonctionnait et les caisses de la ville se remplissaient avec régularité. De fait, Treka ne respirait pas la misère et sans être une cité de la taille de Petra, c’était une ville prospère et pleine de vie.
« Treka est la perle du désert Sir. Gloire et honneur à ses Guerriers », répondit la jeune femme en employant la formule rituelle que Khan’Iskhaar utilisa à son tour.
La conversation se prolongea pendant trente minutes. Les choses importantes étant dites, ce ne fut plus qu’un simple acte de courtoisie, et la conversation dévia sur les actes culturels de la capitale qui était par tradition un sujet neutre et de très peu d’importance. La diversion était une activité pour les faibles et les esclaves à laquelle aucune personne libres avec un nom n’oserait montrer une importance autre que le simple intérêt social d’une conversation paisible.
« Si vous avez le moindre problème, je vous prie de m avertir immédiatement. L’honneur de cette maison est en jeu, comme l’honneur de notre caste », déclara le scribe, mettant ainsi un point final à l’entretien.
Diva le remercia et se leva avec délicatesse. Au moment ou elle allait franchir la porte, l’homme la retint.
« J’allais oublier un point Lady »
La jeune femme se retourna lentement, les yeux regardant le sol, la tête légèrement inclinée vers le bas en attitude de respect.
« Les lois de cette ville sont très strictes, je vous prie d’y accorder toute votre attention. Nous sommes des gens simples et ignorants des modales des grandes villes »
La scribe leva les yeux, un sourire dansant sous son voile bleu.
« N’ayez aucune crainte Sir, je serais plus souvent dans vos livres de compte que dans vos rues », déclara-t-elle en passant la porte, ne laissant aucune possibilité à l’homme de répondre.

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Re: La Cité des Sables

Message  oceanis le Mer 2 Avr - 15:39

Diva passa le reste de la journée à sélectionner des documents. Accompagnée par un scribe de rang inférieur, elle écrivait les données dont elle avait besoin avant de partir à la recherche des parchemins entreposés dans d’immenses armoires protégées de la lumière. Pendant son voyage, elle avait établit un plan de control détaillé, aussi pour l’instant elle n’avait rien d’autre à faire que formuler ses requêtes en prenant soin de ne laisser transparaître aucune stratégie précise que le bureau de Treka pourrait deviner et éluder. Diva travaillait sur base d’un système d’échantillonnage, pour chacune de ses lignes d’investigation elle sélectionnait au hasard une série de factures, rapports ou simple actes de réunions, mélangeant le tout avec une énorme quantité de documents sans importance qu’elle n’ouvrirait jamais. Elle ne doutait pas que cette nuit, dans un bureau des étages supérieurs, une équipe se mettrait au travail essayant de percer sa stratégie et découvrir ce qu’elle cherchait dans les centaines de documents qu’elle déterrait des archives. En réalité, elle ne doutait pas qu’ils y parviendraient. Tout n’était qu’une question de temps. S’ils avaient vraiment quelque chose à cacher, en liant les documents sélectionnés avec l’objet de la fraude, ils perceraient assez facilement le nuage de fumée qu’elle laissait derrière elle. Peut-être même commettraient-ils une erreur.
Une fois la première sélection terminée, elle s’installa et commença à lire une série de rapports sur la criminalité. Assis dans un coin sur un tabouret de bois, l’apprenti la regardait avec attention. De temps à autre, Diva prenait quelques notes qui par magie arriveraient le même soir dans le bureau du haut scribe. Bien qu’il fût encore très jeune, le visage du jeune disciple était dur et sérieux. Il prenait visiblement son travail d’espion très au sérieux, ce qui fit sourire la jeune femme sous son voile.
Après deux heures de lecture, elle se leva et rangea les parchemins qui encombraient son bureau. Dehors la nuit était tombée et la population profitait de la fraîcheur de la nuit. De la musique et des voix d’hommes s´élevaient des ruelles, parfois ponctués par le rire d’une esclave.
« Je rentre à mes appartements », annonça Diva en regardant une dernière fois sa table de travail maintenant parfaitement rangée. L’ordre et la discipline étaient une seconde nature chez ceux de sa caste et cela eut été une grave offense que de laisser du désordre chez ses hôtes.
L’apprenti se leva d’un bond.
“Je vais demander votre escorte Lady”, déclara-t-il une main déjà posée sur la porte du bureau.
« C’est inutile », répondit la jeune femme en le suivant dans le couloir, « Je rentrerais à pied ».
L’assistant resta un moment paralysé regardant la femme qui continuait dans le couloir.
« Lady…Lady….C est impossible. J ai reçu des instructions pour votre escorte »
Diva se retourna d’un bloc regardant le scribe qui se tenait debout devant elle, l’air embarrassé.
« Sir. Je suis une prisonnière ? Je ressemble peut-être à une esclave à qui on donne des ordres ? »
Le jeune homme ne dit rien, se contentant de danser d’un pied à l’autre. Bien entendu c’était un homme et comme tel il disposait d’une certaine autorité sur les femmes, même libres. Toutefois cette femme là n’était pas n’importe qui, c’était l’envoyée de la cité mère et une scribe de rang supérieur au sien.
Il hésita un moment et finalement répondit d’une voix légèrement tremblante.
« Bien entendu que non Lady. C’est pour votre sécurité, un vœux d’un Haut Scribe lui-même »
Diva hocha la tête. Le jeune homme était habile. En introduisant le haut scribe dans la conversation, il essayait de changer le rapport des forces. Mais la jeune femme n’était pas disposée à céder.
« Je connais l’immense amabilité du Haut Scribe et je le remercierais personnellement pour son geste. Mais je ne suis qu’une humble scribe et ce type d’égard est indigne de mon rang. De plus, j’ai révisé les statistiques de la criminalité et elles sont si bonnes que je pense ne courir absolument aucun risque. »
Le jeune homme baissa la tête vaincu.
« Pourrais-je au moins vous accompagner Lady ? »
« Bien sur que non. J’ai besoin que cette nuit vous révisiez les rapports sur l’importation de soie. »
« Un problème avec ce commerce ?», demanda l’assistant les yeux brillants.
« Je ne sais pas encore. Mais vous devriez les examiner et me donner votre opinion. Demain nous en discuterons avec le Haut Scribe si il y a quelque chose là….je n’en suis pas certaine… »
Voyant l’opportunité de briller devant ses supérieur en fournissant une première piste, il salua d’un bref signe de la tête et se dirigea vers le bureau.
Diva sourit et sortit dans la rue.
Les hommes étaient certes puissants mais si facile à manipuler qu’elle en éprouvait parfois une certaine honte. Toute leur vie se résumait à la recherche du pouvoir, ils étaient comme des animaux qui flairaient son odeur, sa trace, cherchant en permanence le moyen d’y arriver en premier. Leur chemins étaient si prévisibles, leur intentions si claires qu’ils étaient des proies faciles. Son mentor lui répétait souvent que le chasseur qui sait par ou passe le gibier à son repas à moitié servi. Les hommes étaient ainsi. Des animaux qui suivaient le même étroit chemin de la gloire.
Elle se promena longuement dans les ruelles du centre. Les rues étaient propres et pleine de vie. Les hommes se réunissaient dans des tavernes ou ils buvaient et jouaient à des yeux qu’elles ne connaissaient pas. Diva fut surprise de voir autant de femmes, plus silencieuses, se déplaçant par petits groupes que déambulaient dans l’obscurité protégées par leurs voiles de multiples couleurs. La ville n’était pas riche mais on y respirait un sentiment de bien être, d’optimisme qui dans beaucoup de civilisations étaient des signes de pouvoir. Trekka vivait de son fer et qu’elle était la seule à extraire. Ce commerce lui permettait de couvrir ses nécessités et de maintenir un haut niveau de bien être.
Diva déboucha sur une place plus importante bordée de palmiers. En son centre un groupe d’esclave travaillait sous la vigilance d’hommes qui hurlaient des ordres.
La jeune femme s’approcha pour examiner la construction de bois qui se levait du sol. Cela ressemblait à une scène de vingt mètres de long sur environ cinq de large.
« On sera prêt Lady », déclara un homme en sautant d’un tas de poutre de bois. « Si ces fainéants se bougent un peu », continua-t-il en riant. « On dirait que cette année ils nous ont donnés les plus idiots. J’ai l’impression que c’est la première fois qu’ils font cela »
Diva inclina la tête devant l’homme et regarda les esclaves qui travaillaient sous les coups de fouet d’un des contremaîtres.
« Prêt pourquoi Sir ? »
L’homme vêtu d’une tunique de cuir noire la regarda un peu surprise.
« La vente Lady ». Dans trois jours c’est la grande vente d’esclaves. Plus de huit cents lots. Une immense mise aux enchères ».
La jeune femme regarda les installions surprise. C’était un chiffre énorme que dépassait à peine le grand marché de Petra.
« D’où peuvent venir tant d’esclaves ? »
« Aucune idée Lady », répondit l’homme en haussant les épaules. « Je suis artisan. Mon travail consiste à monter ce cirque et pas de savoir qui va monter dessus »
« Je suppose que oui », avoua la jeune femme pensive. « Vous savez ou ils les gardent ? »
« Pas vraiment. Peut-être dans un des bâtiments de l’esclavagiste bien que je doute qu’ils y ai assez de place. En ce qui nous concerne nous allons installer des cages autour de la place et en dessous de l estrade », expliqua-t-il en désignant un tas de barre de métal entassée dans un coin. « Cela serait dommage que tout ces esclaves puissent courir partout dans la ville et s’échappent….cela serait un beau bordel », continua-t-il en éclatant de rire.
Diva sourit sous son voile. L’homme lui plaisait. Comme beaucoup d’artisans il était franc et direct. De la part d’un autre homme, une telle attitude l’aurait offensée, mais cette franchise qui frôlait l’insolence l’amusait. Il vivait loin du pouvoir, étranger à toutes les luttes entre hautes castes qui modelaient saison après saison le visage de son monde.
« Vous n’êtes pas d’ici Sir n’est ce pas ? », demanda-t-elle en notant l’accent gutturale de son interlocuteur.
« Bien sur que non Lady », s’exclama l’artisan en levant les mains au ciel. « Par les dieux je ne suis pas de cet enfer de sable sinon de Tescal »
La jeune femme connaissait la cité de nom mais n’étant pas une ville vassale de Petra ses connaissances étaient réduites.
« Un bien long chemin »
L’homme hocha la tête.
« Oui Lady, mais on dirait que cette ville n’a plus personne pour travailler ce maudit bois…j’ai plein de contrats ici…et vous savez…l’argent est l’argent après tout. Ainsi que je suis ici à monter cette fichue structure avec un tas d’imbéciles »
La jeune femme éclata de rire et pris congé après quelques minutes, poursuivant sa promenade dans les rues.

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Re: La Cité des Sables

Message  oceanis le Jeu 3 Avr - 12:35

Je ne sais pas si qq lit mais il me semble que les gros pavés ne sont pas très lisibles sur un forum.

J'ai changé un peu le format pour rendre plus "léger"

J essayerais de faire la même chose au reste.

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Re: La Cité des Sables

Message  oceanis le Jeu 3 Avr - 12:36

Cela faisait trois jours que elle examinait les documents un par un. Le jeune apprenti était toujours à ses cotés, rapportant chaque jour fidèlement les progrès du scribe. Chaque matin, Diva voyait que certains objets de son bureau avaient été déplacés. Bien entendu, ils essayaient de tout remettre à l’endroit exact mais il y avait toujours un détail ou l’autre qui les trahissait.

Elle ne s’en souciait pas. Cela faisait partie du jeu et dans un sens elle se serait sentie offensée s’ils ne l’avaient pas fait. Cela aurait signifié qui la considérait comme un élément sans importance qui ne nécessitait aucune vigilance.

Le premier jour, elle avait révisé des rapports sans importance touchant parfois quelques factures relative à l’achat de céréales. Suivant les documents, les céréales venaient de trois villes du nord qui dépendaient de Petra. L’importation était stable bien que en très légère augmentation. Elle découvrit aussi un achat massif de bois pour la construction de nouveaux greniers. Le lot avait été payé en or et la transaction avait été correctement enregistrée. Il n’y avait rien d’illégal. En réalité tout était parfaitement cohérent et logique. Peut-être la légère diminution des exportations de fer pouvait paraître un peu étrange, mais celle-ci était très sensible et revenait à la normale lors de la dernière période comptable. Une simple épidémie sans gravité aurait pu provoquer la légère diminution sans parler d’une variation négative de la demande. Elle avait vérifié un échantillon de factures et toutes correspondaient à la perfection aux rapports et livres comptables.

Fatiguée par le travail de plus en plus routinier, Diva décida de prendre son déjeuner. Il était midi et elle avait prise l’habitude de manger dans une taverne pour femme qui se situait à quinze minutes du bureau des scribes. Elle descendit la rue en pensant que finalement cette mission allait être des plus courantes et comme l’avait prédit le scribe elle reprendrait la première caravane en direction de Petra. A priori c’était une bonne nouvelle mais Diva était une femme ambitieuse qui savait qu’on ne progressait dans la hiérarchie en réalisant d’obscure mission de routine.

Le ciel était nuageux et la chaleur moins forte que les autres jours, aussi décida-t-il de se promener avant de déjeuner. Il était relativement tôt et n’avait aucune envie de retourner s’enterrer dans des parchemins qui la menaient de plus en plus vers une impasse. Elle avait besoin d’air frais et de nouvelles idées. Elle n’avait pas terminé son travail mais il était clair que s’il existait une fraude à un niveau ou un autre, il serait bien difficile de la détecter. Jusqu’ici les résultats de ses vérifications étaient cohérents et elle commençait à douter de pouvoir trouver une quelconque irrégularité. Sa stratégie de base était des plus simples : elle avait décidé de mesurer le niveau des importations de céréales par le biais des importateurs connus et les comparer avec d’autres données comme la population ou les impôts. La population apparaissait parfaitement stable ce qui correspondait aux achats de céréales. A partir de là elle se faisait une idée assez précise de ce qui se passait dans la ville. Treka vendait son fer à d’autres villes faisant ainsi rentrer de l’or dans les arcanes publiques. Arcanes qui selon les livres de compte étaient des plus stables. Certes la ville ne grandissait pas mais elle ne montrait aucun signe de perte de population ou de revenu. Peut-être que finalement c’était le plus étonnant. La stabilité était un des phénomènes les moins courants. Les villes comme bien d’autres structures traversaient assez couramment des périodes de croissance ou de récession mais restaient rarement stable sur de longues périodes.

Perdue dans ses réflexions elle marcha longtemps au hasard. Quand elle se rendit compte qu’elle s’était égarée, elle regarda autour d’elle. Elle était entrée dans une autre partie de la ville, plus pauvre que le centre. Les bâtiments étaient sales, certaines façades étaient lézardées sans être vraiment en ruine. C’était un quartier populaire que s’était développé autour d’ateliers et d’entrepôts. La jeune femme décida de descendre la rue et se diriger vers les murailles qui devaient se situer plus à l’est, de la elle pourrait facilement trouver son chemin en longeant les remparts en directions de la porte principale. Cela pouvait être long mais elle n’était nullement pressée par le temps.

Les ruelles n’étaient pas pavées et Diva progressait avec précaution les bords de sa robe légèrement relevés pour éviter de les maculer de boue. Ses chaussures à talons hauts glissaient sur le sol irrégulier provoquant le rire d’un groupe d’enfants qui jouaient avec une balle de cuir. Ils la regardaient avec amusement mais il n’y avait aucune trace d’hostilité dans le regard des gens qui la saluaient avec respect avant de poursuivre leurs occupations. Certaines maisons paraissaient abandonnées, pas encore en ruines mais complètement fermées comme si leurs habitants avaient décidé de partir pour un temps.

« Ou sont partis ces gens ? », demanda-t-elle en montrant une des maisons aux enfants.

Ils arrêtèrent de jouer et regardèrent la femme avec curiosité. Ils avaient entre dix et quinze ans avec les traits caractéristiques des gens du désert. Cheveux noirs et yeux sombres qui brillaient de malices.

« A une autre ville Lady »

« Quelle ville ? »

Les enfants haussèrent les épaules et retournèrent à leur partie de balle.

« Personne ne le sait », répondit une voix dans son dos.

La femme qui parlait était jeune, vêtue d’une robe usée et d’un voile gris qui cachait son visage ne laissant qu’une fente pour les grands yeux noirs qui la fixaient. Diva s’inclina devant l’inconnue qui lui répondit d’un simple signe de la tête.

« On leur a proposé du travail autre part », ajouta-t-elle en fermant la porte de sa maison ou un bébé hurlait sans interruption.

« Qui ? »

« Des hommes…des hommes du désert. Ils offraient beaucoup d’argent et nombreux furent ceux qui les suivirent »

« Ils sont revenus ? »

La femme secoua la tête.

« Pas encore. Mais ils envoient de l’argent. Mon compagnon m’envoie des pièces chaque semaine, parfois même une lettre »

« Qui apportent l’argent ? », demanda Diva de plus en plus intriguée. Elle était dans un quartier pratiquement abandonné dont les habitants étaient partis pour travailler. C’était inhabituel d’une ville comme Trekka. Le phénomène était peu visible à première vue puisque les femmes et les enfants étaient restés donnant un minimum de vie. Mais la tranquillité inhabituelle pour un quartier populaire ne pouvait pas échapper à l’œil d’un observateur attentif.

« Les hommes du désert. Avec des gardes parfois. »

« Que fait votre compagnon ? »

« Forgeron. », répondit la femme en ouvrant à nouveau la porte de sa maison. Elle n’avait pas peur mais la conversation s’éternisait et ce n’était pas une attitude acceptable avec une étrangère. Diva la remercia et repris son chemin en pensant à ce que lui avait dit le charpentier du marché aux esclaves.

Après une dizaine de minutes de marche, elle atteignit le mur de fortification. Les maisons avaient disparues et ils ne restaient que des ateliers et de grands entrepôts de stockage. Quelque édifices étaient encore ouvert et elle aperçu des hommes travaillant le fer ou le cuir tandis que des femmes teignait des rubans de soie.

Il y avait peu de gens dans la rue et la silhouette vêtue de bleu de la jeune femme attirait l’attention des travailleurs. Sans savoir ou elle allait, elle tourna à droite marchant à l’ombre du haut mur qui protégeait la ville. De temps en temps, elle croisait une charrette transportant des sacs de céréales, de bois et d’autres produits qu’elle ne pouvait identifier avec précision. Les esclaves la saluaient avec respect tandis que les hommes libres ne l’ignoraient, se contentant d’un regard froid. Bien que ce manque de respect était humiliant elle continua son chemin, évitant une discussion qui aurait pu attirer l’attention sur elle.

Elle arriva finalement face à une série de hautes constructions de bois. Au début, elle pensa qu’il s’agissait de tours de défenses mais en s’approchant elle se rendit compte qu’ils s’agissaient de greniers. Il y en avait une trentaine, immense, parfaitement alignés. Le tout était protégé par un mur de deux mètres de haut et une porte gardée par un groupe de soldat en arme.

Curieuse la jeune femme s’approcha, regardant l’activité frénétique qui régnait à l’intérieur. Il y avait des centaines d’esclaves qui travaillaient, chargeant des charrettes ou déplaçant des sacs de céréales d’un endroit à l’autre. On entendait des cris et le claquement sec des fouets qui résonnait comme le craquement des éclairs par temps d’orage.

Un des gardes sortit du groupe et s’approcha d’elle. Il portait une armure de cuir noire et une immense épée à deux mains qui pendait en travers de son dos.

« Vous ne pouvez pas rester là Lady »

Son ton était froid et ses yeux noirs la regardaient avec une hostilité à peine dissimulée.

« Je suis l’envoyée de Petra », répondit la jeune femme, « Je me suis perdue. Je désirerais retourner dans le centre ville ».

Le garde lui montra le chemin avec la main tout en lui donnant de brèves instructions. Pendant se temps, Diva examinait ce qu’elle pouvait à travers les grillages de la porte. Il semblait qu’il y avait deux types de greniers. La moitié était plus bas et aussi plus rond mais par l’aspect du bois ils semblaient beaucoup plus anciens. Les autres étaient plus haut et aussi plus récents. Il y avait dans cette enceinte de quoi stocker deux fois plus de nourriture que une ville comme Trekka n’en avait besoin.

« Tout est plein ? », demanda-t-elle.

« Je ne sais pas Lady, vous devez partir »

Il paressait nerveux, la main posée sur son épée. C’était un guerrier, et comme tel disposait de plus que pouvoir que n’importe quel autre citoyen de la ville, dont celui de tuer une femme libre. La caste des guerriers était une des plus respectée, formée par des hommes de la même tribu que le Ubar auquel ils étaient fidèles jusque la mort, lié par les liens du sang, le plus puissant des liens qui pouvait unir les hommes du désert.
Diva hocha lentement la tête et salua le garde qui la suivit du regard jusqu’à ce qu’elle disparaisse au coin d’une rue. Ce n’était pas le moment de se battre. Pas encore.

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Re: La Cité des Sables

Message  oceanis le Ven 4 Avr - 13:00

Diva enferma les esclaves dans une des cages du Kennel.
Bien qu’elle lut la plus totale incompréhension dans les yeux des filles entassées derrière les barreaux, elle ne s’abaissa pas à donner une quelconque explication. Cela aurait été indigne de son rang, et l’idée n’effleura même pas son esprit de femme libre. Depuis des générations, l’économie de son monde reposait sur l’esclavage. Les esclaves n’étaient pas vraiment des êtres humains, mais plutôt des bêtes de sommes ne jouissant d’aucun droit. Comme toute personne de haut rang, Diva n’y attachait aucune importance, même si depuis son plus jeune âge elle en était en permanence entourée. Comme le disait le dicton populaire, un bon esclave est celui que l’on remarque quand il n’est pas là.

Certaine d’être tranquille, elle s’installa sur un coussin, légèrement appuyée contre le mur. Dehors, la nuit était tombée et un vent frais soufflait dans la pièce, faisant vaciller les flammes des bougies qui créaient des ombres dansantes sur les murs.

En rentrant de son escapade, elle avait aussi tôt contacté le capitaine des gardes de Petra. L’homme était un vieux guerrier dévoué à sa ville et avait accédé à sa demande sans aucune réticence. Il ne lui restait plus qu’à attendre.

Ce ne fut pas long.
A peine, trois heures plus tard, une voix s’éleva dans la pièce.

« Saluations Lady »

Surprise, Diva sursauta, cherchant des yeux l’origine de la voix douce et mélodieuse.

« J’ai les informations que vous avez demandée », continua la voix, cette fois venant d’un autre point. La jeune femme pivota sur elle-même et découvrit la silhouette sombre de l’homme qui se tenait dans un coin. Il était sans doute entré par la fenêtre ouverte, passant à un mètre à peine de l’endroit ou elle était assise.

« Salutation Assassin », répondit-elle d’une voix crispée, se maudissant d’avoir montré sa surprise.

L’homme fit un pas dans sa direction. Il était entièrement vêtu de noir, couleur de sa caste. Ses yeux gris et froid fixaient la sribe tandis que le reste de son visage souriait sans pour autant pouvoir exprimer un signe d’humanité. Perdu au milieu du convoi, il était arrivé avec la caravane, attendant dans l’ombre que le capitaine ne sollicite ses services.

Bien que comme elle, il servait Petra, Diva ne put réprimer complètement un frisson en examinant le guerrier. Il sentait la mort, elle avait l’impression que l’odeur de ses victimes le suivait comme un parfum maudit. S’il était venu pour la tuer, elle n’aurait eu aucune chance. Comme tout les membres de sa caste, l’assassin était une infernale machine de mort dont il valait mieux ne pas croiser le chemin.

La jeune femme ne distingua aucun tatouage sur le visage de l’homme, il était donc venu en paix.

« C’est vous que le capitaine a chargé de ma mission ? »

La réponse était plus qu’évidente mais elle se devait de reprendre le contrôle de la situation.

L’homme hocha la tête.
Diva apprécia la correction de l’homme qui lui laissait l’initiative, la laissant laver en partie de la faiblesse qu’elle avait exprimée.

« Qu’avez-vous découvert assassin ? »

« Les Greniers sont tous pleins Lady, comme vous le supposiez. Les anciens comme les nouveaux. Des esclaves transportent le blé vers un tunnel sous les remparts »

Diva fixa l’homme, intrigué.

« Un tunnel ! Savez vous ou il mène ? »

Sans relever l’interruption, le tueur continua son rapport, de la même voix monocorde.

« Il débouche dans le désert. A environ trois cents mètres, derrière une grosse dune de sable. Là les sacs sont chargés dans des chariots. »

Pensive, la scribe assimila les nouvelles informations. Si Treka évacuait en secret du blé des greniers cela signifiait que quelques choses se tramaient dans l’ombre. Sans doute revendait-il en secret une partie de leur stocks pour échapper aux impôts de la ville mère. A grande échelle, c’était une faute grave qui entraînerait des représailles de la cité mère. Une magnifique opportunité dont elle espérait bien être le centre.

« Quelqu’un vous a vu ? »

« Les seuls qui nous voient Lady sont ceux qui vont mourir et personne n’est mort ce soir ».

« C’est du bon travail, j en informerais le capitaine »

L’homme s’incline légèrement en signe de remerciement.

« Il y a autre chose Lady », fit-il en fouillant dans un sac qu’il portait à la ceinture.

Il s’approcha du bureau et y déposa une poignée de grain.

« Voici le blé pris dans trois des vieux greniers », fit-il en désignant le petit tas.

Diva s’approcha de la table avec une bougie, examinant les céréales qui lui parurent en bon état de conservation.

« Et voici ceux des nouveaux greniers », continua-t il en déposant un autre tas.

La scribe étouffa un cri de surprise. Le grain du deuxième échantillon présentait un aspect totalement différent, légèrement plus clair que le premier, comme si il s’agissait d’une espèce différente. Elle fouilla dans sa mémoire pour essayer de se rappeler les provenances du blé mais il lui sembla que les comptes ne mentionnaient qu’une provenance.

« Par les grands prêtes », murmura-t-elle en touchant du bout des doigts le petit tas de grain.

Cette fois, elle pouvait presque sentir l’odeur de la gloire. Treka trichait et elle allait y mettre fin.

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Re: La Cité des Sables

Message  oceanis le Ven 4 Avr - 13:01

Le jour se levait à peine quand Diva franchit le seuil de l’ancien palais. Sur le petit banc, les deux femmes voilées surveillaient la place, ne prenant même plus la peine de se cacher. La jeune scribe en fut légèrement vexée. C’était un message clair de Treka. Il défiait son autorité et par la même occasion celle de la ville mère. La surveiller était normal, mais le manque de discrétion des deux espionnes représentait une offense grave.

Elle maîtrisa sa colère et se dirigea vers le centre ville. Pendant quinze minutes, elle tourna en rond dans les étroites ruelles, surveillant ses arrières pour repérer la présence d’un éventuel suiveur. Quand, elle fut certaine qu’elle était seule, elle pris la direction de la place principale, se frayant un chemin parmi les marchands qui se dirigeaient vers leur échoppes.

Malgré l’heure matinale, la plus grande cohue régnait déjà sur la place. En son centre, aligné sur une immense estrade de bois, des esclavagistes attachaient soigneusement les premiers lots d’esclaves dans des positions les plus diverses. La vente ne commencerait que dans une heure, mais de nombreux clients se pressaient déjà autour des cages pour repérer un lot intéressant.

Installés le long des murs, formant un immense carrés, les étales des vendeurs offraient des produits divers, allant de la soie fine des nomades aux armes de poing fabriquées par d’impressionnant forgerons venus du nord. La jeune femme repéra le coin des boulangers et choisis au hasard une échoppe assaillie par un groupe d’homme qui engloutissait des quantités impressionnante de galette de céréale arrosée d’huile et d’épice. Ils appartenaient tous à la basse caste des charpentiers. Leur accent traînant était celui des cités de l’ouest du désert, elles aussi vassales de Petra.

Diva commanda un té et un morceau de pain, qu’elle enduit délicatement d’huile et de tomate. Elle mangea lentement, soulevant son voile avec précaution pour dévoiler le minimum de son visage. Elle se sentait étrangère dans cet endroit peuplé d’artisans aux usages si différents des membres des hautes castes.

Une fois terminé son pain, elle se tourna vers un homme seul qui mangeait solitairement. Il n’était pas charpentier.

« Vous êtes marchand Sir ? »

L’homme tourna la tête un peu surpris. Il était assez rare qu’une femme aborde un homme dans un endroit public et l’offense le déstabilisa un instant. Toutefois l’inconnue appartenait à une haute caste et il ne tenait pas à s’attirer les foudres des scribes qui pouvaient rendre sa vie infernale en lui compliquant à l’infini les démarches administratives. Elle pose son morceau de pain, s’essuya les mains.

« Aye Lady »

Il devina le sourire de la femme sous son voile et la vit fouiller dans un petit sac pour en sortir deux petites bourses de cuir qu’elle étala sur le comptoir. Chacune d’elle contenait des grains.

« Vous vous y connaissez en grain ? »

« Je sais reconnaître un grain pourrit d’un sain », fit-il en passant un doigt dans le premier tas. « Celui là est sain, Il vient des plaines du nord. Je dois en avoir six charrettes pleines. Vous êtes acheteuse ? »

« Peut-être …mais on m’a proposé ce grain et avant de me décider j’aimerais savoir d’où il vient », répondit-elle en montrant le deuxième échantillon.

Les sourcils froncés, le marchand examina la deuxième pile. Il grogna une injure incompréhensible et releva la tête.
« Aucune idée, mais il ne vient pas du Nord. Je n’ai jamais rien vu de tel ».

Il se tourna vers un groupe d’homme et les leur fit signe de venir. Les nouveaux venus examinèrent à leur tour les grains d’un air suspicieux. C’était aussi des marchands, reconnaissable à la couleur noire et or de leurs vêtements et ils n’aimaient pas la concurrence.

« Il ne vient pas de notre cercle », lança finalement un des hommes. Je fais toute les villes du cercle et je n’ai jamais rien vu de tel.

Le cercle, dans le langage des marchands correspondait aux villes avec qui ils commerçaient en respectant des quotas d’importations et d’exportations fixés par les dirigeants. Le commerce était contrôlé par les grandes villes qui n’acceptaient que difficilement de nouveaux arrivant susceptible de leur saper une partie de leur pouvoir. Les marchands se pliaient à ces règles voyageant librement dans les différents cercles appartement à leur ville d’attache.

Diva maudit le subit intérêt des hommes qui discutaient maintenant entre eux. L’importation illégale était une chose grave dans leur caste et ils risquaient d’éveiller l’attention de la cité et du même coup l’attention du scribe. Même si elle ignorait d’où venait ce grain, cela prouvait que Treka fraudait. Restait à savoir pourquoi et avec qui.
Elle remercia les hommes d’un bref salut protocolaire et sortit à nouveau sur la place.

Son attention fût immédiatement attirée par un groupe d’hommes rassemblés autour de l’estrade. Curieuse, la jeune femme s’approcha, se frayant un passage à travers la cohue bruyante.

Une femme armée d’un bâton tenait tête à trois gardiens en leur hurlant des injures dans une langue que la scribe ne comprenait pas. En bas de l’escalier qui montait à l’estrade, trois autres hommes étaient étendus sur le sol. Prudent, les esclavagistes se tenaient hors de portée de son arme, faisant claquer leur fouet dans le vide. Diva supposa que la jeune femme, vêtue d’une armure de cuire bouilli, s’était échappée d’un lot qui devait être vendu. Sous les encouragement de la foule, les gardiens se décidèrent finalement à remonter à l’assaut. Le premier, un grand type poilu, évita de justesse un moulinet du bâton qui passa au dessus de sa tête. Il para le second coup de son sabre, mais ne put éviter le troisième qui l’envoya rejoindre ses amis en bas de l’estrade. Profitant du combat les deux autres s’étaient hissés sur la plateforme et avaient pris la combattante à revers.

« Qui est cette femme ? », demande Diva à son voisin qui hurlait des injures en brandissant le poing.

L’homme se calma soudainement, salue la scribe en lui expliquant.

« Une pirate Lady »

« Une pirate ? », fit Diva qui entendait parler pour la première fois de femmes chez les pirates. Les métiers des armes étaient strictement réservés aux hommes et très peu de femmes pouvaient y accéder.
« Aye. Elle était déguisée en homme. La surprise de l’esclavagiste quand il a réalisé », lança l’inconnu en éclatant de rire.

Sur l’estrade, le combat continuait. La pirate sautait d’un coté à l’autre, évitant les sabres de ses adversaires, leur décochant de terrible coup de bâton. Son incroyable agilité donnait l’impression qu’elle dansait avec ses ennemis, tourbillonnant autour d’eux comme un souffle d’air. Sans l’intervention des guerriers, le combat aurait pu durer des heures sans qu’aucun des esclavagistes ne puissent la toucher.
Déployer le long de la place, les gardes de la ville pointèrent leur arbalète sur la captive. Le lieutenant qui commandait le détachement hurla une série d’ordre et un autre groupe se précipita vers l’estrade. Face aux dards mortels des armes, la pirate n’insista pas, se contentant de lancer son bâton sur le sol. Les guerriers la traînèrent sans ménagement sur la place et disparue dans une ruelle. Il ne restait de la femme que les corps étendus et le murmure de la foule qui se dissipait peu à peu.

Diva s’approcha d’un des esclavagistes qui essayaient d’attirer les clients en vantant à nouveau la qualité de ses lots. L’homme sourit en voyant approcher un membre des hautes castes et déballa son baratin. La jeune femme écouta patiemment les louanges sur la docilité d’une esclave du nord et la force d’un barbare qui la regardait d’un œil vide.

« Et celle que les gardes viennent d’arrêter ? Elle est à vendre ? »

Le vendeur fronça les sourcils et grogna :

« Elle est invendable Lady. Une vraie sauvage. Regardez plutôt mes filles des régions polaires »

Diva secoua la tête, prenant un ton plus sec.

« Ou l’ont-il emmener ? »

« Dans les hangars de stockage je suppose », grommela l’homme en se tournant déjà vers un autre client.

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