Les fers de velours.

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Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Jeu 27 Nov - 20:07

Suite à des travaux, chez moi, je vais être absente pendant tout le mois de décembre, je serai connectée parfois, mais beaucoup moins qu’avant, hélas. (ou yeaaah pour certain). Lorsque je serai présente, sur Gor, rarement pour RP, sera surtout pour orga la nouvelle cité.
Payne ne pouvant pas disparaître complètement sans explication, j’ai décidée de poster (régulièrement) de petits textes, pis comme ça, ça m’occupe hu-hu. Ne sachant pas réellement où le placer, je le met ici.
Il est en plusieurs parties, et j’en rajouterai encore un peu plus souvent, bonne lecture !



EXILE PART I.


Lucilla était assise devant le feu, en sirotant un verre de vin aux épices. En soupirant, elle ajusta sur ses épaules la large cape de fourrure blanche. Dehors, un blizzard assourdissant se faisait entendre jusque dans l’immense pièce froide qu’était son salon.
C’était une femme encore jeune, au traits charmant, régulier mais hélas gâchés par une grimace quasi constante de dédain, et d’ennuie. Ses cheveux, auparavant roux, comme ceux des femmes de sa famille, étaient cachés sous une perruque de cheveux noirs, et tressés dans un chignon haut. Quand à ses yeux, ils étaient d’un vert, quasi jaune, si lumineux et si sombre à la fois, qu’un seul de ses regards valait tels la morsure de L’ost, disait on. En resserrant les lourdes manches de sa robe de velours, elle se promena dans un des couloirs de sa demeure et sur les murs trônait les portraits, les mosaïques, de ses ancêtres.

Les Henry étaient devenus célèbres, au travers des âges pour faire naître d’excellent scribes, et ce, sur plusieurs génération. Famille goreene depuis des temps si lointain que nul savait qui en était le précurseur, ils étaient avant tout connus depuis, pour leurs incroyable capacité à toujours rebondir, et ce, pas toujours selon les convenances. Tandis qu’elle continuait de traverser le long couloir, les yeux de ces ancêtres l’observaient. Elle s’arrêta devant les plus récent. Sa sœur aînée, Elisabeth, morte quelques années auparavant, et enfin, un plus récent. Sa nièce. Et devant le portrait de la jeune femme aux boucles rousses et au visage doux, effectués quelques années aussi plus tôt, Lucilla retroussa son nez dans sa fameuse grimace de dédain.
Sans cœur, sans remord, sans compassion. La famille est un tout, et quand l’acte est accomplie, quand l’œuvre est fait, le responsable n’est pas glorifié, c’est la famille tout entière qui l’est. Sa sœur, des décennies plus tôt, avait échappée à la règle, et bien qu’aussi rigide qu’elle sur le protocole, elle avait eu le droit d’épouser un marchand d’esclave du Tahari, un « Sciarri », qu'elle avait appréciée, années aprés années. Elle avait vécue heureuse à Herlit, avait eu des enfants, et était morte peu après son époux, suivant fidèlement son aimé dans la tombe.
Un modèle de vertu qui répugnait Lucilla. A sa place, elle aurait profitée de la fortune de l’époux et se serait remariée avec un homme encore plus riche, et ainsi de suite.. Quel idée de se laisser mourir. Mais cela arrivait souvent, aussi disait on que chez les Henry, puissant clan du Torvaldsland, naissait un mouton noir par génération.

Lucilla retira de son visage une mèche brune –fausse- et claqua des doigts pour que l’esclave, debout derrière elle depuis le début, lève le chandelier prés du portrait de sa nièce.
Malgré elle, la femme se mis à sourire. Elle avait eu de l’espoir en sa nièce, mais la pauvre enfant, à ses dépend, avait héritée du trop plein de compassion, parfois de principe et des remords de son père. Elle l’avait estimée comme une ratée, et n’avait pas fait plus attention à elle, et ce pendant longtemps. Mais elle n’avait pas le choix, désormais.


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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Jeu 27 Nov - 20:08

Un après l’autre, les membres de cette famille mourrait, et le sang des Henry se retrouvait dispersé, éteint. Des cinq enfants que sa sœur avait eus, deux étaient mort en bas âge. Deux autres, néanmoins, étaient morts adulte. Il ne restait plus que sa nièce. Les propres fils de Lucilla étaient morts au combat, ou alors, selon elle, trop incapable, quand elle considérait ceux qui restaient.
Mais sa nièce avait donc perdue toute valeurs à ses yeux. D’autant plus qu’elle c’était unie à un simple guerrier, qui n’était pas connu pour sa fortune. Il lui avait fait deux enfants, qui d’ailleurs, dormaient en ce moment même dans sa demeure.

Ce fut alors que quelqu’un frappa, à la lourde porte en bois.
Quelques minutes plus tard, une haute silhouette fut introduite dans le salon, habillée d’une cape noire, couverte de neige fondue. Lucilla ne cilla même pas lorsque l’invitée retira sa capuche, et qu’elle y découvrit le visage de sa nièce, en pleine nuit, à des milliers de passang de là où elle aurait du se trouver.

Chez les Henry, l’inattendue n’existait pas. Il valait mieux ne rien attendre.
Mais malgré tout, Lucilla sembla presque surprise du regard de détresse de l’enfant de sa sœur, qui se trouvait devant elle. Sa robe était crottée, car sans doute avait du elle voyagée rapidement, et les conditions météorologique dehors, n’avait pas du l’aider.
En se grattant élégamment la gorge, et d’un pas majestueux, Lucilla s’avança.

« Que venez vous faire ici, Payne ? ».
« Ma tante, j’ai besoin de vous ! »
« Allons mon enfant... asseyez vous.. Que puis je faire pour vous.. et surtout, que faite vous si loin de chez vous ? »

Malgré sa détresse évidente, et son empressement, la jeune femme pris place, et ses yeux verts parcouraient la pièce autour d’elle.

-Parlez, Payne. Et soyez brève.
-Je.. je vais être vendue !
-..Et ?
-Un des frères de mon père a fait surface, il prévoit de me vendre, je n’ai pas pu me remarier avec Dove, il a empêché la cérémonie de signature, je ne sais que faire, ma tante ! Par les sardar, je peux déjà être vendue, si cela se trouve, à quelqu’un que je ne connais pas !
-Je ne vois pas en quoi cela est un problème, vous connaissez les lois. Je croyait que quelque chose de plus grave était arrivé.. Pourquoi avez-vous quitté votre campement ?

Le ton de Lucilla était froid, strict et cassant, cassant comme la glace qui se répandait dehors désormais.

-J..je voulait voir mes enfants, ma tante, je ne sais même pas si je vais être autorisé à les revoir, maintenant, bon sang, je ne sais même pas où je vais devoir partir ! Je dois reconstruire une ville ! Comment peuvent il me faire cela ?!
-Taisez vous.

Payne se retourna aussitôt. Juste avant, elle avait commencée à faire les cents pas dans la pièce, et désormais, elle fixait sa tante avec incompréhension.

- Mais...
- Pas de mais. Estimez vous heureuse que cela vous arrive. Vous allez quitter cette ville maudite, où vous avez encore manifestement échouée, quittER un mariage sans intérêt, et soyez heureuse que vous soyez encore à vendre, surtout au vu du fait que vous êtes stérile. A la place de votre garant, je vous aurais fait mettre au collier pour moins que cela.
- Vous ne comprenez pas ! Je ne peux pas partir, ma tante, j’ai tout donnée pour cette ville, Priscius n’a pas le droit de m’en séparer ! Il n’avait pas le droit !! ET JE NE SUIS PAS STE..

La jeune femme détourna la tête, visiblement gênée. Aussitôt, sa tante plissa les yeux et s’avança à petit pas, comme un serpent qui rampe, la traîne de son imposante robe s’approcha de Payne, et lorsque la femme l’attrapa par le menton tout aussi doucement, et qu’elle fixa son poison de regard dans le sien, la jeune ambassadrice ne pu s’empêcher d’essayer de regarder ailleurs, partout, pourvu qu’elle ne fixe pas les pupilles jaunes, inquisitrice, de son aînée. La femme, de sa main libre, posa ses doigts sur le ventre de sa pièce, et serra les dents.

« Etes vous enceinte ? »

Effrayée, comme l’ont peut l’être devant un bourreau, elle acquiesça.

« De votre ancien époux ? »

Et de nouveau, la jeune femme acquiesça. Lucilla la força à la regarder dans les yeux. Ne pouvant retenir sa terreur, Payne avala bruyamment sa salive, et se sentait soudainement redevenue une jeune enfant, aux prises avec les monstres de son enfance. Mais pour les femmes libres, il n’y a pas besoins de monstres, une famille suffit.
La voix de sa tante siffla entre ses dents.

« Petite sotte ! Il a fallu que vous tombiez enceinte maintenant ! Que vont penser les gens, vous qui n’êtes pas encore remarier !
-Je suis tombée enceinte alors que j’était encore mariée, laissez moi revenir avec Dove et alors...
-Alors rien du tout, je ne vous laisserai pas revenir avec un sans le sous !
-Il n’est pas sans le sou !
-TAISEZ VOUS ! Qui vous permet de me tenir tête ? ... Vous ne garderez pas cette enfant. Je ne veux pas prendre le risque qu’on refuse de vous ré-unir.

Payne recule à son tour d’un pas, les mains crispée sur son ventre :

« Non...non vous n’avez pas le droit ! J’ai tellement attendue et priée pour ravoir cet enfant ! Vous ne pouvez pas me faire cela, vous ne pouvez pas ! »

Une puissante gifle l’envoya contre le tapis, tandis que Lucilla se caressait la paume.

« Vous ferrez, Payne, ce que l’on vous demande de faire. Si ce « Priscius » décide alors de votre future union, nous tacherons de lui indiquez de bon parti, et vous n’avez pas votre mot à dire, Payne. Vous ne garderez pas cet enfant.


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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Jeu 27 Nov - 20:09

Toujours allongée sur le sol, elle releva les yeux vers la haute silhouette, éclairée par le feu derrière elle. A son tour, elle sera les dents, et à son tour, ce fut une vague de haine qui déferla sur son visage.

"- Ne serait je donc pour cette famille qu’un outil ? N’aurais je donc jamais le droit de choisir mon bonheur ? Quand vous m’aurez pris tout ce que j’avais, et que je serais morte de chagrin, serait ce alors à ce moment là que je serais enfin en paix ?
- Cessez cette insolence. Vous êtes une femme, votre bonheur m’importe peu.
- L’intérêt...l’intérêt, toujours et encore cela. Il n’y aura donc toujours que cela ?
- Regardez vous, Payne. Vous n’avez pas encore trente ans, et voyez la réputation que vous avez. J’ai entendue parler de vos accès de folie, contre cette femme qui a été libérée. Qui voudrais de vous encore ? Vous avez eu la chance de voyager, de quitter votre Herlit. Et au final, vous vous êtes retrouvée à la tête d’une ville qui par deux fois, c’est effondrée. Profitez de l’ambition, Payne, c’est tout ce qu’il vous reste.
- Ma sœur est morte, pour votre ambition, mon frère en est mort aussi.
- Votre frère était un pédéraste ! Il c’est enfuit et à abandonnée sa pierr de foyer ! Et il à bien fait, imaginez, la honte sur votre famille, si sa tare avait été découverte des autres !
- Il n’en était pas moins mon frère ! Il ... Nous avons tout les trois fait passer notre vie personnelle, après et ce depuis toujours, pour l’ambition de la famille!Et que nous reste il au final ?! Qu’avons-nous pu bien gagner à vous servir ainsi, sans jamais contredire vos choix, à vous tous ?! Erald est mort seul dans une grotte, Carolina à été mise au collier et battue à mort, j’ai moi-même du creuser ou presque son tombeau ! Devons nous tous donc mourir pour vous servir à quelques chose ?!
- Exactement."


C’était inéluctable, et il n’y avait rien à faire à cela. En se redressant doucement, Payne croisa alors son reflet dans le miroir. Depuis combien de temps ne s’était elle pas regardée en face ? Ce fut alors qu’elle vit ses grands yeux rougis, vieillies. Sa peau blanche, qui avait perdue ce teint de porcelaine, et devenait cadavérique. Elle avait maigrie, et était elle-même devenue aigrie. Pendant des mois, elle avait vécue sur sa rancœur, torturant psychologiquement une esclave qui aujourd’hui, était une femme libre. Lorsqu’elle était revenue à Caithris, après une période de repos, elle l’avait vu, debout, sur la place, habillée de noir.. Et soudain, elle, qui c’était habituée à l’idée qu’elle n’aurait peut être plus jamais d’enfant, avait sentie en elle bouillir la haine pure et simple. Ses idées de la vie, ses conceptions et les fondements même de son existence, avait été remis en question. Zion, car c’était le nom de cette femme, partageait désormais la même pierre de foyer qu’elle, mais il n’y avait pas eu que cela. Pour la deuxième fois, la ville pour lequel elle avait tout sacrifiée, allait être détruite. Tout son travail, tout ce qu’elle avait crée, tout disparaissait. Du coin de l’œil, elle observa sa tante, cette grande femme, au visage si beau, si rude, qui pouvait devenir votre pire cauchemar en un instant, lorsque c’était la colère qui s’emparait d’elle.
Sa tante représentait tout ce qu’elle avait essayée de fuir pendant des années, tout ce temps, à ne pas vouloir devenir ainsi. Mais, n’était ce pas son avenir qu’elle fixait ? Deviendrai elle en effet un jour une de ces femmes aigries ? Payne avait souvent des discours moralisateur, comme quoi, seul comptait l’intérêt, mais elle se servait de ce discours pour cacher ses sentiments. Un jour, elle le savait, elle finira par être comme Lucilla. C’était dans ses gènes, n’était elle après tout pas celle qui ressemblait le plus à sa mère ?
Il ne servait à rien de se battre.
Son futur se trouvait devant elle, fini les larmes, fini, la rancœur, il suffisait de suivre les règles. De ne pas laisser son cœur dicter ses actes, sa conduite. Devenir elle aussi une plate amorphe, rigide, et enfermer ses émotions dans une parcelle de son cœur, qui deviendrait plus dur de la pierre, plus dur que ne l’était sa tante.
Il n’y aura que cela pour la sauver.

"- Vous irez à Midgaard, vous y resterez jusqu’à ce que votre Oncle décide de ce qu’il fera de vous. Nous statuerons ensuite quand à l’enfant que vous porter."

Sans un mot, Payne acquiesça et se dirigea vers le couloir, vers la où ces enfants dormaient. Quelques semaines plus tôt, elle les avaient amené ici afin qu’ils soient en sécurité. Mais la voix cassante de sa tante la fit s’arrêter automatiquement.

"- Vous partez ce soir. Et si vous me désobéissez, Payne, je ferai en sorte que vous ne revoyez plus jamais vos enfants."

De nouveau, sans ajouter la moindre parole, la gorge serrée, elle acquiesça.
Les esclaves ne portent pas tous les mêmes fers. Certains sont en velours, mais au fond, elles vivent la même condition. Et en cet instant, Payne se sentait plus esclave que jamais.


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Re: Les fers de velours.

Message  Barri Avro le Ven 28 Nov - 12:44

RP ou en histoire, payne nous régale toujours autant

Alors je n'ai qu'un mot a dire.. la suite[u].. et vite de préférence Very Happy

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Re: Les fers de velours.

Message  gabiebeaumont le Ven 28 Nov - 15:44

C'est magnifique... on voudrait déjà connaître la suite de l'histoire... j'espère que ce brave Dove dégèlera encore le cœur de glace de Dame Payne. Je comprend maintenant certains RP qu'il y a eu à Caithris autour de Dame Payne... enceinte Dame Payne voilà encore un miracle des prêtres rois... à moins que mémé Tor est donné une potion à Dove Very Happy
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Re: Les fers de velours.

Message  AnGeLiK le Ven 28 Nov - 18:19

pfffiiiouuu... encore une fois Payne... Respect. Je me joins à Barri et guette, impatiente, de pouvoir découvrir le destin qu'attend Dame Payne.
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Ven 28 Nov - 19:47

L’agréable odeur du vulo grillé, embroché au dessus du feu de camp, se répandait aux alentours.
Dans les flammes qui crépitent doucement se consume un pourpoint rouge. La nuit est claire, les trois lunes dispensant une lumière froide sur le désert de pierre. Un vent froid du Tahari glace les os des impudents osant affronter cette nature sauvage.
L’homme accroupi attise le feu en grommelant.


« La femme est fourbe dans son essence, quand elle est libre. C’est ce que me disait toujours l’Initié. J’aurais dû m’en souvenir. Un homme sensé devrait toujours se contenter d’une bonne chaîne, dévouée et fidèle, au lieu de contracter. »

Il crache dans le feu.

« Je n’ai joué qu’un rôle de pis-aller, d’ersatz destiné à faire oublier Octopus. Dès qu’un gars plus riche a pointé le bout de son nez, elle a mis les voiles, dans une mise en scène grotesque, avec un oncle sorti de nulle part, pour tenter de garder la face. Mais moi, on me la fait pas ».

Il détourne le regard du pourpoint écarlate finissant de disparaître dans les flammes et fixe son tharlarion.

« Il est temps de remettre un peu d’ordre dans nos vies, tu crois pas ? Et pour être plus efficace, on va laisser tomber le rouge… temporairement. »

Il prend dans sa besace le collier qu’Ysham lui a lancé avant son départ.

« Tu avais raison, Ysham… Remettre de l’ordre… J’aurais dû faire ça bien plus tôt. »

S'exprimant à haute voix, il fixe un point à l’horizon et montre le collier.

« Voilà ce qui vous attend, ma dame. Et par les Sardars, je ne vois pas ce qui pourrait m’en empêcher. »

Le tharlarion rote un assentiment ponctuant la fin du discours et continue de baver en regardant le vulo grillé.
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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Ven 28 Nov - 23:30

EXILE PART II

Pas après pas, Payne s’avança dans le couloir. Le sol était couvert de dalle de marbres noires et blanches. Observée malgré elle par les regards critiques du visage de ses ancêtres qui ornait les murs, elle passait sous leurs jugements. Elle releva le menton, comme si elle était entourée de véritable personne, comme si elle pouvait entendre leurs murmures, leurs condamnations. Au bout du couloir, elle tourna sur la droite, traversant un deuxième chemin dallé. Enfin, elle arriva devant une entrée, protégée par un lourd rideau qu’elle caressa du bout des ongles, de ses ongles où se trouvait une lourde bague d’argent et d’ambre. Doucement, elle repoussa le rideau et entra, deux esclaves nourrices se plaçant dans le bout de la pièce, sans un bruit.
Dans le coin de la pièce dormaient deux enfant, sur le sol se trouvait des cubes, des jouets, et malgré la neige à l’extérieur, il régnait une chaleur familiale dans la pièce si forte, chargée d’amour, que Payne ne put s’empêcher de respirer longuement, comme pour garder en elle cette sensation.
A petit pas, et en tenant dans une de ses mains son jupon, elle s’approcha du berceau où dormait, recroquevillé sur lui-même, le petit corps de son fils. Les enfants naissaient avec les yeux bleus, mais il allait sûrement garder les siens, d’incroyable perles bleues qui roulait dans ses orbites quand il regardait avec intérêt le monde qui l’entourait. Le petit garçon, âgé d’un an et demie, avait hérité de cheveux auburn du coté maternels. Se penchant pour caresser de sa main froide les petites joues de son unique enfant mâle, Payne sentie un chagrin et surtout, une peur, s’emparer d’elle. Que deviendrait cet enfant plus tard ? D’ici quelques années, il commencerait à faire ses classes de guerrier, arriverait il à y survire, et plus tard, comment agirait il ? Serait il un guerrier courageux, brave et au cœur pur ? Ou avait elle donnée naissance à un futur Tyran sans foi ni loi ?

A coté, le petit corps enroulé dans une tunique de velours rouge, et aux petits cheveux roux tombant sur son visage au trait déjà délicat bien que joufflue par l’enfance, la petite fille semblait aussi en plein sommeil. Et elle, que deviendrait elle ? Deviendrait elle une femme pleine d’ambition, jouet de sa famille, comme l’avait été sa mère ? Serait elle forte ou faible ?
Son fils et sa fille étaient nés ensemble, jumeaux. Mais plus tard, se déchireraient ils comme elle-même aurait pu facilement trahir sa famille ?
Que retiendrait il plus tard de leurs mère ?

Toutes ces incertitudes plongeaient Payne dans une peur sans fin. Des années plus tôt, elle avait perdu un premier enfant, mort né une semaine après sa naissance, et à la naissance de ses jumeaux, elle avait même refusé de les prendre dans ses bras, de crainte de ne s’attacher à eux, et de les perdre ensuite. Quel destin les prêtres rois réservaient ils à ses enfants ?


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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Ven 28 Nov - 23:31

Derrière elle, dans le couloir, le murmure des mosaïques se répandait dans son esprit, lui insinuant dans la conscience quel malheur pourraient toucher ses enfants et instinctivement, elle posa ses blanches mains sur son ventre et dans le noir, sans même se soucier du regard craintive des deux nourrices, elle plissa les yeux.
Sa famille pouvait lui prendre la vie, la liberté, il pouvait même lui prendre son enfant qui déjà, grossissait dans son ventre, minuscule particule de rien, qui pouvait lui être pris aussi facilement que le vent n’éteint la flamme d’une bougie. Quel différence avait elle entre les deux malheureuse au sol, blottie, prostrée au fond de la pièce ? Sinon le fait qu’elle avait le droit de marcher la tête haute, mais à quel prix ?
Elle n’était qu’une esclave, rien de plus. Enfant, on avait prévu de la vendre dés qu’elle avait été prête à être fécondé. Adolescente, elle avait été glissée de force dans le lit d’un homme qu’elle avait appris à Haïr. Elle avait été une enfant heureuse, une adolescente perdue dans les tourments de la vie. Une jeune fille devenue veuve, mère, et qui à peine mère, avait perdue son premier né. Et aujourd’hui, à la fois si longtemps et si peu de temps après, qu’était elle devenue ? Oui, elle avait mûrie, vieillie, mais n’était elle pas toujours cette adolescente effrayée, regardant son père aimé pour la dernière fois de sa vie, tandis que son palanquin de mariage l’éloignait au fur et à mesure de son foyer ?
Lentement, elle jeta un regard par la fenêtre, dehors la neige recouvrait le monde, déjà caché par la nuit noire.

Rapidement, elle se pencha et embrassa les deux petits, d’un baiser vif et presque sec, avant de quitter la pièce à grand pas. Elle ne voulait pas les prendre dans ses bras, car elle aurait encore plus souffert de cette séparation. Rajustant sa cape, elle sorti de la maison et arriva dans la grande cour, où l’ont tentait de garder allumées les torches malgré le vent. Profitant qu’on lui attelle son convoi de départ pour Midgaard, elle avait été voir ses enfants, mais il fallait partir. Partir, partir, car la vie n’est fait que de départ, de souffrances, et de séparation.
Alors qu’elle grimpait dans la charrette aux lourdes portes sensées les protéger du froid, elle leva les yeux vers la demeure, comme guidée par on ne sait quel instinct et où à la fenêtre, Lucilla la regardait. Sa silhouette, éclairée par la lumière des bougies, surgissait de la nuit et des ténèbres de la maison.
Il s’écoula un moment, aucune des deux ne su exactement combien, pendant lequel elles se fixèrent, puis soudain, dans un geste d’ultime respect, ou crainte, voire même soumission, Payne inclina la tête vers sa tante, ainsi que son buste, avant de s’engouffrer dans le convoi. Les portes se refermèrent sur elle, ne lui laissant qu’une petite ouverture afin de regarder en dehors, et enfin, ils partirent. On l’emmenait encore plus loin de chez elle, et elle retournait dans le fief de ses ancêtres, la où le monde était le plus froid, comme l’était les cœurs. Par la petite ouverture, elle vit autour d’elle les hommes armés qui protégeait le convoi, et la maison s’éloigner petit à petit, sa tante toujours à la fenêtre.
Elle avait eu l’espoir qu’on puisse l’aider, mais il n’y en avait aucun, car l’espoir n’est pas chose de femme libre, l’espoir est un cadeau aux innocents, aux naïfs, aux imprudents. Elle se devait d’être de ceux qui survivaient, de ceux qui trahissaient, pour vivre. Avec de tels idées, l’espoir n’avait pas sa place, car les vainqueur n’ont pas besoin de l’espoir : Ils savent qu’ils gagneront, car il ne doit pas y avoir d’autre possibilité que la victoire.


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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Ven 28 Nov - 23:31

D’un rapide mouvement de main, elle referma la petite ouverture, empêchant ainsi le froid de rentrer dans le convoi hermétique et alla s’allonger sur un petit lit de fourrure, ajoutée sur un matelas de paille. A genoux depuis le début dans le fond, une petite esclave s’approcha et commença à défaire son chignon pour coiffer les cheveux bouclés et roux de la jeune femme. Mais cette dernière la repoussa et enfonça son visage en partie dans les fourrures, repliant ses genoux sur son buste, elle ferma les yeux. Malgré ses dents serrées, la jeune esclave pouvait voir une fine larme couler contre son visage, venant se perdre dans les peaux de larl.
Parce qu’elle était jeune et inconsciente en partie, la jeune adolescente s’approcha et glissa ses doigts sur les mèches cuivrées de l’ambassadrice, et commença à chanter, d’une voix qui lui était étrangère, barbare, et à la fois puissante, bien que teintée de chagrin.

« Zaydi, zaydi yasno slantse, zaydi pomraci se,
i ti yasna mesechinko, zaydi udavi se...
»

Elle prononçait chaque mot doucement et longuement. Et bien que Payne ne comprenait pas un mot, elle s’avança un peu, laissant l’esclave lui poser la tête sur ses genoux nue, à peine protéger par une simple tunique en lui caressant ensuite le front.

« Plachi goro, plachi sestro, dvete da zaplachem –
ti za tvoyte listya, goro, az za moyta mladost.


Bercés par la mélodie, son chagrin s’apaisa presque, et soudain elle comprit pourquoi, elle avait l’impression d’être redevenue une petite fille, cajolée par sa nourrice. Jusqu’au ses dix neuf ans, Payne avait vécu avec une nourrice, une femme venue de terre, qui aussi, lui chantait des chanson dont elle ne comprenait pas le sens, mais qui avait toujours su la calmer. Cette dernière l’avait suivie fidèlement, même pendant son premier mariage, et était morte en essayant de la sauver un jour. Pendant ce bref instant, Payne s’accorda la faiblesse de se laisser réconforter. De toute manière, si elle le désirait, ne pouvait elle donc pas mettre cette esclave a mort dés le lendemain, si l’envie lui chantait ? La vie tenait à si peu de chose, et sans doute l’esclave s’en rendait elle compte, mais sur le moment, la tristesse de la femme au cheveux roux l’avait émue. Sans ce soucier de tout cela, elle continua de chanter, ses doigts jouant avec les boucles de celle qui serait peut être son bourreau le lendemain même.

"Tvoyte listya, goro, sestro, pak shte se zavarnat,
moyta mladost, goro le sestro, nyama da se varne... »


Sa voix s’arrêta, mais elle continua à chantonner l’air encore un peu. Avant de se taire pour de bon. La joue contre la peau des cuisses de l’esclave, Payne prit la parole :

-« Qu’est ce que cela dit ? »
-« C’est une vieille chanson de mon pays, maîtresse. »
-« Mais que raconte elle ? »

De sa main libre, la jeune esclave se pencha et attrapa un peigne, puis la coiffa tout doucement, de peur de lui faire mal en lui arrachant des nœuds, elle reprit :

- « c’est une femme qui s’adresse à la lune, au soleil et à une forêt, maîtresse. »
- « Traduis moi. »
- « Couche toi, couche toi, Oh soleil brillant, cache ta lumière et ne revient pas. Et toi, Brillante lune, couche toi, couche toi et noie toi. Pleure, Forêt, pleure Oh toi ma sœur. Que nous pleurions ensemble. Toi pour tes feuilles, forêt, et moi pour mon amour. Mais tes feuilles, Forêt, ma sœur, repousserons de nouveau, mais mon amour, Forêt, ma sœur, lui, ne reviendra jamais. »

Lentement, Payne acquiesça, mais garda son visage aux joues froides contre l’adolescente, murmurant dans un souffle : « chante là encore ». Et ce fut qu’elle fit, pendant encore une heure, elle chanta pour elle, jusqu'à ce que l’ambassadrice aux traits tirés soit endormie. Il lui fallait dormir, le voyage jusqu'à Midgaard serait encore long, et dangereux, mais le temps lui semblerait encore plus long une fois là bas, et encore plus dangereux serait la vie, une fois là bas. Il lui fallait dormir. Car une fois là bas, elle n’aurait pas le droit à l’erreur, elle était une condamnée se rendant au tribunal, qui ne serait plus jugées par des visages de pierres, des tableaux ou des mosaïques, par des êtres de chairs et de sang, qui pourraient alors lui ôter la vie si ils le désiraient.

Mais ce soir, sous les flocons de neiges qui tombaient sur son chemin, écrasés par les roues du convoi, comme les larmes glacées des trois lunes, Payne dormit d’un sommeil sans rêve.



(La chanson se nomme "Zaydi, zaydi yasno Slance". C'est une trés vieille chanson Bulgare, qui à été reprise en plusieurs versions il ya peu dans le film "300" Sous le nom de "Message for the queen" et "Goodbye my love". Voici un lien Youtube avec la chanson, si vous voulez l'écouter en lisant.. Je trouve qu'elle est particulierement magnifique, aussi bien la version originale, que celle là, copiée Smile J'ai écoutée la version originale tout le temp que j'écrivais cela, enfin, bref quoi, Enjoy!)

( la version 300 : http://fr.youtube.com/watch?v=Um0So5Sbqw0)
(version originale : http://fr.youtube.com/watch?v=bWa6_VYeNz8)


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Re: Les fers de velours.

Message  Zion le Lun 1 Déc - 13:41

Awwwww...
Le roman de Payne.... amère, que dis-je aciiiiiide... Sad Encore encore... c'est succulent..

(.... L'âme silencieuse de Zion se réjouirait presque de cette accablante situation, mais naaaan.. cela la rendrait bien trop semblable à Payne, sa meilleure ennemie Wink .......)
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Lun 1 Déc - 16:22

Je vais à pied. J’avais perdu l’habitude, ayant trop longtemps chevauché à dos de tharlarion. Je traverse un des nombreux marchés d’Ar. Par les Sardars, que cette ville est riche : sur tous les étals, ce ne sont qu’amoncellements de fruits, de fleurs, de viandes… J’ai même vu des fruits de mer, ce qui me paraît incroyable pour une ville aussi à l’intérieur des terres.
A Ar, les esclaves sont plus belles, les guerriers plus grands, les maisons plus hautes, même le soleil semble briller plus fort. Pourtant, je n’ai d’yeux pour rien. J’avance, perdu dans mes pensées, demandant fréquemment mon chemin vers la demeure des Henry, ma chère famille par alliance. Ex famille par alliance plutôt.

Hier, j’ai tué mon plus vieux compagnon. La brave bête est morte de trois jours de course forcée dans le désert. Il s’est effondré, subitement, pour ne plus se relever. Je me suis tenu face à lui. Il était allongé sur le sable. Son souffle était rapide et faible à la fois. Il m’a regardé une dernière fois de ses grands yeux glauques. Je lui ai caressé l’échine et lui ai chantonné une vieille balade d’Heriol. Un air que je lui avais appris à reconnaître à l’époque où je l’apprivoisais. Il a émis un petit grognement, puis a lentement fermé les yeux et s’est éteint.

Je marche maintenant dans une rue aux vastes demeures bourgeoises. Des palmiers bordent les allées. Des hautes castes suivis de leurs esclaves vont et viennent lentement à leurs affaires. Certains sont également escortés de quelques hommes d’armes. Tout ce petit monde avance sans se presser ni faire de bruit. Chez les riches, courir ne se fait pas. A fortiori élever la voix.

Des armoiries sont dessinées sur la lourde porte de bois. Elles se composent de deux plumes croisées sur un parchemin. Je frappe lourdement trois coups au vantail. Les chocs raisonnent dans la rue. Au bout d’une ou deux minutes, la porte s’entrouvre. L’homme qui vient ouvrir me toise sans la moindre marque de respect. Je prends conscience que j’ai brûlé mes habits rouges et n’arbore plus ma caste. En outre, je suis couvert de poussière. Ajouté à une barbe de plusieurs jours, l’ensemble ne doit rien avoir de très convenable par ici. J’essaie de me souvenir pourquoi j’ai brulé mes couleurs. Le souvenir n’est pas très clair dans mon esprit. Je devais être contrarié.
L’homme continue de me regarder de haut : « Eh bien, parlez. Que voulez-vous ? ».
J’ai la tête qui tourne. J’ai très soif.
- Je viens voir Dame Payne.
- Il n’y a personne ici de ce nom. Portez-vous bien.
Il s’apprête à fermer la porte. Je m’élance, sors le couteau suspendu à ma ceinture et lui place sous la gorge en le ceinturant. Ces citadins n’ont vraiment pas de bons réflexes. Je me sens épuisé, le monde tourne autour de moi.
- Emmène-moi tout de suite voir Dame Lucilla. Elle, elle saura me répondre.

Le laquais acquiesce lentement et nous nous mettons en marche. Je pose mon couteau contre ses côtes et cache l’arme avec ma cape. Il y a trop de monde dans cette maisonnée pour que quoi que ce soit de bon sorte pour moi d’une bataille rangée.
Nous traversons un large vestibule puis montons lentement un large escalier de pierre. L’homme transpire à grosses gouttes. Il manque de chuter dans l’escalier, mais je le rattrape à temps, par pur réflexe. Enfin, nous nous retrouvons au second palier face à une porte finement ouvragée au bout d’un couloir sombre. Le valet toque respectueusement.
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Mar 2 Déc - 14:20

Elle était assise à son bureau et lisait un parchemin. Je crus distinguer chez elle une expression de surprise, mais si c’est le cas, elle ne dura qu’un instant fugitif. Dame Lucilla reprit alors toute sa constance et son visage son masque impassible.
Elle ressemblait à Payne, en un peu plus vieille. Une Payne dont la moindre trace d’humanité aurait été effacée, pour n’y laisser que l’ambassadrice et la scribe. Des lèvres fines et pincées, des cheveux noirs ramenés en chignon, pas vraiment une soie rouge.
Elle me fixa de ses yeux jaune-vert et planta son regard dans le mien.
- Tiens, mon ami, quelle heureuse surprise. Lâchez ce pauvre Georges et venez vous asseoir.
Sans regarder l’homme terrorisé, elle lui intima d’un geste sec de la main l’ordre de sortir.
J’ai toujours aussi soif. Une carafe est posée sur une commode avec quelques coupes. J’y jette un rapide regard d’envie.
- Tal, ma dame. Je suis ve…
- Entrez, ne restez pas sur le seuil. Et asseyez-vous vite, vous mettez de la poussière partout.
Je m’assis, face à elle, de l’autre côté du bureau. Ma chaise était plus basse que la sienne et je devais lever le visage pour la voir. Une fenêtre derrière elle laissait entrer une lumière crue. En contrejour, je distinguais mal son visage, mais ses yeux y brillaient telles deux petites flammes.

(Lucilla by Payne.)

- Je vous remercie. Je suis à la recherche de…
- Vous venez pour ma nièce, bien sur. Mon pauvre ami, comme je vous plains. Cette enfant est si imprévisible. Vous abandonner ainsi. Comme c’est cruel de sa part.
- Elle ne m’a…
- Elle a trouvé un parti très avantageux. Riche. Très riche. Elle ne veut plus jamais entendre parler de vous, des ruines de votre bourgade – vous ne vous êtes jamais dit vous-même que vous pourriez quitter un endroit si petit, si insignifiant, et pourtant déjà deux fois maudits ? Non, bien sûr… - ou de tout ce qui l’y rattachait.
- …
- C’est pourquoi elle a renié votre fille. La pauvre petite. Suite à la mort de son frère, elle avait déjà perdu de sa joie de vivre – vous avez l’air surpris. J’espère que ce n’est pas moi qui vous apprend le décès de votre fils ? – elle n’aura vu sa mère qu’un instant. Payne l’a emmenée pour la donner à je ne sais trop qui, disant que sa vue-même la rendait malade. J’ai tenté de m’opposer à son dessin, mais qui suis-je pour aller contre la volonté d’une mère ?
- Mon fils est…
- Suite à quoi elle est partie rapidement rejoindre son futur promis, qui lui avait envoyé une magnifique escorte de cinquante guerriers pour la mener à lui. Si vous aviez pu la voir alors. Comme elle avait l’air heureuse. Je suis sûr que cela vous aurait réjoui. Car enfin, ce n’est pas un gardien de porte comme vous qui aurait pu lui offrir le centième de tout cela.
- Je n’étais pas gardien de porte, mais Première Epée.
- Mais oui, bien sûr. Payne me l’a dit. Le temps de trouver quelqu’un de compétent pour ce poste et quelques hommes à encadrer, ce qui n’a pas dû être facile sur votre insignifiante petite île. Vous avez été remercié par le Conseil, si je ne m’abuse ? J’admire votre sens du sacrifice.
- Où est-elle ?
- Elle m’a fait promettre de ne pas vous le révéler. La dernière chose au monde qu’elle souhaite aujourd’hui, c’est vous voir. Et à dire vrai, je la comprends.


Ma tête tournait toujours. Je ne sais pas très bien comment les choses se sont enchaînées. Je me souviens m’être levé brusquement et l’avoir empoignée. Elle a crié et m’a violemment griffé le visage.
J’ai ouvert la fenêtre derrière elle. Elle était nettement assez large pour y faire passer un corps. J’ai soulevé Lucilla et l’ai suspendue dans le vide, la tenant par les chevilles. Avec du recul, je doute de l’honorabilité du procédé. Mais sur le moment, je ne réfléchissais plus.
- Où est-elle ?
- Elle est chez son oncle Lucius à Midgaard pour passer en Conseil de Famille. J'ai toujours été de votre coté ! Remontez-moi immédiatement ! Vous êtes fou !

Je l’ai alors lâchée.

J’ai bu l’eau à même la carafe. Comme elle était fraiche.
Après avoir tiré mon épée, j’ai ouvert la porte, et suis descendu rapidement. J’ai franchi la porte d’entrée sans que personne ne s’y oppose. Visiblement, l’attachement à la maîtresse des lieux n’est pas la qualité première de cette maisonnée.

Je me suis éloigné, gagnant rapidement un quartier populaire où j’allais pouvoir trouver de quoi reprendre mon voyage.

Payne n’aurait pas aimé que je tue sa tante. Même si ce qu’elle aime ou pas ne m’intéresse plus. C’est pourquoi j’ai laché Dame Lucilla sur le plancher et pas dans le vide.

Je me demande bien comment vont mes enfants.
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Re: Les fers de velours.

Message  Barri Avro le Mar 2 Déc - 17:52

Malgré la tristesse de tout cela le duo Dove-Payne fonctionne admirablement en écriture... aller continuer a nous régaler... On en redemande

PS: comme beaucoup de texte écrit ici, j'en ai fait une copie sur mon ordinateur... alors que l'histoire continue hein? et qui sait un jour on sortira peut être un livre lol

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Re: Les fers de velours.

Message  gabiebeaumont le Mar 2 Déc - 18:40

C'est vrai que ça nous change de Norman... je vois bien le titre du livre "les nouvelles aventures sur GOR".

Mon seul regret c'est que Dove a un trop grand cœur, il n'a pas jeté Lucilla par la fenêtre... Very Happy
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Re: Les fers de velours.

Message  Zion le Mar 2 Déc - 18:43

Zion colle son épaule contre celle de Barri, la tête penchée sur le côté, lisant avec lui l'histoire déchirante. Elle lui tend un kleenex et en prend un pour elle... : "Bon tu fais la garde de nuit pour surveiller le prochain post, je prens la relève au petit matin... "

La suite.. vite.. Wink
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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Mar 2 Déc - 20:02

EXILE PARTIE III

Une foule de souvenirs s’ajoutait à la foule des marchands, en ce jour de marché, sur la grande place de Midgaard.
Après un peu moins de deux semaines d’un trajet houleux, sous la neige, et ralenti aussi par les tempêtes récurrentes dans le Torvaldsland, ils arrivèrent enfin. Après un voyage de plusieurs heures dans une forêt aux hauts sapins quasi noirs, plongés dans la brume, Midgaard et ses remparts de pierres se détacha du brouillard matinal, une vague blanche de fumée gelée, qui prenait au poumon et faisait trembler les os des plus vigoureux.
Autour du convoi, qui s’arrêta un peu plus loin de la place, le bruit devenait oppressant : Cri des marchands, des apothicaires, des artisans, bruits de la foule qui, malgré le froid intense, vivait à son accoutumée, une habituée de la température glaciale. En s’éloignant un peu de grande places et des échoppes, Un homme sauta de sa monture, vêtu de lourd cuir rouge, et portant une espèce de manteau agrémenté de fourrure. Il s’approcha de la porte du convoi et y frappa par trois fois, avec son bouclier.

« Ma dame ! Nous sommes arrivés ! »

Quelques secondes plus tard, une jeune esclave ouvrit les deux portes et une femme y descendit, le visage caché sous une capuche de velours bleu nuit. Sa lourde robe traînante, couverte de brocard bleue était tenue ensuite par l’esclave, alors qu’elle descendait du Convoi, regardant autour d’elle sans que l’on puisse voir son regard. Au loin, la vie grouillait, mais les énormes portes de bois sombre qui se trouvait prés des guerriers, qui à leurs tour observait d’un air curieux l’étrange silhouette qu’ils avaient à peine aperçue pendant le voyage, retenait tout son attention. A petit pas, et avec appréhension – ce qui allait passer pour de l’élégance aux yeux des autres – Elle tira une chaînette qui déclencha une cloche. Le bruit résonna longtemps dans la brume matinale, et un bruit long et caverneux se fit entendre.

Le Fief de la famille Henry, berceau des ancêtres, tombeau des descendants. Une demeure cachée dans le centre de Midgaard, faite de pierres, et cachée derrière des murailles effrayantes qui l’entourait comme une forteresse imprenable. Les deux immense porte, portant les armoiries de la famille, Les plumes croisées, le parchemin au milieu. Dans la demeure, ce signe est représenté partout, il se trouve sur les sceaux de la bibliothèques, sur les portes, dans les vitraux et même scellé dans certain meubles. La porte est ouverte par deux esclaves. Il y a une grande cour faite de pierre, et un immense escalier, lui aussi de pierre, menant dans la maison. Cette dernière, bien que large, est faite aussi tout en hauteur. Des dizaines de pièces, et une série de cave énorme, reliant cela à des tunnels sous la ville.
D’autres esclaves arrivent et viennent prendre les malles pour les porter à l’intérieur, quand à la femme habillée de velours, elle grimpe les marches une à une, en observant le jardin. Dans la cour, les feuilles sont déjà tombée depuis longtemps, et bien des arbres ont l’air mort depuis des décennies, pourtant chaque printemps, ils fleurissent, jusqu’au ce que le froid les détruisent à nouveau.
Derrière elle, la petite esclave qui l’a accompagnée pendant le voyage. Elle s’apelle Sofia et elle à dix sept ans. Sofia regarde autour d’elle avec une peur mêlée d’émerveillement. Pendant le trajet, elle raconta sa vie à sa nouvelle maîtresse, lui parlant de son pays, sur Terre, la Bulgarie, dans un goréen pas toujours très juste mais suffisant pour se comprendre. Désormais, elle reste sans voix, et ne peut trouver les mots pour décrire le décor autour d’elle.

Car il faut dire que la demeure est impressionnante ! Un salon énorme, et une séries d’escaliers à la fois superbe et inquiétant à la fois, comme un labyrinthe traître. Il y a des bougies partout, des tapis, des tapisseries et des tableaux d’une valeur inestimable car ancienne. Des bustes de marbres et d’obsidienne orne aussi le vestibule. Des visages sérieux, strict mais parfois doux et sage. Il y a des domestique qui courent partout, ouvrant des portes donnant sur une salle de réception aux lustres grandioses, en refermant d’autre qui montre un cabinet de travail où de jeunes garçons habillé de bleu rit en se moquant du dos de leur précepteur. Et soudain, le silence. Les portes sont refermées, devant et derrière elles. Il n’y a plus de bruit. Il n’y a que Sofia, les malles et enfin, sa nouvelle maîtresse.
Puis un bruit, fin, lent, qui se répète encore, et encore et encore.
Doucement, la femme dont le visage est caché sous la capuche relève la tête, et instinctivement, pose sa main sur l’épaule de Sofia, qui ne comprend pas pourquoi la main tremble autant. L’esclave lève la tête à son tour et voit.


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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Mar 2 Déc - 20:03

Dans l’escalier se tient un homme, âgé, mais dont la prestance n’a sûrement d’égale que l’impression de méchanceté, d’orgueil et de supériorité évidente qui émane de lui. Des yeux vert marrons, un léger bouc blanc et les cheveux courts, tout aussi argenté. Un fin sourire défait son masque de fierté émanant de son visage pâle. Il s’avance et tend la main vers la jeune femme, qu’il prend dans la sienne et embrasse sur le dessus, sans remarquer que cette même main tremble.

« Et bien, ma nièce, quel est ce frisson qui vous parcours ? Seriez vous effrayée au point de ne pas saluer dignement votre vieil oncle ? »

Aussitôt, Payne s’exécute dans une révérence des plus profondes, empreinte de respect et de frayeur. Pour peu, le sourire de l’homme ne s’en serait alors que plus élargie. Il lève la main et claque des doigts, et aussitôt, des esclaves arrivent, attrapant les malles et disparaissant avec dans une série de couloirs.
L’homme ce met à marcher, et sans qu’il ait ressentie le besoin de le préciser, Payne le suit, la tête baissée, les yeux presque clos. Derrière elle, Sofia à son tour à peur, peur de ce qui émane de cet homme, mais elle se tait bien d’en faire la remarque, elle se contente de suivre.
L’homme, commence à parler, tout en marchant, il n’a même pas besoin d’ouvrir les portes, car des esclaves les lui ouvrent sans qu’il n’ai à dire quoi que ce soit, puis sans cesser de parler, ils empruntent un escalier, qui lui, descend dans les profondeurs de la maison.

« Je suis vraiment désolé que nous ayons à en venir à ce genre de chose, mais vous l’avez bien cherché, Payne. Aussi, nous allons vous gardez ici, et reprendre votre avenir en main, revenir aux sources, en somme. Un bon retour aux sources, voilà ce qu’il vous fallait, ma très chère nièce. Trop de temps sur cet îlot ridicule vous à fait sans doute perdre la notion du bon sens, je n’en doute pas un instant.. Au fond, voyez cela comme une bonne chose : Ce sera une renaissance pour vous, et bientôt, vous nous remercierez chaleureusement, comme il se doit. Ne pas re-signer est une aubaine, aussi bien pour vous, que pour nous. »

Les torches, placés dans l’escalier qui descendait en colimaçons, éclairaient péniblement désormais les marches presque humides, mais l’homme continua de parler, bien que Payne se retourna un instant, lorsque la porte derrière elle fut refermée, la privant de la rare lumière naturelle, la plongeant ainsi dans une demie obscurité, comme si le piège se refermait à son tour sur elle. Mais malgré cela, la jeune femme se contenta de suivre.

Enfin, une fois arrivés en bas, il longea un couloir, et contre toute attente, arriva dans une espèces de petites remise presque coquette, ce qui rassura l’ambassadrice pendant un moment, lui arrachant presque un sourire. Mais là encore, la surprise ne s’arrêta pas, et D’un geste vif, l’homme s’approche et bougea sur l’une des étagères un tube contenant un parchemin sans doute. Mais à la place, ce fut l’étagère elle-même qui bougea, dans un bruit de pierres et dévoilant une entrée. Un dernier couloir, plus court, qui se terminait en cul de sac. Et de chaque coté, deux portes, lourdes, une cellule de chaque coté. Sans cesser de sourire, l’homme ouvrit l’une des portes, dévoilant une pièce froide en pierres, les murs lisse par l’humidité. Le peu de lumière blanche qui envahissait la pièce provenait d’une fenêtre située à deux, trois mètres de haut, fermée par des barreaux. Il y avait un petit lit, un petit bureau et de maigres affaires. Une vieille armoire sans porte étaient éventrées et sur les étagères s’y trouvaient des rangées entières de bougies quasi fondue, entourées de leurs robes de cires.

« Vous séjournerez ici, Payne, en attendant le conseil de famille, nous aviserons par la suite si vous méritez que l’on reconsidère votre statut. Considérez cela comme une seconde chance qui vous ai donnée pour excellée dans la vie, et non pas comme une punition. »

La gorge serrée, alors qu’elle observait la cellule de pénitence avec horreur, elle retira sa cape, et acquièça, incapable d’ajouter le moindre mot.

« Gardez Sofia à votre service. Je viendrai vous voir demain pour vous donner du travail. »

Il s’avança et l’embrassa sur le front, et sortit. Pourtant avant de fermer, il ne put s’empêcher de la regarder en souriant, ajoutant d’un air cruel « Vous revoilà à la maison, Payne. »

La porte se referma. Elle ne s’ouvrait pas de l’intérieure et alors que déjà la jeune Sofia sortait les maigres affaires de Payne pour les installer dans la pièce, l’ambassadrice s’adossa à la porte en fixant la lumière blanche et crue provenant de la fenêtre.
Doucement, elle se laissa glisser sur le sol et enfonça sa tête entre ses genoux, les bras autour de son ventre.

Au rez de chaussé, Lucius referma une à une les portes derrière lui, en souriant et en passant devant un miroir, il lissa son bouc, et son sourire s’agrandit encore.

Sur l’échiquier de la famille, il venait de replacer un pion.
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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Mer 3 Déc - 21:23

Exile partie IV
(Merci à Dove pour m'avoir prévenue des fautes, je devrait me relire..)


Dans son rêve, Payne ne courait pas assez vite. Elle revivait une situation, vieille de trois ans.
C’était une fin d’après midi d’hiver et déjà le soleil se couchait, dans les rues de Midgaard. A l’époque, elle venait à peine d’arriver à Caithris, au poste d’assistante de l’ambassadeur. En tenant ses jupons dans ses mains, elle gravit rapidement, essoufflée, les marches du bâtiment de pierre, de poutre où se tenait le tribunal. Une foule attendait dehors et même les couloirs étaient pleins de curieux. L’affaire qui se tenait à l’intérieur était –il fallait bien l’avouer- intéressante pour les badauds.
Dame Carolina, épouse depuis plus d’une décennie d’un des plus grand marchand de la ville, un homme richissime, était accusée d’adultère. Aux yeux des autres, elle était coupable. En vérité, Il n’en était rien. Quelques mois plus tôt, la femme avait donnée naissance à un enfant mort né, atteint d’une étrange maladie. La maladie se transmettant uniquement par les pères, l’époux avait préféré accuser sa femme, pourtant dévouée et parfaite sous tout rapport, d’adultère, plutôt que d’accepter que cette faiblesse vienne de lui. Payne poussa les curieux, et entra discrètement dans la salle d’audience. Entourée de ces juges, plusieurs témoins passait à la barre, l’affaire était grave, Dame Carolina avait représentée la bourgeoisie de Midgaard pendant des années. C’était une femme aux boucles marron, et aux yeux de la même couleur. Elle se tenait debout, les mains le long du corps, et le menton relevé, clamant son innocence avec fierté. Pas de larme, pas de cri.
Lorsque la porte s’ouvrit et que Payne entra, elle se retourna doucement, observant la nouvelle venue, pourtant prostrée au fond, avec une surprise énorme.

Elles ne s’étaient pas vues depuis plus d’une décennie. Et pourtant, elle reconnut la frimousse rousse au premier regard. La dernière fois qu’elle avait vue, cette même frimousse avait courut vers elle en pleurant, qu’elle ne voulait pas la quitter. Carolina lui avait promise qu’elle reviendrait la voir. Elle ne l’avait jamais fait.
Carolina était la sœur aînée de Payne. Alors que cette dernière n’était encore qu’une fillette, sa sœur était partie, pour épouser un marchand de Midgaard. Elle ne s’était jamais revue depuis. Quelques lettres, beaucoup de critique venant de la sœur aînée, envers sa cadette, lui reprochant son attitude, son « insolente » envie d’ambition, à vouloir voyager pour devenir ambassadrice, ce qui semblait pour l’aînée, quelque chose d’inconvenant.
Suite au procès, largement fait en faveur de l’époux, Carolina fut condamnée à l’esclavage et sur une estrade de la place publique, le jour même, elle fut dévêtue, ses vêtements brûlés à la vue de tous. Le lendemain, elle était vendue, le soir même, battue à mort. Son corps couvert d’hématome laissé tel quelle dans une petite arrière cour.
Lorsqu’elle fut ainsi humiliée sur la place, Payne était dans l’assemblée, sans quitter des yeux sa sœur bien aimée, sans pouvoir rien faire pour elle. Un peu plus loin, à l’écart de la foule, les Henry veillaient.

Ils auraient pu acheter les juges, il aurait fallu de peu pour la sauver. Aucun ne leva le petit doigt. Parce qu’ils préféraient voir le membre faible du maillon mourir, disparaître, plutôt qu’il apporte la honte sur le clan.
Et c’est pour cela, que, dés années plus tard, endormie dans sa petite cellule, sous l’œil protecteur de la jeune Sofia, que Payne cauchemardait : Elle savait bien que personne ne pourrait l’aider dans la maison, si ils considéraient qu’elle n’en valait pas la peine.

Deux semaines qu’elle s’y trouvait, dans cette pièce de confinement, depuis son arrivée. Et les jours se ressemblaient tous : Le matin, elle était lavé dans une petite bassine, dans la cellule, et se malgré la froideur de la pièce. On avait changé ses vêtements, finie les tenues du Sud, elle portait désormais de lourds brocarts, serré sous le sein, au longue manche, serrée aussi juste en dessous de l’épaule. Plus de voile, ce qui l’incommodait énormément, mais telle était la tradition au Torvaldsland. Ses cheveux n’étaient plus cachés sous une capuche, mais exposé à la vue de tous, du moins des gens de la maison, car elle ne plaçait pas un pied en dehors. Elle travaillait dans la bibliothèque, observant les jeunes garçons de la famille, ou de l’extérieur, qui venait prendre des cours, jouant et faisant les pitres dés que le maître tournait le dos. Elle travaillait presque comme copiste au sein de la maison. Prenant ses repas en bas, dans la cellule où on la ramenait le soir.
Impossible de communiquer avec l’extérieur, impossible d’envoyer un message. Rien.

Enfin, donc, après deux semaines ainsi, Ce fut le jour du conseil de famille. Ce matin là, elle était en train d’être coiffée sur son lit par Sofia, qui lui murmurait doucement à l’oreille qu’elle n’avait pas à s’inquiéter. « Facile à dire » pensait Payne. Elle avait passée la nuit à vomir, et n’avait pas pu fermer l’œil, inquiète, apeurée.

Alors que l’esclave terminait le chignon roux, en y accrochant une énorme broche de bronze, la porte s’ouvrit, et un domestique lui fit signe de la suivre. Respirant profondément pour se donner du courage, elle avança. Son corps de cotte lui faisait presque mal, mais ses entrailles étaient nouées. Elle traversa le couloir, grimpa l’escalier aux murs luisant d’humidité, et arriva dans le rez de chausser. Suivant toujours le page, elle marchait la tête haute. Une porte fut ouverte, puis une autre, et enfin, en fermant les yeux tandis qu’elle rentrait dans la pièce, elle sentie un froid s’emparer d’elle. Doucement, pleine d’hésitation, Payne les rouvrit.
C’était une large pièce circulaire, entourée de bougie, de lustres et de vitraux, relevant à l’extérieur un ciel blanc d’hivers. Et malgré l’évidente luminosité qui aurait du provenir de dehors et de l’intérieur, la pièce demeurait sombre.
Ils étaient là, se retournant lorsqu’elle entra, l’observant depuis une estrade de bois de rose, une dizaine d’hommes et deux femmes, seulement, assis. Autour d’eux, assis dans le fond de la pièce ou autour, des visages plus jeunes, parfois presque adolescents. Le même regards, malgré les couleurs de cheveux, de peaux et de pupilles différentes : Ils la jugeaient.


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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Mer 3 Déc - 21:25

Midgaard était le fief des Henry, repartie dans toute la ville, ils étaient un peu plus d’une soixantaine. Beaucoup des jeunes filles présentes seraient bientôt envoyées dans d’autres cours, à Ar, à Thentis, Tor peut être même. Tout comme la mère de Payne avait vécue à Herlit, pour y représenter la famille et ensuite que ses enfants évoluent à la cour d’Herlit. Ce que Payne avait fait avant de partir, ce que sa sœur et son frère avait fait aussi. Ils étaient partout, avait une des racines implantées sur chaque terre. Midgaard étaient la plus grosse racine, celle qui nourrissait l’arbre.
Et ils étaient réunie, soixante personne de la ville, tous du mêmes sangs ou presque, venue pour la voir, la critiquer et, comme elle s’y attendait : la juger.

Devant le silence omniprésent, Payne s’avança au centre de la pièce et fit une profonde révérence. Lucius se trouvait au milieu de la grande tablée, en souriant il inclina la tête. Aussitôt, tout ceux qui n’était pas assis sortirent de la pièce sans un mot, certain jetant encore des regards à la dérobée vers l’ambassadrice. Lorsque la dernière personne fut sortit, deux esclaves allèrent fermer la porte. Le bruit du choc à la fermeture résonna dans la pièce un long moment. Lucius se gratta la gorge, et parla, brisant le lourd silence qui régnait.

-Bien, commençons.

Il se leva un peu plus, et dans sa main gauche l’on pouvait apercevoir une canne au pommeau argenté.

-Payne, je ne vous cache pas que je suis déçu de vous, mon enfant. De la part de la fille de ma sœur préférée, j’aurai attendue un comportement plus adéquat à l’éducation que vous avez reçu – chance que toute les femmes libres n’ont pas eu – Votre attitude est ingrate au sacrifice de votre mère. »

En fixant le mur devant elle, la jeune femme répondit d’un ton neutre :

«- Je n’ai, jusqu'à preuve du contraire, rien fait qui puisse déplaire à la morale, ou au enseignement de ma famille. J’ai fait en sorte que mon nom soit respecté, et je n’ai jamais œuvré contre vous, je ne vois pas ce que l’on me reproche.
-Pendant deux ans, vous avez fait un mariage sans intérêt.
-Pourtant, des enfants sont nés de cette union, des enfants qui sont sous votre coupe, désormais, je ne vois pas ce qu’il y a comme perte pour vous.
-D’autant plus, vous êtes enceinte..
-Il n’y a rien de mal à cela non plus. L’enfant que je porte à été... fécondé alors que j’étais encore unie, je n’ai fait que remplir mes devoirs de femme libre, en voulant offrir un deuxième enfant mâle à mon époux.
-Néanmoins vous comprenez le problème ? Vous êtes seule, ma nièce, une femme seule, et enceinte. Comprenez vous le dilemme ?
-Je crois le comprendre, mon oncle.
-Bien. Nous avons bien entendu des hésitations vous concernant.. Vous êtes une bonne travailleuse, vous avez fait des études poussées –chance encore que toute n’ont pas- Néanmoins, le dilemme est simple : Nous pouvons vous faire perdre cet enfant, et personne n’en entendra jamais parler, Il y a néanmoins un risque que vous succombiez. Si cela fonctionne, nous pouvons vous remariez ensuite avec un parti que nous choisirons pour vous. Nous pouvons aussi attendre que vous accouchiez, ici, et ensuite, donner l’enfant. Il ne sera bien entendu plus le votre, son existence serait bien trop...compliquée à expliquer."


Sans ciller, Payne fixa plus intensément le mur, en avalant bruyamment sa salive, la gorge nouée, si nouée que les mots n’arrivait pas à sortir. Soudain, une voix féminine et ancienne se fit entendre, au bout de la table.

« Il pourrait y avoir une autre solution...

Lucius tourna la tête doucement dans la direction et sourit la femme.

-Ma très chère cousine, je vous écoute..
-Il y a hélas bien des hommes puissants qui naissent sans pouvoir donner d’héritier. Mais ils n’en reste pas moins puissant et.. riche.
-Développez donc..


Doucement, la femme se leva, elle portait une longue et imposante robe d’un violet sombre, et son col montait si haut qu’on ne voyait même pas son cou. Elle ressemblait à un vautour, un vautour qui se déplaçait lentement.

- Imaginez que nous trouvions un homme, un homme qui désire tellement un héritier, ou du moins faire taire les rumeurs sur sa stérilité, qu’il épouserait une femme déjà enceinte.. Dame Payne à par deux fois accouchée prématurément. La première fois pour son premier né, la deuxième fois pour ses jumeaux, n’est ce pas ?

Bien que la question ne s’adressait pas particulièrement à elle, La principale intéressée acquièça. De son coté, Lucius se rasseyait, lissant son bouc de la main, un vague sourire sur le visage.

-Continuez, ma cousine..
-Aussi.. une troisième grossesse qui finirai prématurément.. ne serait pas trop surprenant vu son cas. Personne ne devinerai qu’elle était enceinte d’avant l’union. Si nous trouvons un parti suffisamment intelligent pour comprendre qu’il est de son intérêt de ne pas révéler la vérité.


Une autre voix s’éleva parmi le groupe :

-Mais, Amelia, avez-vous un nom en particulier ?
-Précisément. Le fils du capitaine de la garde. Il n’a pas trente ans et visiblement, serait stérile... Rassurez vous, chers cousins, je suis sure de mon idée et encore plus de l’information.


Lucius reprit la parole, aucun des membres du groupe n’avait demandé encore son avis à Payne.

-Ce serait un parti intéressant, guerrier qui plus est.. Plus de chance qu’il meurt rapidement. Et ainsi.. Ma foi, tout cela me semble fort être en notre faveur ! Mais, il va falloir régler cela rapidement. Le problème étant qu’organiser la chose semble.. Grossier.
-Alors, attendons le carnaval ! Ce sera l’occasion rêvée ! Donnons un petit coup de pouce au hasard.. Le carnaval sera le seul moment où elle pourra le séduire, du moins badiner avec, sans risque, et il n’a lieu que la semaine prochaine. Lucilla n’était elle pas en route ?

-En effet, elle pourrait nous aider..

Et soudain, tous les regards, presque en même temps, se tournèrent vers Payne, qui était restée silencieuse depuis le début. Son destin se jouait sous ses yeux, et elle ressentait ce que pouvait être les pensées d’un animal, un simple Kailla, pris au piège dans une grotte, devant des Larls affamés, se décidant et se querellant pour qui la dévorerait en premier.

-Pensez vous en être capable, Payne ?
-Je ne sais pas Mon oncle. Je n’ai jamais fait cela auparavant.
-Et bien, vous tacherez de ne pas rater cette occasion. Nous ne vous raterons pas, dans le cas contraire.. Si vous réussissez, vous pourrez gardez cet enfant. Mais jamais, je dit bien jamais, Payne, votre ancien époux ne doit savoir qu’il est de lui. Me suis-je bien fait comprendre ?

-... Est-ce que j’ai le choix ?
-Non.

Malgré tout, la jeune femme resta silencieuse, fixant désespérément le mur devant elle. Son oncle se leva, fit le tour de la salle et s’approcha lentement d’elle. Ses pas brisaient le silence opressant de la pièce, alors qu'il la fixait dans les yeux. Même les autres semblaient mal à l'aise lorsque doucement, il s’empara de ses mains -gelées- et lui sourit. En demandant, tout aussi doucement.
« Voulez vous revoir vos enfant, Payne ? »

Le désir de se retrouver à Caithris, voire à Ar, même dans le lugubre jardin des Henry, avec eux, la fit presque chanceler. Fermant les yeux un instant, elle les imaginait contre elle, dans ses bras, l’enveloppant de la douce odeur de leurs peaux dorées par le soleil, leur petits crânes sentant le caramel, et leurs cou, la vanille. Leurs rires lui revenaient à l’esprit, et les larmes lui montèrent presque aux yeux.

-Servez nous bien, et je vous autoriserai à les gardez. Nul ne viendra alors troubler votre quiétude. Tout est sur vos épaules, la balle est dans votre camp.. »

En ravalant sa fierté, elle fit une profonde révérence, et releva les yeux vers lui, lui rendant un sourire large, et fort. Le premier depuis son arrivée ici, le premier depuis longtemps.. Un sourire calculateur, traître et hypocrite. Tout ceux présent dans la pièce s’en rendaient bien compte mais ils s’en fichaient. L’important était que les choses allaient dans leurs sens et un murmure ravi parcoura l’assemblée. Lucius, tout aussi satisfait du changement de comportement de sa nièce, lui fit signe de se retirer.

Attrapant dans ses mains ses jupons, flottant au dessus du carrelage, elle sortit, fixant droit devant elle, et déterminée. Désormais, son attitude, guidée par le désir de retrouver sa famille, de garder son enfant, se teintait en une infime part de calcul.
Elle allait faire ce qu’on lui demandait, car elle n’avait pas d’autre choix. Elle savait jouer à ce jeu là, elle l’avait fait pendant toute son adolescence. Payne avait perdu cela en vivant à Caithris, retirée tranquillement sur cet îlot tranquille, unie à un homme qui n’avait pas ce coté ambiguë et traître des gens de la cour, la jeune ambassadrice avait pu se satisfaire de la simplicité de son foyer, de sa vie et de son bonheur..

Mais désormais, s’il le fallait, elle empoisonnerait, comploterait, trahirai. Et louerait le diable lui-même d’être le meilleur de tous, si cela lui conservait ses enfants.


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Re: Les fers de velours.

Message  Karine le Jeu 4 Déc - 11:12

Merci Payne
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Re: Les fers de velours.

Message  Barri Avro le Jeu 4 Déc - 12:02

toujours un véritable plaisir de te lire payne

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Re: Les fers de velours.

Message  marieko le Jeu 4 Déc - 12:32

Marie note avec plaisir que le slaver a enfin appris à lire… Very Happy
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Mar 9 Déc - 17:53

Le bruit d’une rafale de blizzard me réveille. Je sors la tête de sous la fourrure et jette un œil par la fenêtre: dehors il neige fort. Faible clarté du petit matin, à moitié plongé dans le brouillard. J’émets un grognement : j’ai horreur du froid. A la recherche d’un dernier instant de chaleur, je sers le corps endormi contre le mien. Elle respire doucement. Je la prends dans mes bras et la pousse lentement, tout en m’étirant, jusqu’à la jeter hors de la fourrure. Le contact de la pierre froide et la température de la pièce la réveillent rapidement. Je lui laisse reprendre ses esprits quelques secondes avant de lui ordonner de m’apporter une bassine d’eau chaude et mes vêtements.

Huit jours de chevauchée pour arriver à Midgaard et en franchir les remparts de pierre. Je me suis installé hier soir à l’auberge du Foyer de Thor. Il s’échappait de la cheminée une fumée accueillante. Bon accueil, bonne chair, et surtout une fenêtre donnant sur la grand place, avec en arrière plan la forteresse des Henry.

La demeure familiale tenait en effet plus du camp retranché que de la résidence secondaire. Un mur d’enceinte, protégeant une cour intérieure et la maison en son centre. Des pics aiguisés sur tous les murs. Des gardes en faction dans des tourelles, d’autres au niveau des larges portes de bois, ou faisant leur ronde à l’extérieur, sans compter ceux dissimulés à mon regard. Des gens simples et bons, les Henry, et visiblement avec la conscience tranquille.

Le premier plan, oublié dans la minute de mon arrivée, consistait à reproduire mon entrée à Ar. D’une part, les sentinelles étaient plus nombreuses et visiblement d’une autre trempe, et d’autre part, je commençais à moins compter sur l’effet de surprise. Il était probable que la chère tata Lucilia n’ait pas apprécié son numéro de voltige et ait choisi d’en faire part à la famille. Il fallait donc oublier l’option de frapper à la porte, le sourire aux lèvres et le collier à la main, en expliquant que je venais chercher la petite nièce pour la ramener à la maison.

Tout en aiguisant ma lame, je me dis que cette fois, ça allait être plus compliqué.
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Mer 10 Déc - 19:31

Le brouillard m’aide à passer inaperçu. L’avantage de ce temps, c’est que tout le monde ressemble un peu à la même chose : un bonhomme de neige rentrant la tête dans les épaules. Les sentinelles, emmitouflées sous plusieurs couches de vêtements en laine, sont plus occupées à se réchauffer auprès d’un brasero qu’à surveiller les alentours. Le dernier siège de cette baraque doit remonter à quelques temps.
Je grignote des tranches de bosk séché tout en faisant à distance le tour du bâtiment. Il devrait être possible d’accrocher un grappin en haut du mur d’enceinte. De nuit, l’opération pourrait s’effectuer discrètement.
La question une fois à l’intérieur est : où chercher ?
Au bout d’une heure dans la rue, je ne sens plus ni mes orteils ni mes doigts. De plus, personne ne se promène par plaisir par un temps pareil : je ne peux pas faire des tours toute la journée. Je rentre à la taverne me réchauffer.

Je guète de ma fenêtre les allées et venues dans la demeure des Henry. Les serviteurs portent tous la même livrée marron avec liserés bleu foncé, marquée aux armes de la famille. Idéalement, je devrais lier connaissance avec l’un d’eux, faire semblant de sympathiser et lui offrir à boire. Une fois saoul, je lui soutirerais habilement des informations sur le plan de la demeure et l’emplacement de la chambre de Payne, sans qu’il ne se doute de rien.
Soupir…
Je suis incapable de faire semblant de sympathiser avec qui que ce soit, surtout un valet. Et si je sais soutirer des informations, ce n’est pas par des ruses de sleen, mais par des moyens plus… directs. Bon, oublions.

Il fait maintenant nuit. Il neige doucement. Dissimulé dans une encoignure, j’attends le passage du valet. Il est entré boire un paga à la taverne il y a plus d’une ahn. Il devrait bientôt ressortir. Je tâte le couteau à ma ceinture. Je lui placerai sous la gorge et le forcerai à parler. Une fois que j’aurai appris ce que je veux, il faudra alors que je le tue.
La porte de la taverne s’ouvre. C’est lui. Il était temps, j’étais en train de geler sur place. Je me colle au mur. Il avance en titubant. Il vient vers moi et ne m’a pas vu. Je sors silencieusement mon couteau de sa gaine. l'homme sifflote une vieille chanson à boire. Plus qu’un mètre. Il me dépasse. Je tends mes muscles et me prépare à me jeter sur lui.
Alors que ma main est levée pour le ceinturer, je me fige. Tuer un valet en l'égorgeant ne serait pas honorable : je dois trouver autre chose. Ou alors lui donner une arme pour qu'il se défende... Mais s'il s'enfuit dans le noir, je risque de le perdre.
Il n’a rien entendu et continue d’avancer en zigzagant tout en sifflotant. Je range mon couteau en soupirant et retourne à l’auberge.
Je ne suis vraiment pas fait pour ces choses-là.
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