Un conte du barde: l'esclave et le maître d'armes.

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Un conte du barde: l'esclave et le maître d'armes.

Message  Hyppolite le Mer 4 Mar - 23:23

Une petite histoire que mon troubadingue a raconté dans l'auberge, en compagnie d'une Dame et d'un kajiru, justement.


Il était une fois dans une prestigieuse cité du nord, un humble kajiru au service d'une maîtresse immensément riche. C’était un homme très simple : discret, courtois, effacé, tout ce qu’on pouvait attendre d’un homme de sa condition. Rien, dans ses paroles ou ses actes n’aurait laissé supposé que le petit esclave était en fait un artiste peintre de très haut niveau, dont les fresques et les toiles se vendaient à des prix dépassant de loin le prix même auquel sa maîtresse l’avait acheté.
D’ailleurs, il n’avait guère d’autres besogne que celle-ci, et passait le plus clair de son temps à peindre, dans son atelier ou chez les clients de sa maîtresse.

Or un jour, celle ci le chargea d’une mission qu’elle qualifia d’extrêmement importante :
Il s’agissait simplement, en réalité, d’apporter un message d’amitié à un haut dignitaire d'une cité voisine. Toutefois, le chemin était tortueux et infesté de brigand, aussi la maîtresse eut l'idée de faire porter à son esclave une ample cape rouge qui couvrirait son collier, et ferait passer l'esclave pour un redoutable guerrier. Pour parfaire le déguisement, elle lui fit même porter une large épée très lourde et impressionnante.

En chemin, le Kajiru rencontra un véritable guerrier, fier et puissant "Tal frère" cria t'il à l'esclave.Celui ci, ne s'étant pas reconnu, continua son chemin.
"TAAAAL" s'égosilla plusieurs fois le guerrier, mais l'esclave ne comprenait toujours pas. Furieux, se sentant méprisé, le guerrier saisit l'esclave par l'épaule et exigea un duel en réparation.
Le pauvre esclave se confondit en excuses, plaida qu'il n'était pas guerrier, montra son collier et jura qu’il n’avait jamais souhaité faire offense à un homme de si haute condition.
"Je m'en moque" dit le guerrier. "Tu portes le rouge, tu as une arme, bats toi!"
A force d'excuse toutefois, l’esclave parvint à apaiser partiellement le guerrier, qui consentit à faire un petit effort afin que son adversaire puisse au moins mourir dignement. Il donna à l'esclave trois tarnets d'argent, et l'autorisa à s'absenter deux heures pour apprendre les postures de combat chez un maître d'armes

Le malheureux kajiru entra en ville, et frappa au hasard à la porte d'un maître extrêmement réputé. Il lui expliqua sa situation désespérée, et le supplia de lui apprendre au moins à se tenir comme un combattant, n’espérant guère plus
"Que faisiez vous, chez votre maîtresse" demanda le maître d'armes
"Je peignais pour elle, tout les jours, maître" Répondit l’esclave.
"Etiez vous bon?
_J'avais une certaine réputation" admit il humblement.
"Alors plutôt que de me payer avec de l'argent, je veux que vous passiez l’une des deux heures qui vous reste à peindre pour moi"

Le kajiru accepta, pensant que ce serait là sa dernière œuvre, et l’occasion de finir en beauté. Immédiatement, on lui apporta de la toile, des pinceaux et des couleurs.
Il fit un portrait magnifique du maître d'armes, le plus magistral qu’il eût jamais peint. Mais celui ci ne prêta aucune attention à la toile, fixé qu'il était sur le mouvement du peintre
A la fin, il lui tendit un sabre courbe très léger et lui donna un unique conseil :
"Vous n'avez qu'à le tenir comme si c'était un pinceau"
C’est tout ce que le maître consentit à lui enseigner.

L'esclave revint voir le guerrier en tremblant, mais bien décidé à rester digne jusqu'à la fin.
« Me voici maître guerrier » annonça t’il d’une voix qu’il voulait ferme. « A l'heure prévue. »
Puis, suivant les conseils du maître d'armes, il saisit l'épée fine comme un pinceau
« Je suis prêt maître, attaquez... » dit l'esclave d'une voix tremblante.
Et le guerrier répondit...
"Non"
Il rangea sa propre lame et expliqua à l’esclave :
"Votre garde est parfaite. Je ne vois aucune faille dont je puisse tirer avantage. Je renonce au duel et vous présente mes excuses"
Le guerrier poursuivit, et le petit esclave pût aller délivrer son message.
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