Les fers de velours.

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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Lun 15 Déc - 0:19

Exile Partie V

Dans le désert, les nuits sont plus fraîches qu’on ne pourrait le croire et malgré la température glaciale, la jeune Sofia court de toutes ses forces. Au loin, sur une colline de sable, se tiens le fort des nomades, où vivent certainement les destinataires des lettres. Des lettres qui, serrée par un petit ruban rouge, sont cachés dans sa besace, écrite d’une plume désespérée.
L’esclave s’arrête soudain, à ses pieds se tiens une flaque d’eau boueuse, d’eau et de sable et les lettres dans la main, elle réfléchit un instant. Ce qu’elle va faire est mal, elle le sait.
Mais pourtant elle le fait, parce que depuis des jours ce dilemme la torture. Mais si elle n’obéit pas et qu’elle retourne à Midgaard, c’est la mort qui l’attend. Quatre destinataires des cinq lettres vivent dans ce Fort.
Elle arrache une des lettres du petit paquet, la pliant suffisamment pour la ranger dans le rouleau où se trouve ses papiers. Quand au quatre autres, Sofa les fait tomber dans l’eau, jusqu’a ce que l’encre soit noyée, et qu’un filet noirâtre tranche avec le jaune et le marron du sable humide.
Les lettres ne sont plus que du papier mâchés, ou presque, mais tant pis.
Elle les reprends, en laissant une dans l’eau et range les autres : Il faut aller les livrer, dire que lors d’un accident elles se sont dispersées.. et qu’en aucun cas, on ne puisse en lire le contenue.
Tandis qu’elle reprend sa route, la lettre flotte sur la flaque, et on peut encore y lire, pour une poignée de seconde le message destiné à un des hommes vivants dans le fort.
Et la lettre se dissous.

Une semaine plus tôt.

Le conseil venait de se finir, et Payne travaillait dans la bibliothèque, lorsque sa tante entra. Aussitôt, Payne se releva.

-Ma tante, vous êtes déjà venue ?

Lucilla fronça le nez, visiblement souriante malgré tout.

-J’ai de bien mauvaises nouvelles pour vous, mon enfant.
-Plait il ?
-Votre époux est passé me voir, j’espère être arrivée avant lui. En tout cas.. Il c’est montré fort mécontent de la situation.
-D..dove est venu me chercher ?!


Malgré elle, Payne ne put s’empêcher de sourire, et son air soudainement joyeusement fut aussitôt calmé par une grimace de dédain de sa tante.

-Il était mécontent du fait qu’il ne puisse avoir une part de votre fortune, bien que vous soyez désunie, et il venait me demandez dédommagement, visiblement il aurais déjà payer pour vous ré-épouser une troisième fois. Cet homme ne manque pas de toupet !
-Dove n’est pas un homme qui désire pouvoirs et fortune, jamais il ne se serait conduit de la sorte.
Lucilla se mit à rire, tandis qu’un esclave commençait à défaire son lourd manteau de fourrure blanche.

-Ma pauvre enfant, pour une politicienne, que vous êtes naïve ! Bien sur que cela l’a toujours intéressé ! Allons, réfléchissez, pourquoi vous à il épouser ? Ne lui avez-vous pas proposé d’être son épouse sans qu’il ait à payer de dot ?
-En effet mais..
-N’a il pas été intéressé à votre avis par le fait qu’il se trouvait non seulement une épouse, mais riche et surtout avec une fonction importante.. ? Ne lui avez-vous pas donner un poste important à son tour ?


Payne se détourna de sa tante et marcha vers une des fenêtres, n’en voulant en entendre davantage. Dehors, le ciel était toujours aussi gris mais il ne neigeait presque plus. En regardant son reflet dans le vitrail, la jeune femme vit soudainement celui de sa tante, son image si semblable à la sienne, lui susurrant à l’oreille des mots qui la faisait souffrir plus dans son cœur que dans son orgueil, un véritable poison qu’elle lui glissait sans remord, empreint de méchanceté et de mensonge.

-Mon époux était un homme simple, il n’est pas de ceux qui complotent.
-Mais peut être plus habile que vous ne le pensiez.. Ne m’avez-vous donc pas dit qu’il n’avait rien fait pour vous aider quand votre oncle Priscius est venu annuler la cérémonie.. ? Quand vous vous êtes retrouver seule ? Humiliée devant tant d’autre ?


Payne redressa la tête, la bouche entre ouverte de surprise, fixant les yeux jaune de sa tante, si jaune et vif qu’il ressortais sur le vitrail, comme la flamme d’une bougie. La femme approcha sa bouche de son oreille, encore plus et murmura : « Ou était il, alors ? »
La jeune femme détourna les yeux et baissa la tête, en se mordillant la lèvre d’un air peiné, sans réponse. Lucilla attrapa soudainement sa nièce par le bras et la tira vers un grand miroir au coin dans la pièce, ses ongles s’enfonçant dans le bras de l’ambassadrice, et cette dernière la força à fixer leurs reflets, et sa voix se fit plus dure.

-Vous me faite mal !
-Je ne vous fais pas mal, je suis réaliste ! Regardez vous Payne, vous êtes rongée par le chagrin, par l’attente, il faut vous faire une raison ! Personne ne viendra vous aider, vous êtes seule. Personne n’a fait le moindre petit geste pour tenter de vous retrouver, personne n’a fait quoi que ce soit pour vous aider ce soir là, quand vous avez été humiliée devant tous ! Votre ancien époux vous à même reprocher d’être humilié, mais vous Payne ? Hm qui pense à vous, en ce moment, à par nous ? Les pères marchandent nos mariages, les époux nous mentent et nous exploitent, les enfants trahissent et nous assassinent ! Cessez de vous faire du mal, ma nièce, renoncer aux agréments, aux envies et aux illusions !

"-Alors qu’y à il d’autre ?! Finir comme vous ? En détestant tout le monde ?!"

Lucilla la relâcha, et la jeune femme tomba au sol, frottant son bras douloureux. En levant les yeux, elle croisa le regard sans merci de sa tante.

-L’ambition. Il n’y a que cela qui vaille que l’on se batte. Levez vous chaque matin avec la conviction que le monde peut vous appartenir, si il en vaut la peine, et plus jamais vous ne souffrez de la solitude.


Quelques heures plus tard, la nuit avait plongée la ville dans l’obscurité, et alors qu’a l’étage, les esclaves et les couturières commencèrent à faire la robe de carnaval, en l’essayant sur la jeune femme rousse qui semblait fatiguée de rester debout de la sorte, dans la bibliothèque, Lucilla écrivait des lettres, en souriant.
Debout derrière elle, Sofia l’implorait :
« Maîtresse, vous lui briserez le cœur ! »
« Sûrement. Mais un cœur qui peut gouverner une ville, à autre chose à faire que de battre trop vite pour des stupidités. Réglons cela désormais. »


Elle attrapa de ses longs doigts fins une plume et la plongea dans l’encre, avant de la déposer sur le parchemin, dans un petit grattement. Lucilla admira son œuvre et observa la lettre qu’elle avait écrite. Etre scribe depuis si longtemps lui avait donné un don pour imiter les écritures. Une fois la dernière terminée, elle observa Sofia.

« Puisque tu va devoir partir ce soir dans le sud délivrer un message important, pour ton maître, tu ira livrer ces cinq lettres. Fait croire que Payne les a écrites dans la précipitation et sans nous avertir, que cela fasse sincère, et désespéré. Ils le croiront. Et ils liront de leurs propres yeux que son destin est ailleurs.. Tu le fera, n’est pas Sofia ? »

Rapidement, l’esclave acquièça en souriant. Lucilla la laissa ranger le tout et pris dans ses mains son jupon de satin noire, en grimpant une à une les lourdes marches de l’escalier, elle regarda les femmes s’affoler autour de sa nièce, lui souriant doucement depuis la porte. Payne inclina la tête dans sa direction et remit ses bras en croix, tandis que les femmes continuaient de coudre en bavardant. Dans une semaine environs, comme Sofia voyagerait par l’intermédiaire d’un Tarnier, elle serai à Fayoum, et délivrerait les fameuses lettres. Et le plan marcherait parfaitement..

Lucilla n’était pas de ceux qui avaient des remords. Pourquoi en aurait elle ? N’était ce pas eux et tout ce système qui avait fait d’elle ce qu’elle était devenue ? Elle avait eu aussi ses espoirs, plus jeune, mais elle avait vite compris que cela ne durerais pas. Soudain, elle marcha vers une armoire et ouvrit le tiroir, en y sortant un coffret de bois de rose. Après l’avoir ouvert, elle retira un morceau de soie qui cachait un véritable objet d’art. Un masque couvert de pierre semis précieuses. Doucement, elle se plaça dans le dos de Payne, les femmes se poussant une profonde révérence presque aussitôt, et la tourna vers le miroir dans une infinie douceur. Avec une délicatesse sans précédent, Lucilla déposa le masque sur le visage de sa nièce, couvrant le haut de son visage et son nez. Leurs deux reflets se sourirent presque simultanément dans le miroir.

« Faite nous honneur, Payne. »

Le reflet du sourire de cette dernière s’élargissait dans le miroir et elle s’inclina brièvement, le regard déterminé.
Dans une semaine, il lui faudrait être parfaite.


Une semaine plus tard, à Fayoum.

Dans le désert, Sofia a reprise sa route vers le fort et la lettre flotte sur la flaque, et on peut encore y lire, pour une poignée de seconde le message destiné à un des hommes vivants dans le fort....
Pendant une poignée de seconde seulement, on peut lire les mots écrits de la main de Lucilla.

« Dove,

Pendant ces deux dernières années, vous avez été un époux agréable, mais mon destin est ailleurs, il est temps pour moi de suivre le chemin que ma famille à décider pour moi, aussi douloureux mais raisonnable soit il.
J’ai oui dire que vous avez rencontré ma tante, cette dernière vous à annoncée la mort de notre fils. Mon fils bien aimé –et donc le votre- à en effet succomber à la peste qui à touché la ville, quand à notre fille, je l’ai confiée à un marchand, et j’ai décidée de couper court à tout ce qui me rattachais à vous, afin d’atténuez ma douleur d’une perte si chère à mon cœur.
Je vous demande de m’oublier, et de ne pas chercher à me retrouver, car plus rien de bon ne peut advenir désormais.
Que les prêtres rois vous protègent pour le futur, et puissiez vous comprendre mon éloignement avec compréhension, et clairvoyance.

Dame Payne Darkstone. »



Et la lettre se dissous.
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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Lun 15 Déc - 0:20

Exile partie VI

Chaque année, dans un monde pourtant aussi dur et sauvage que peut être Gor, arrive la période des célébrations.
La journée du carnaval est des plus importante surtout, car c’est une journée de fête, de rire et de danse, mais aussi la seule journée où , à l’heure où les Esclaves ont le Kajuralia, les femmes libres peuvent alors agir avec plus de libertés que jamais.
Il est dit qu’en la journée du carnaval, elles peuvent flirter et perdre ainsi pendant une poignées d’heure, leurs légendaire rigidité, agir comme les jeunes filles qu’elles sont au final, et enfin, pendant un court moment, se sentir sans doute plus femmes et jeunes que jamais.

A Midgaard, un bal aurait lieu au palais du High Jarl et de la Tatrix. Dans la ville, dansait déjà les gens et leurs épouses, les esclaves aussi, tout les citoyens étaient déguisés de manière excentrique, et l’alcool coulait à flot. Sur la place se tenait des tables de repas, des rires gras avaient remplacés les hurlements des marchands, et des brasiers, malgré le froid environnant, continuait de réchauffer l’ambiance. Le froid n’empêchait pas les citoyens de s’amuser.
Dans la demeure des Henry, une autre effervescence venait d’avoir lieu dans la maison.
A l’étage, les cousines et cousins d’habillaient, se disputant robes et dentelles, costumes les plus raffinés ou au contraire, les plus comiques. Les plus vieux se contenterais d’un simple masque argenté et une joyeuse humeur se propageait dans la résidence, d’ordinaire si austère et froide. Lucilla, dans une grande robe d’un violet sombre, s’avança dans le deuxième étage et ouvrit une porte d’un coup sec, regardant, assis devant une coiffeuse en bois, Payne, à qui on était en train de préparer une perruque.

-Suivez moi.
-Mais.. la perruque..
-Plus tard plus tard, allez venez, nous avons quelque chose pour vous.


Le ton de Lucilla semblait si enjoué que sa nièce se releva sans attendre, agréablement surprise et très curieuse. Depuis des jours, on l’a traitait largement mieux, sa famille faisant preuve d’une étrange tendresse avec elle et pour cela, comme elle l’avait pensée, il avait suffit d’obéir sans discuter, voire même de faire preuve d’une certaine motivation. Mais elle n’en souffrait pas moins, tout en ce disant qu’il valait mieux être damner mille fois que de le leur montrer...
Une fois arrivée au rez de chaussés, Sa tante s’arrêta devant la porte d’un des petits salon, et lui fit signe de l’ouvrir d’elle-même, ce que –non sans une certaine appréhension- Payne fit.
Au fond de la pièce, jouant avec des cubes, deux petits enfants riaient. L’ambassadrice sentit son coeur se raidir en reconnaissant les petits visages amusés et s’élança vers eux dans un bruissement de jupons. Dans le bruit des pas effrénés qui venait dans leurs direction, les jumeaux se retournèrent aussitôt et poussèrent des cris ravie. Ils n’avaient pas revu leurs mères depuis qu’elle les avait emmenés d’urgence à Ar, car lorsque cette dernière était venue les voir avant d’être envoyée à Midgaard, ils dormaient.
Les enfants, qui allaient sur leurs deux ans, tendirent les bras tout les deux en même temps quand leur mère se jeta à genoux pour les serrer contre elle. Elle embrassa avec effusion leurs petits crânes, respira leur odeur et releva la tête vers le plafond, murmurant une petite prière sourde pour remercier les prêtres rois de lui avoir laisser revoir ses enfants.
Ils babillaient des petits mots, lui montrant leurs nouveaux jouets, de simples petits cubes, ou alors une poupée, un guerrier en bois, dans l’insouciance qui n’est réservés qu’aux jeunes enfants et comme s’il s’agissait de trésors inestimable.
Une porte au fond s’ouvrit au bout de quelques minutes de bonheurs, et deux femmes, habillées d’une robe simple marron, aux rayures bleues, se baissèrent et prirent les enfants, la petite Galaad, la fille de Payne, lui adressa un coucou en agitant sa petite main potelée. Payne quand à elle, était encore sur le plancher, d’un air horrifiée, et se tourna vers Lucilla, qui comme si elle avait devinée ses paroles, lui répondit d’une voix sèche.

"-C’est sans doute assez pour aujourd’hui, vous avez du travail. Vos enfants sont ici maintenant, si vous réussissez ce soir, vous pourrez passer une heure demain avec eux."


Sans discuter, la femme rousse se releva et courut vers la pièce où elle devait être préparée, grimpant quatre à quatre les marches des escaliers.

Enfin, il fut l’heure.
La nuit avait couverte Midgaard de son voile sombre, mais la fête allait devenir plus folle désormais. Des flambeaux brûlaient dehors, et des chaises de porteurs des plus luxueuses attendaient devant la grande porte aux armoiries anciennes, surveillés par des gardes. Comme une procession religieuse, tout était organisé à la minute prés. La porte s’ouvrit et alors quatre jeunes filles, vêtues de robes bleues soyeuses et les visages masqués d’argent, sortirent sans un mot, marchant par paires, puis ensuite, ce fut quatre jeunes hommes, qui bien que masqués à leurs tours, portaient les armoiries de leur maison avec fierté sur des épaulettes.
Enfin, habillée d’une longue robe dorée, ce fut le tour de Payne.
Son masque était une mosaïque d’or et d’argent, où trônaient aussi quelques pierres de turquoise, entourant les trous qui servaient à l’emplacement ses yeux. Il cachait son visage jusqu’à son nez, laissant ainsi le bas de sa tête découverte, pour voir son sourire. Une perruque de cheveux blond doré recouvrait ses cheveux d’ordinaire roux, et les mèches or glissait jusqu’à ses reins.
Quand à sa robe, elle était blanche et or, serrée à la taille –excentricité qu’elle pouvait ce permettre, un soir de carnaval- et les manches étaient si longue qu’elles traînaient jusqu’au sol, attachée par des rubans blanc, argenté et cousue de fil d’or. Derrière elle, se tenait une esclave qui portait dans ses mains une cape de fourrure, afin de couvrir ses épaules. La procession se finissait par Lucilla et Lucius, tout aussi somptueusement vêtus, avec plus de retenue toutefois.
Les chaises de porteurs, tels des palanquins glorieux, portaient deux personnes par chaises, et bien que le chemin ne serait pas bien long, il fallait se faire remarquer par tout occasion.
Une demie heure plus tard, tous arrivèrent vers les marches du palais et ce n’était que par pur protocole qu’on présenta les invitations pour rentrer, car les gardes avaient bien entendu reconnu le visage de Lucius, ne serait ce qu’a sa façon de se déplacer, comme si le monde lui appartenait déjà.
La salle du bal du palais était des plus magnifiques et bien qu’habituée à célébrer ce genre d’événement, Payne resta un instant la bouche ouverte devant le spectacle luxueux, mais un coup de coude de sa tante la ramena sur terre, et la jeune femme repris son creux sourire de courtisan.
Quelques personnes se retournèrent à leurs arrivés et la salle était déjà pleine, les riches familles pouvaient se permettrent d’arriver justement en retard, mais malgré tout, Lucius avança, la main de Lucilla sur le bras, en direction du High Jarl et de la Tatrix, tout deux, bien rodés de ce genre de fêtes, leurs présentèrent des salutations à la hauteur de l’événement. Payne, un peu en retrait, ne put s’empêcher d’être surprise de nouveau en regardant les regards des autres invités aussi nombreux étaient ils, et une brève bouffés de fierté s’empara d’elle. Les gens craignaient sa famille et même la Tatrix elle-même semblait ne pas être à l’aise en se tenant face aux yeux vifs de son oncle et de sa tante.

Elle profita de cet instant pour détailler la pièce un peu plus. Tout l’ensemble était en marbre, et une coupole, couverte de neige, surplombait la salle. Des bougies, quelques milliers sans doute, éclairaient toute la pièce, faite sur deux niveaux. Des escalier de pierres blanches se tenait de chaque cotés de l’entrée, et sur une estrade, éloignée du trône, des musiciens jouaient quelques morceaux lent, destinés à se faire entendre, tout en se perdant dans les bavardages de la soirée.
De l’autre coté, se trouvait un impressionnant buffet de desserts mais de plats chauds, des marmites argentés de consommés, de viandes froides et des amphores de vin sucrés ou chaud, servit par des esclaves qui parcouraient la pièce d’un pas vif mais empreint de dignité, reconnaissable aux serviteurs des grandes maisons riches.
Sa tante s’approcha d’elle et discrètement, lui montra au loin un homme, avant de chuchoter à son oreille « Aller y. »
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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Lun 15 Déc - 0:22


(dessin fait par Paynou!)


Payne ferma les yeux, et pensa très fort à ses enfants, et surtout à celui qui grandissait en elle.
Ensuite, ce fut plus facile.
Lucilla s’approcha des musiciens, et leurs fit un petit signe. Aussitôt, les jeunes femmes libres s’installèrent sur la piste et les gens, qui badinaient encore auparavant, s’installèrent sur les cotés, admirant ce qui allait ce passer. Payne tacha de se placer là où l’apercevrai le plus et lorsque la musique démarra, elle s’élança.
Les musiques et danses de femmes libres ne laissent pas place à l’improvisation, elles sont chorégraphiée au pas prés, afin d’éviter que tout geste ne représente de la sensualité, ou quoi que ce soit d’inconvenant. Mais ce soir était le carnaval, et tout semblait différents. Des gestes lents et précis des mains, et des mouvements des jupons consistaient tout simplement le ballet, mais ils fallait de peu pour en faire une véritable œuvre d’Art et c’était alors à chacun de se débrouiller pour rendre cela intéressant. Vêtue d’or et d’Argent, sous les lumières de la salle, Payne brillait de mille feux, car tout avait été prévu à cet effet. Ayant remarquer l’homme dans la salle, un grand homme au visage dur et au yeux brillants, les yeux des hommes du Torvaldsland, tout en dansant elle le regardait et détournait le regard, comme si elle était timide et voulait l’admirer sans ce faire voir. Lorsqu’elle se rendit compte qu’elle avait enfin attiré son attention, elle tourna plusieurs fois sur elle-même et s’approcha un peu plus, profitant d’un mouvement général des danseuses pour adresser un grand sourire à l’assemblée, et lorsque la musique prit fin, et que les applaudissement retentirent dans la salle, elle se redressa et plongea son regard dans celui de l’homme, avant de détournée les yeux aussitôt.
Les danseuses se dispersèrent et les autres danses prirent places, Payne quand à elle se dirigea vers le buffet et pris un verre de vin. Au loin, en discutant sur une marche de l’escalier avec d’autres convives, Lucius observait la scène, d’un air satisfait et curieux.
Aussitôt, l’homme se dirigea vers Payne, qui en l’apercevant, pris un air presque paniqué bien qu’au fond d’elle-même, elle se sentait calme et confiante. Il s’approche et fit une révérence :

"-Qui dois je donc féliciter pour le spectacle qu’elle vient d’offrir ?
-N’allez vous pas féliciter les autres ?
-Je ne considérais peut être pas cela comme un spectacle, à mes yeux du moins."


Payne souria mais se détourna de nouveau, l’air peu intéressé, le guerrier, qui portaient un pourpoint rouge flamboyant et un masque noir qui lui couvrait aussi le haut du visage, fit le tour d’une colonne de pierre et arriva devant elle, lui barrant la route.

"-Pardonnez moi si je vous ai offensé, mais si vous voulez me fuir, puis je au moins connaître votre nom ?
-Quel est le but de se masquer, sinon pour gardez l’anonymat ?
-Ma dame, le carnaval sera fini dans quelques heures, mais mon intérêt et ma curiosité à votre égard pourraient bien durer plusieurs hivers..
-Les promesses sont des illusions bien faciles, que l’on offre aux jeunes filles les soirs de Carnaval. Je ne suis pas de celle qui les écoute, justement.
-Et qu’est ce que vous écouter donc, dans ce cas ?"


Pour toute réponse, elle lui adressa un petit sourire et haussa les épaules, avant de s’éloigner.

-Hey attendez moi !


Ils badinèrent de la sorte pendant une heure, la jeune femme utilisant tout les artifices de courtisans, appris auprès de sa famille, et ce aussi après quelques années à la cour D’Herlit, à observer les gens agir de la sorte.
De temps à autre, elle jetait des coups d’oeils vers son oncle et sa tante, qui au fond de la salle ou ailleurs, acquiesçait pour l’encourager à continuer. Un moment, un homme s’approcha du guerrier, demandant son attention concernant quelque chose, et le jeune homme supplia Payne de l’attendre, qu’il ne serait pas long. Elle lui renvoya un charmant sourire et s’inclina brièvement.
En vérité, pour peu elle se serait enfuie, aussi considérait elle l’interruption comme une bénédiction et à peine l’homme eut il disparut dans la foule que la jeune femme pris son jupon doré dans la main et à grand pas, se dirigea vers l’un des escalier de marbre, en traversant le couloir rapidement, bousculant un valet qui portait des coupes de vin. Désormais à un pas plus pressé, elle fila sur un des balcons vides et posa ses mains sur la rambarde, en respirant de grandes bouffées d’air gelé. Sa tête lui tournait et elle jeta un regard derrière elle, d’où provenait des rires, des chants et la musique. En prenant une grande inspiration, elle retourna dans la salle de bal, à petit pas et les bras ballant. Il lui semblait entendre les rires en écho, des rires forts et aigues qui lui faisait mal à la tête, que l’odeur des mets la répugnaient et l’envie de vomir revenaient de nouveau, mais pas forcement à cause de sa grossesse. En se tenant à la rambarde de l’escalier, elle jeta un regard perdu dans la salle, observant les gens, tous à pousser leurs filles, leurs fils et eux même à agir comme des pions, leurs conversation sans intérêt remplie de la même hypocrisie, du même mensonges qui la dégoûtait, car elle-même se dégoûtait en cet instant, et enfin, elle se surprit à ne chercher qu’une personne dans la salle.
Soudainement, le monde tourna autour d’elle, et elle ne put plus respirer, tant sa poitrine était contractée. Les visages autour d’elle était comme déformé, lorsque dans la foule, elle cru apercevoir une silhouette connue. Debout contre un mur, elle tendit une main dans cette même foule et murmura quelque chose, que personne n’eut le temps d’entendre.

« Dove.. »

Ensuite, tout devient trouble, et elle tomba sur le sol, évanouie et blême.


Debout, en haut des marches d’un autre escalier, Lucilla serra les dents. Un cri avait parcourut l’assemblée, ainsi qu’un murmure d’inquiétude, et alors que ses doigts secs se serraient sur sa coupe de vin aux épices, elle se mit à sourire d’une surprise nouvelle. L’homme qu’ils avaient essayé de pousser dans leur filet se précipita sur Payne et tenta de la relever doucement, visiblement inquiet. C’était encore mieux que ce qu’ils n’avaient pu espérer.
Alors qu’elle se tournait vers Lucius pour lui faire part de sa joie et que Payne était conduite dans une petite pièce à part, elle vit ce dernier se précipiter vers les cuisines, et s’inquiéta. Elle fit signe vers un des jeunes hommes Henry présent dans la salle qui haussait des épaules, ne comprenant pas non plus ce qui se tramait.


Dehors, Lucius rejoignit un groupe dans une des arrières cours. Allongé contre un mur, un homme somnolait, ayant visiblement été assommé, pendant que des gardes cherchait aux alentours. L’un d’entre eux s’inclina lorsque le Henry retira son masque d’argent.

"-On à un problème."

Le garde montra de la main l’homme assis contre le mur, un hématome sur son crâne.
On lui avait volé son masque et son invitation.
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Jeu 18 Déc - 18:43

Le lendemain de l’agression manquée contre le valet ivre, il s’était résolu à entrer de nuit dans la grande demeure, en passant par le mur d’enceinte arrière, le moins exposé.
Il s’y rendit à l’heure la plus sombre de la nuit, vétu de noir et le visage masqué. Après avoir envoya le grappin par-dessus la muraille, il se mit à l’escalader, ses pieds glissant sur les blocs de pierre gelés. L’arrivée au sommet du mur était la partie la plus délicate, dans la mesure où il fallait éviter les pics métalliques, dressés le long du mur, pointe tendue vers l’extérieur. Arrivé sous les pics, il tendit les jambes brusquement afin de se projeter, tentant un redressement acrobatique par-dessus. Le saut lui permit en effet de passer par-dessus les pics, mais la surface gelée du haut du mur manqua de peu le faire glisser et s’écraser dans la cour.
Descendant en rappel dans la cour intérieure, il atterrit silencieusement. L’obscurité derrière le bâtiment est totale. Reprenant son souffle, il voit apparaître à quelques mètres de lui deux petites lueurs vertes accompagnée d’une respiration sifflante. La bête gratte le sol de ses pattes griffues. Deux autres lueurs. Un second vient de se joindre au premier. Les sleens domestiqués font d’excellent gardiens, la nuit. Selon les espèces, le monstre mesure de cinq à six mètres. Un chasseur tout en muscles, en griffes et en crocs, sans la moindre pitié.
Alors que le guerrier a sorti son épée, se préparant à l’assaut, la première bête bondit, ses six puissantes pattes en avant, tout en émettant un rugissement sifflant. Dans les ténèbres, les coups d’épée sont portés au jugé. Le sleen se jette sur l’homme cherchant à saisir sa gorge entre ses doubles rangées de dents pour la déchirer. Se projetant contre le mur, il évite les crocs du sleen de justesse. La bête se rétablit et se retourne.
Le guerrier est acculé au mur. Alors que le second sleen se met à avancer lentement vers l’emplacement du combat, un coup de griffe l’atteint à la cuisse, une douleur soudaine et intense. Il tend alors la pointe de son épée vers une des lucioles vertes, qui s’éteint sous le choc. La bête pousse un long hurlement.
Au loin, dans la cour, des bruits répondent à la plainte de la bête : des hommes appellent, des torches apparaissent au loin.
Retrouvant la corde, le guerrier se hisse à la force des bras, évitant de peu le bond du second sleen. Arrivé en haut du mur, il redescend rapidement du côté de la rue pour s’éloigner en boitant. De l’autre côté du mur d’enceinte, on entend des cris d’alarme et de nombreuses voix.
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Jeu 18 Déc - 18:47

Après quelques jours, ma jambe arrêta de me faire souffrir. Le sleen me laissait toutefois une jolie cicatrice en souvenir. Je m’étais dès le lendemain de mon équipée nocturne remis à arpenter les rues à la recherche d’un moyen de pénétrer dans la demeure des Henry.

Tout à mes pensées, je ne me méfiais pas lorsque je croisais cette jeune kajira qui marchait doucement les yeux baissés dans une ruelle proche du marché principal. Elle me jeta soudainement de la farine au visage, avant de s’enfuir avant en hurlant « Kajuralia ». Je n’ai jamais éprouvé d’amour débordant pour cette fête stupide. Pourtant, pour une fois, j’allais pouvoir en retirer un intérêt.

Cela faisait trois jours que le nombre des allées et venues s’était fortement intensifié autour du palais du high jarl, notamment du côté de l’entrée de service : viandes et volailles, fruits exotiques, fleurs, oiseaux chanteurs… Une incroyable démonstration de puissance et de richesse dans un pays où les citoyens comptent chaque hiver les vivres qui leur restent en réserve avant le dégel. Certains des mets et des animaux apportés venaient de plus loin qu’Ar, d’autres étaient visiblement arrivés via Port Kar. Le high jarl de cette ville n’était visiblement qu’un décadent, un dégénéré se vautrant dans le luxe et ayant du souci à se faire, s’il voulait ne pas se faire renverser prochainement par un homme qui aurait compris avant lui que son peuple a faim.

La nuit commençait à tomber. Les valets du palais commençaient à allumer devant la maison les flambeaux installés en l’honneur des invités. Les habitants, ridiculement déguisés, partaient braire leurs chansons à la chaleur des foyers, délaissant les places publiques. Des invités arrivaient maintenant nombreux au palais, leur entrée filtrée par les gardes. Je reconnus quelques cousins Henry – notamment tata Lucilia – parmi les nombreux alliés politiques et militaires invités par le high jarl.

Je finis par repérer ma proie. Un guerrier, à en croire la couleur. La bonne carrure. Un homme du Torvaldsland, d’après son costume caractéristique à franges en fourrures. Apprêté comme il l’était, il ne pouvait que passer la soirée au palais. Je me mis à le suivre discrètement. Comme il ne se décidait définitivement pas à s’éclipser dans un recoin sombre et que je commençai à redouter que mon oiseau rare termine de se promener pour passer le barrage des gardes et entrer au palais, je décidai de passer à l’action.
Me dirigeant vers lui, je le bousculai brutalement, puis l’insultai de sa maladresse. Il sortit son épée aussitôt. J’étais ravi. Me moquant à haute voix de sa tenue, je lui dis qu’il me serait désagréable que l’humiliation que j’allais lui infliger fut interrompue par les gardes du palais et lui proposai de régler notre différend dans une petite rue adjacente bordant la muraille du palais, bien plus tranquille.

Se retrouver enfin l’épée à la main me galvanisait. Plus question de s’en prendre à un laquais, de recourir à des procédés ignobles : il s’agissait simplement de se battre et de récupérer sur mon adversaire de quoi entrer au palais.
Nous nous mettons tous deux en garde. Je tente une première attaque qu’il esquive habilement. Quelques passes d’armes créent entre nous un début d’estime mutuelle. Le combat devient plaisant. Tout à coup, il se fend et manque de m’embrocher. J’ai à peine le temps de parer. Dans son élan, mon adversaire glisse sur le sol gelé, et ne pouvant s’arrêter va se fracasser le crâne contre une pierre du mur d’enceinte. Le maladroit nous a gâché notre duel.

Soupirant contre le manque d’honorabilité de mon geste, je récupère rapidement sur lui son masque, son invitation et endosse son ridicule pourpoint en fourrure. Puis, je me dirige rapidement vers l’entrée du palais.
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Lun 29 Déc - 16:52

Il montait les marches du palais en tentant d’avoir l’air aussi naturel que possible.
« On se détend… On marche tranquillement, rien ne presse en apparence… »

Les Henry étaient trop puissants pour ne pas se rendre à la soirée du high jarl, et il avait fait le pari que Payne y serait. Sa vanité et sa cupidité allaient sans aucun doute la faire se jeter dans les bras du plus riche de tous les godelureaux en fourrure de la ville, si ce n’est de la région.

A l’entrée de la salle de bal, il ne s’arrêta pas plus d’un instant pour contempler la débauche de luxe déployée par le high jarl. La salle, sur deux niveaux reliés par de grands escaliers de marbre blanc, était vaste, rectangulaire, avec de larges portes fenêtres sur son flanc droit offrant une vue plongeante sur la basse ville. Elle était inutilement trop éclairée, comme si la valeur d’un homme se comptait au nombre de bougies qu’il avait les moyens de faire allumer. Sur son trône, dominant l’assemblée, le high jarl, un homme bedonnant aux tempes grisonnantes, arborant un sourire fat, se repaissait des manœuvres complexes des courtisans s’agitant à ses pieds.

Les lieux étaient bondés, et y reconnaître Payne au milieu de tous ces masques n’allait pas être une mince affaire. Il se mit à la recherche des rouquines, hélas fréquentes en ces contrées.
La galerie supérieure offrait une meilleure vue mais exposait trop aux regards. Il fallait en user avec parcimonie. Longeant les bords de la salle, une coupe à la main, l’œil attentif aux allures des femmes, aux gestes des jeunes femmes libres qui maintenant dansaient sur la piste, il naviguait entre les convives. Plusieurs rousses, mais inutile de tenter d’approche. Aucune n’avait son port, ni sa silhouette.

- Belle soirée, n’est-ce pas ? Le high jarl est un hôte incomparable.
Perdu dans ses pensées, il mit un instant pour répondre à la femme. Elle portait une robe bleu nuit rehaussée de liserés d’argent et d’un col en fourrure blanche. Le masque, assorti à la robe, dévoilait de splendides yeux gris. Elle se tenait face à lui, arborant un sourire espiègle.
- Très. Splendide.
Un silence. Il boit sa coupe pour se donner une contenance.
- Eh bien ? C’est tout ? Cela fait une heure que j’attends que vous m’abordiez. J’ai failli croire que vous m’aviez oubliée. Heureusement que vous m’aviez décrit votre masque et votre costume.
- …
Elle lui prend la main tendrement.
- Bien. Je ne vous en veux pas. Vous m’invitez à danser ?
- Vous… je crois que vous faites erreur, madame.
- C’est impossible. C’est moi-même qui vous ai brodé ce masque.

La femme recule d’un pas. Elle le fixe, son sourire disparu, le regard interrogateur.
- J’ai fait erreur, je vous prie de m’excuser, sir.
Elle fait demi-tour et part rapidement.

L’atmosphère allait rapidement devenir irrespirable. Se débarrasser du pourpoint, idéalement changer d’accoutrement et envisager une retraite. Un couloir débouchant sur la galerie supérieure semble mener vers d’autres pièces du palais. Quand soudain un cri de femme parcourt l’assemblée, détournant l’attention des convives et des serviteurs, il profite de l’agitation pour se jeter dans le couloir sombre.

Une première porte… fermée.
Une seconde... qui s’ouvre et donne sur une chambre à coucher. Il n’y a personne. Une grosse malle est posée près du lit. Une armoire en chêne dans un coin de la pièce. Un feu de cheminée brule et crépite doucement dans l’âtre. De lourds rideaux recouvrent une fenêtre donnant sur la cour du palais. Si en plus dans l’armoire en chêne, il y avait une tenue de rechange, les Prêtres Rois seraient plus que généreux.

Alors que la musique a repris dans la salle de bal, il aperçoit dans la cour des hommes courir et s’agiter.
Plusieurs vestes arborant l'insigne de lieutenant sont pendues dans l’armoire. Ce sera toujours ça. Enlevant son pourpoint, il s’apprête à en décrocher une lorsque la porte s’ouvre. Il se précipite derrière le rideau.

- Entrez. Il faut vous reposer. Vous êtes toute pâle. Ce sont mes quartiers. Vous pourrez y reprendre vos esprits à votre aise.
- Je... je vais déjà mieux, vous savez.


Cette voix…
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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Mer 31 Déc - 21:45

Exile partie VII

Payne était à moitié allongée sur le rebord du lit, en se massant les tempes. Il venait de partir, dés qu’il l’avait déposée là, quelqu’un était venu taper à la porte, un guerrier, prétextant que sa présence était demandée dehors. Après s’être incliné devant elle, il la laissa seule. Aussitôt, elle avança –sans chanceler – vers un petit coin de la pièce où se tenait une petite bassine posée sur une commode, pour la toilette du matin. Elle y plongea une main et retira son masque de l’autre, le posant négligemment sur le lit. Sa respiration était rapide et son visage commençait à reprendre des couleurs, alors que la jeune femme trempait son visage de l’eau froide. Pendant l’espace d’un instant, en posant ses mains sur la commode, elle fixa son reflet et ses joues plus creuses que jamais. Soudain la porte s’ouvrit.

Telle une délégation, plusieurs Henry, dont Lucilla et Lucius, entèrent dans la pièce, un large sourire sur le visage. Après s’être assuré que personne n’allait s’aventurer dans la pièce, ils regardèrent leur nièce.

« - Excellent ! Très bien joué ! Continuez ainsi et je n’ai aucun doute sur le fait qu’avant la fin de la semaine, il vous demandera comme épouse !
-Je ne fait pourtant rien de spécial..
-Allons, ce petit malaise était parfait ! Vous lui êtes tombée dans les bras et le pauvre bougre doit sûrement s’imaginer je ne sait quoi.. vraiment, vous avez été parfaite.
-J’en suis contente.. si vous l’êtes.."


Lucilla leva un sourcil et s’approcha d’elle.

« Vous êtes pâle, reprenez vous et retournez y. Ne vous laissez pas non plus trop facilement avoir. Vous devez le fuir, mais pas trop : il doit pouvoir avoir l’impression de vous avoir dans ses filets. »
« Je ferai ce que vous voulez, ma tante.. »
« Et mettez y du cœur, bon sang ! »


Payne baissa la tête, ses doigts jouant sur l’un des fils d’or qui constituaient sa robe. Lucilla s’apprêta à partir, et se retourna vivement.

« Autre chose, j’ai converser avec la dame de la maison de la Tatrix, elle accepte de prendre en charge votre fille qui servira plus tard de dame d’atours, quand à votre fils, il sera envoyé à Thentis, pour faire ses classes. »

Aussitôt, Payne redressa la tête, le visage empreint d’une expression d’incompréhension.

« Dans quelques années ? »
« Non, dés maintenant. Ils seront élevés alors dans le meilleur environnement possible. Votre fils sera même adopté par une haute famille, il ne portera plus le faible nom de votre époux, après tout il n’est pas du tout convenable, si vous épouser ce guerrier, qu’il entretienne la progéniture de votre premier mariage.. Les gens risque de parler, mais rassurez vous, vous pourrez les voir l’été et.. »


Mais Payne n’écoutait déjà plus. Elle venait de comprendre et elle se leva, les poings serrés.

-Ce sont MES enfants ! Ils ne sont pas à vendre comme des vulos un jour de marché !
-Vous ne pouvez refuser, cela est presque scellé et signé.
-Ma tante.. C’est mon fils, vous savez combien il compte pour moi, après tout ce temps à essayer d’avoir un enfant mâle.. vous ne pouvez pas me le prendre ! Je suis sa mère, moi ! moi seule !
-Mais vous continuerez à le voir, vous ne serez qu’une.. marraine, en quelque sorte.


La jeune femme se tenait debout, sans voix, avant de se retourner vers la fenêtre, en contemplant la cour, un peu plus bas, couverte de neige, l’esprit en ébullition. Malgré cela, Lucilla reprit la parole.

« Reprenez vous ma nièce. C’est une chance pour eux, ils seront élevés dans un meilleur cadre, et votre fils ne portera pas le fardeau d’un petit nom. Vous devriez me remercier pour cela. »

Faisant signe aux autres de la suivre, elle laissa un de ces neveux lui ouvrir la porte, lorsqu’un mot résonna dans la pièce.

« Non. »

Lucilla se retourna doucement vers Payne, les sourcils froncés.

« Plait il ? »
« J’ai dit non. »
« Vous croyez qu’on vous demande votre avis peut être ? »
« J’AI DIT NON ! »


Ce fut un cri si déterminé, si brutal et si empreint de rage et de colère que la femme en hoqueta de surprise. L’instant d’après, Payne se jeta sur elle et au sol, commença à l’étrangler. Les neveux tentaient de la repousser, mais rien n’y faisait. Allongée sur sol, les yeux écarquillés de surprise, elle fixait le visage de sa nièce, les yeux brillants de haine, les dents serrés et le visage recouvert d’une grimace de colère :

« Jamais !! Jamais je ne vous laisserai me voler ma famille ! Vous avez le droit de vie et de mort sur moi, sur l’enfant que je porte et maintenant, vous me voler mes enfants ? Jusqu’où aller vous nous mener tous pour votre ambition ?!! Vous serez notre mort à tous ! Je ne vous laisserai pas entraîner mes enfants dans votre chute ! »

Un des jeunes hommes l’attrapa par les épaules et la jeta en travers de la pièce, son crâne allant se cogner brutallement contre le bout de la commode, alors Lucilla arriva à se redresser en se massant le cou, d’un air encore stupéfait par la soudaine violence de la jeune femme, qui semblait avoir agit autant par désespoir que par colère. A genoux au sol et retenue encore par ses cousines, Payne lui crachait toute sa haine, le choc et le coup ne l’ayant visiblement pas calmée.

« Je n’oublierai jamais ça ! Je vous rappellerai chaque jour que vous m’avez volé mon fils ! »
« Cessez votre insolence, espèce de folle ! »
« Vous pouvez me traitez comme une putain et me mettre de force dans le lit de n’importe qui, je n’en ai cure, mais vous n’aviez pas le droit de me prendre mes enfants!


Il y eut un bref instant de silence, pendant lequel Lucilla observa du coin de l’œil sa nièce, toujours retenue au sol, d’un coup, elle claqua des doigts et plongea ses yeux jaunes dans le regard peureux d’un de ces neveux :

« Donnez à cette insolente la correction qu’elle mérite. »

Payne poussa un cri de rage, tandis qu’il lui enfonçait dans la bouche un mouchoir servant comme un bâillon, étouffant ainsi ses cris. Un des jeunes hommes présent retira son masque et le plaça sur le visage de sa cousine, cachant ainsi tout son visage. Cela aussitôt fait, elle fut relevée et emmenée à l’extérieur du palais, sous le regard sans pitié de sa tante et de son oncle, qui était resté silencieux durant toute la scène, et des autres jeunes gens présent dans la pièce, la tête baissé : Personne ne trouverai quoi que ce soit à redire à cela, et pour inspirer encore plus cette peur dans le cœur des jeunes henry, Lucius s’adressa à eux, tandis que Payne était emmenée dehors.

« Que cela serve de leçon à vous tous. »

Vu l’agitation du palais, personne n’avait remarqué le départ de la petite troupe par une des cours arrière du château. Dehors, le froid prenait à la gorge, et la neige tombait doucement, les pétales blancs et gelées contrastant avec la pénombre du ciel. Au bout de quelques minutes de marche, arrivé dans l’un des jardins au hautes haies de la demeure du High Jarl, Les deux jeunes hommes qui jusque là, avaient tenue leur cousine, la jetèrent à même le sol froid et dur, son visage se retrouvant à même les pierres de la cour, telle une brûlure.
Ses mains furent attachées à un tronc d’arbre, son masque et le bâillon de fortune jetés au sol. Lorsqu’elle entendit d’autre pas derrière elle, elle put tourner la tête, et vit sa tante, accompagnée de jeunes filles qui n’osaient pas la regarder, en tremblant, autant par la peur que par le froid, fixant leurs jupons avec terreur. L’éclat d’une dague apparut soudainement dans la nuit, et d’un geste sec, l'arrière de sa robe fut tranché, lui dénudant le dos, alors que la morsure du froid lui arracha un premier cri sec.
Au loin, la musique de la fête recouvrait le bruit, et lorsqu’on lui jeta sur le dos et la nuque le contenue d’un seau d’eau glacé, sa tante se plaça devant elle, en attrapant son menton dans la main, plongeant son regard de serpent dans le sien, pourtant plus déterminé que jamais.

« Demandez pardon. »
« .... »
« Une dernière chance, ma nièce, demandez, suplliez mon pardon. »


Il y eut un court silence, suivit d’un bruit de gorge, avant que Payne ne lui crache au visage. D’un geste lent, Lucilla retira le crachat de sa main, et gifla la jeune femme tout en se redressant. Elle échangea un regard avec un des jeunes hommes qui se plaça derrière Payne. Cette dernière n’eut pas le temps de comprendre ce qui allait ce passer, lorsqu’elle sentie le premier coup de bâton. Le froid et l’eau gelée accentuaient la douleur, lui arrachant un hurlement de douleur, comme si sa peau était lacérée par un fouet brûlant. Après un moment de silence, on la frappa une deuxième fois, son cri perçant fut de nouveau étouffé dans la nuit, et bien qu’elle serait les dents, la jeune femme ne put retenir ses sanglots. Une troisième fois, son cousin leva sa main et lui assena un troisième coup, la douleur fut telle qu’elle perdit connaissance un court instant. Ils la détachèrent en silence, et s’éloignèrent, la laissant contre le verglas, sous la neige, à pleurer en silence. Le froid semblait pénétré ses blessures, comme un poison vif qui glissait avec facilité dans ses veines.
Sans cesser de sangloter, face contre terre, Payne bougea ses genoux jusqu'à venir les coller à sa poitrine, les lèvres bleues et tremblantes, elle pleura en silence, désormais seule.

Elle aurait voulu avoir la force de se relever, de fuir, de courir malgré ses blessures jusqu'à la demeure Henry, récupérer ses enfants et s’enfuir, quitte à ne devenir personne, sans nom, sans fortune, bannie à jamais. Mais elle n’avait plus la force, elle avait perdue l’espoir et le courage désormais, mais elle n’avait pas honte de baisser les bras : elle avait fait ce qu’elle avait pu, et Payne, tout en fermant les yeux, se mit à espérée, dans une prière muette, que ses enfants saurait lui pardonner...
Il lui sembla entendre des pas précipités dans sa direction, mais ses yeux étaient déjà clos.
Ses pensées, engourdies par le froid, allèrent vers ses enfants, et ensuite, tout devint noir.
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Re: Les fers de velours.

Message  Lady Payne le Mer 31 Déc - 21:57

Noir, noir, noir comme la nuit, à Herlit, alors qu’elle n’est qu’une fillette, que son père vient la chercher dans sa chambre pour la cacher dans un abris avec d'autres femmes, que dehors les pirates attaquent son village, que le bruit du feu et des cris se répandent à ses oreilles encore vierge des guerres et de la violence, comme le hurlement des femmes, les pleurs des enfants. Noir aussi, le sang qui s’écoulent des plaies de ce pirate, le lendemain, fouetté sur la place publique, et qu’elle n’est toujours qu’une fillette que son père à forcé à voir un tel spectacle, pour lui apprendre les danger de la vie, qu’il lui dit « N’oublie jamais cela ma fille, la liberté n’est jamais gagnée, il faut se battre encore et encore pour la conquérir... ». Cette vie qui toujours, s’écoule au ralentie, alors qu’elle poursuit sa sœur qui à petit pas, s’en va se marier, sans savoir qu’elle ne la reverra que devant un tribunal, puis sur un échafaud, des années plus tard. Et bien plus tard encore, le bruit du feu, de la fumée des viandes, lors de son propre banquet de mariage, avec un homme qu’elle déteste et qui la maltraitera jusqu'à ce qu’il meurt. La mort, encore et toujours, autour d’elle, et le feu, ce feu qui, dans la nuit, dans une forêt du Torvaldsland, alors qu’elle est enceinte, une future jeune maman et se trouve dans un convoi de marchand, provient des flèches des hors la loi attaquant les chariots. Puis la glace, lorsque dans la peur de l'attaque, la bète tirant son chariot panique et va droit dans un lac glacé, le froid qui rentre dans ses entrailles lorsque la glace cède, alors qu’elle bat des bras de désespoir dans cette eau gelée, implorant des dieux sourds à ses cris. La chaleur, lorsque son esclave nourrice la tire hors de l’eau, avant de replonger dans ce trou béant pour aller sauver une autre femme, et qu’aucune des deux ne revient. L’attente, au milieu des cadavres et des feux éparpillés, la peur que son enfant soit mort avant même d’être né. Et la douleur ensuite, lorsqu’elle accouche, à peine une semaine après, elle-même malade, et son enfant, si frêle qu’elle n’ose pas le toucher. La douleur qui revient, lorsqu’elle décide enfin de prendre dans ses bras cet enfant si désiré, et qu’elle le découvre bleu, dans son berceau, mort. Les cris, le hurlement de chagrin, qui lui déchire la poitrine, et qui lui fait vomir des sanglots. Le temps qui passe, encore et encore, puis l’espoir qui revient, sous la forme de ces études, de cette renaissance par le travail, par son désir de découvrir le monde...

Elle ouvre un œil, autour d’elle, des visages déformés, le bruit de la rue en fête, il lui semble qu’on la porte mais, c’est avant tout une odeur d’humidité, provenant des poutres des ruelles, lui rappelant l’odeur des champignons..

Oui ces mêmes champignons, callés dans les racines d’un arbre où elle se prend les pieds, s’écrasant dans la neige, alors qu’elle vient de courir, affolée. De loin, sur la colline, elle aperçoit le château d’Heriol, illuminé dans la nuit par elle ne sait quel banquet, célébrant la naissance d’un Tharlarion. L’homme qui l’a traquée se jette sur elle, la giflant brutalement alors qu’elle essaie d’enfoncer ses doigts dans ses yeux, pour le repousser. Il relève ses jupons et elle peut sentir son souffle chaud sur son visage, et de ses yeux affolés elle regarda aux alentours, en appelant à l’aide. Mais personne ne vient l’aider. Elle tend la main sur sa droite et attrape une pierre, avec laquelle elle vient frapper à la tempe l’homme, et en profite pour se dégager. Il porte sa main à sa tempe, et une trace ensanglantée se trouve sur sa paume. Lorsqu’il relève la tête pour la chercher, elle se tient au dessus de lui, une plus grosse pierre à la main. Il n’a pas le temps de comprendre, qu’elle fracasse le roc sur son crâne. Encore, et encore, et encore et encore. «il faut se battre encore et encore». De toute sa hargne, de toute ses maigres forces, encouragée par la peur et l’adrénaline.
Lorsqu’il ne bouge plus et que son crâne émet un bruit de craquement répugnant, elle jette la pierre et tombe au sol en hurlant, attrapant sa besace avant de fuir dans la forêt, le jupon déchiré, le visage et ses vêtements couverts d’un sang poisseux. Elle cours, hurle et pleure en même temps, en tombant au sol, elle lave ses mains dans la neige fraîche, en réalisant qu’elle a tuée un homme pour la première fois.


Une voix dans les ténèbres, qui se distingue du tumulte de la rue.
« Tenez bon, Payne. »

Elle n’est pas mauvaise, elle le sait, elle n’a jamais voulue devenir ainsi. Elle ne le méritait pas. Elle aurait voulue pouvoir le dire aux autres, qu’ils sachent tous. Elle voit le visage de sa famille, de ses enfants, leurs regards déçus, elle voit Dove, elle voit même Zion, et soudain, et dans cet instant de contact, de clarté, elle eut envie de tout leur dire, leur expliquer qu’elle était une femme bien, une femme qui n’avait jamais méritée ce qui lui était arrivée et qu’elle n’avait jamais voulu faire du mal à quiconque. Que tout ce qu’elle avait toujours voulue, c’est d’être heureuse..

« Réveillez vous. »

La jeune femme ouvrit doucement les yeux, non sans difficulté : tout lui semblait trouble, et surtout la forme devant elle. Un bout d’un moment, elle ressentit une vive douleur dans son dos, qui la fit râler un peu.
Une voix vieillie mais joyeuse résonna devant elle.

« Allons allons, ne vous faite pas plus mal que ça ! Et buvez votre tisane.. Ça vous remettra sur pied..C'est que vous m'avez fait une belle peur, voilà deux jours que vous étiez dans l'gaz ma petite! »

D’un coup, tout semble s’éclaircir, lorsque la forme ouvre les rideaux, laissant la lumière entrer dans la pièce. Avec un hoquet de surprise, Payne reconnaît la petite femme qui marche en travers de la chambre pour ouvrir tous les rideaux, et qui n’est autre que Madame Thor, la grand-mère de ses enfants, et donc, la mère de Dove. En serrant les dents sous la douleur, la jeune femme se redresse sur les coudes et observe autour d’elle. Ses épaules son nue, et elle à un bandage sur tout le buste. C’est en effet une petite chambre, avec un lit assez petit, dont la couverture ressemble à un assemblage de patchwork variés, sur l’étagère prés d’une des fenêtres, se trouve un nombre impressionnant de petites bouteilles, que la lumière du soleil traverse et répand des colories sur l’autre mur de la chambre, comme à cause d’un quelconque vitrail. Son regard encore ralenti se perd sur les murs, et lorsque sa belle mère sort de la chambre, en ouvrant la porte, son cœur s’arrête pendant un instant.
Dans la pièce d’a coté, sur des tapis et entourés de petits Kailla de bois, ses enfants jouent d’un air insouciant.
De surprise, de joie et par une vague de bonheur qui la submerge, lui faisant oublié pendant un instant la douleur de son dos lacéré, Payne porte sa main à sa bouche, s’apprêtant à murmurer « par quel miracle » quand soudain, une porte, tout à sa gauche, s’ouvre à nouveau. Tournant aussitôt son visage dans cette direction, ses pupilles vertes se rétrécissent sous cette nouvelle surprise.
Quelques bandages sur le bras, se tenant bien droit contre le mur, Dove l’observe. Il n’y a ni chaleur ni froideur sur son visage, il est tout bonnement neutre. Il marche doucement vers un fauteuil prés de l’étagère et s’y assoit, sans la quitter des yeux. Il semble autant fatigué qu'elle ou bien est-il soucieux, elle l'ignore.
Elle ne dit rien et lui non plus, lorsqu’il plonge sa main dans une espèce de sacoche accrochée à sa ceinture, pour déposer sur l’étagère un collier d’esclave, brillant de mille feux sous le soleil matinal.

Un long silence s’installe entre eux deux, et aucun ne semble vouloir faire un geste pour parler, mais peut être aussi parce qu’il n’y a rien à dire.
Payne ne veut pas se justifier, elle ne veut pas savoir "qui" "quand" "comment" et "pourquoi", elle est fatiguée et ne veut plus chercher à se justifier, ou à comprendre. Après tout, il n’y a plus rien à dire. Lui qui lui à visiblement sauvé la vie, à le droit d'en faire son esclave, si il le désire, c’est la règle de leur monde, c’est ainsi.
Elle lui adresse un petit sourire désolé, que les choses ce soit passé ainsi entre eux et incline la tête dans sa direction, en prononçant un « merci » à peine audible, presque prononcé dans un souffle, avant de tourner la tête vers la fenêtre.
Dehors, le ciel est bleu bien que l’air doit être gelé et froid. Elle aperçoit au coin de la fenêtre les branches d’un arbre couvert de neige, où de petits oiseaux chantent tranquillement, avant de s’envoler. Payne ferme les yeux en souriant, en se disant qu’en ce moment même, a Herlit, les fleurs du Talender restent enfermées dans leur bougeons, ses pétales de velours emprisonnés par la glace, comme des fers qui tôt ou tard, céderons pour laisser la fleur vivre en paix, ne serait ce que l’espace d’un printemps.
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Re: Les fers de velours.

Message  Dove le Ven 2 Jan - 1:40

Rien de tout cela ne fut très agréable.

Pas agréable de retrouver Payne mais d’accepter de ne pas la récupérer, car la laisser sortir du palais avec sa famille était la méthode la plus facile pour s’échapper avec elle par la suite.

Pas agréable de la découvrir à moitié morte, en arrivant trop tard à l’endroit où elle avait été battue. Après m’être assuré qu’elle vivait encore, je la portai jusqu’à mon auberge où je donnais quelques instructions sommaires afin que lui soient administrés de premiers soins.

Pas agréable de préparer notre fuite, comme si j’étais un hors-la-loi ou un nomade : un chariot où serait installé son brancard, la nourrice et les gosses, qui m’attendait dans la grange de l’auberge.

Pas agréable de négocier la récupération de ces gosses contre la vie de ce cousin de Payne, un de ceux qui l’avait rossée et sur qui j’avais pu remettre la main dans la nuit.

Pas agréable de l’égorger malgré la réussite de la négociation.

Pas agréable de voyager la nuit et de se cacher le jour, pour semer nos poursuivants éventuels.

Pas agréable de retrouver ma mère et ses sermons. Et là, j’en ai eu droit, à des sermons : comment je ne sais pas protéger ma famille, comment j’aurais dû me conduire à tel ou tel moment depuis la dernière main transitoire, à quel point mes habits sont sales et comme ses petits enfants ont mauvaise mine…

Vient ce dernier moment, répété mentalement tant de fois.
Payne m’adresse un petit sourire désolé et incline la tête dans ma direction, en prononçant un «merci » à peine audible, presque prononcé dans un souffle, avant de tourner la tête vers la fenêtre.
« Il n’y a pas à me remercier. Rien de ce que j’ai fait ne l’était pour vous. »
Je n’ai aucune envie de sourire. J’attrape le collier d’esclave, confié par Ysham au moment de mon départ.
« Profitez de ce lit. Dès que vous irez mieux, vous connaîtrez les plaisirs de dormir enchainée, dorénavant sur le sol. »
Aucune révolte. Aucune réaction du tout. Elle tend le cou docilement. Le collier se referme avec un bruit métallique.
« Prend vite des forces, esclave. Si tu ne veux pas être vendue trop vite. »

Et curieusement, rien de tout cela ne m’est agréable.









...THE END...
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Re: Les fers de velours.

Message  AnGeLiK le Ven 2 Jan - 18:17

Tout simplement magnifique...

Merci à tous deux d'avoir partager un petit passage de cette aventure avec nous, de nous l'avoir fait vivre, oui VIVRE ! car j'ai eu tout du long le sentiment d'être là, présente avec vous, spectatrice impuissante mais qui aurait tant aimé finir le boulot de Dove en jetant tata lucilla par la fenêtre, aider Payne a reserrer le cou de l'infâme, voire même pire !

Merci, merci, merci I love you



PS : n'hésitez pas à renouveler l'expérience... c'est trop bon drunken
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Re: Les fers de velours.

Message  gabiebeaumont le Sam 3 Jan - 19:40

Wahou !!! Magnifique cette histoire Payne et Dove.
elle révéle les liens de certains personnages qu'on nous avons pu croiser à Caithris depuis un an...

Et la suite de la vie de Payne, si Dove vient dans la nouvelle cité de Caithris risque d'être très intéressement... j'attends même de voir la réaction de Dame Zion face à cette nouvelle kajira... Wink

Sans parler de mémé Thor qui me manque déjà sur la place de marché de la nouvelle Caithris, vieille peau avec tes potions de pisse de Bosk Very Happy
*** LOL ***

Mais que devient l'enfant dans le ventre de Dame Payne , le fils de Dove ?

Payne serait elle , une futur panthère de la nouvelle Caithris Smile

humm... j'ai hâte de rp avec vous tous les amis Very Happy

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Re: Les fers de velours.

Message  Zion le Lun 5 Jan - 0:14

Bah.. ça ne peut pas être agréable pour tout le monde... Si ça ne l'est pas pour Dove, ça l'est au moins pour nous !! Wink
Merci à vous deux pour la ballade..
Une vraie romance goréenne, le collier comme un happy-ending !

Il fallait bien tout cela pour un tel retournement de situation.

Zion a eu un petit choc, mais après une bonne nuit baignée par les effluves sucrées du miel, tout était revenu dans l'ordre.. des choses goréennes... Payne ? Un collier ? oui bon, et après... *Zion regarde le collier au cou de la petite rouquine... reste pensive, un sourire sadique sur les lèvres, une lueur de rancoeur dans le regard* Laughing

Au plaisir de vous relire...
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Re: Les fers de velours.

Message  laë le Mar 13 Jan - 17:03

Quel délice un repas au combien succulent

*entrée pimente
*plat légerement salé
*dessert au combien sucré

Mes papilles sont en emois et mes pupilles fatigués apres cette longue lecture, mais telles une chose au combien agréable je n'ai pu que lire ce post du debut a la fin.

Merci pour votre plaisante aventure en espérant que ce moment soit pour certains le fruit de compréhension a des rps aussi diverses qu'ils peuvent être.

Au plaisir de vous revoir dans vos lectures et bientot sur sl

Merci encore

laë
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