Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne

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Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne

Message  Dove le Lun 4 Mai - 11:02

Lorsque la première rafale me fouetta le visage, je réalisai combien le vent m’avait manqué. Je lançai mon tharlarion à l’assaut de la colline. Il sifflait d’excitation. J’ai toujours expliqué à mes montures, avant de partir en expédition, le but de notre voyage. Elles comprennent bien plus que ce que les gens pensent. Elles comprennent même parfois mieux que certaines personnes.

C’est pourquoi ce matin, à l’aube, je me penchai vers la bête pour lui dire que cette fois-ci, nous n’avions pas prévu de date de retour ; et elle l’avait compris.

Alors que les portes de la cité claquent et se referment, je me remémore mon arrivée à Caithris, il y a de cela près de quatre années. L’allure altière de la ville, ses hautes tours, son palais semblant défier Thassa. Caithris la païenne, riche de son commerce, si pauvre en temples. Caithris la généreuse, qui m’offrit une hospitalité si rarement goréenne, à moi exilé d’Hériol dont la cité avait été détruite. Caithris et sa Pierre qui devint mienne, qui m’ouvrit ses portes.

La première vision que j’eus de la cité fut celle d’une femme voilée tout de noir, aux yeux vert pâle, au regard profond. Un regard qui pouvait en l’espace d’un instant vous scruter, vous jauger et vous transpercer. Ce sont ces yeux dont j’embrassai les paupières ce matin, avant de quitter nos quartiers. Sans bruit je refermai la porte, traversai les couloirs du palais, déserts à cette heure et montai saluer la Pierre de foyer. Un genou à terre, je lui renouvelai mon serment de fidélité, avant de me retourner et partir.

Quatre ans… Quatre années de combats, de joies intenses et de terribles pertes. Avant de quitter la ville, j’avais rendu la veille au Conseil mon insigne de lieutenant et démissionné de mon poste de Conseiller. Une bourrasque fait voler ma cape. J’ai le sentiment de respirer à nouveau.

Le vent ne souffle pas dans les cités. A l’abris des remparts, point de souffle. Doucement, douillettement, choses, bêtes et hommes y moisissent, protégés des éléments, loin des ondées, des rayons de soleil… du vent. Jusqu’à réaliser un matin que ce que j’avais gagné en honorabilité, je l’avais perdu en honneur. Je n’ai jamais souhaité que le meilleur pour ma Pierre, mais de compromission en arrangement, j’avais fini par me perdre en chemin.

L’honneur dans les cités se résume à porter haut des titres et des couleurs de caste. La plupart des hommes ne s’interrogent plus sur leur honneur, le pensant inné. Je ne souhaite pas devenir un abrité. Je veux mériter à nouveau ma caste, la gagner.

Voilà pourquoi je pars, plus vieux, je l’espère plus sage qu’à mon arrivée. La bourrasque a laissé place à une brise marine parfumée d’iode. Caithris s’éloigne derrière moi. Je ne sais pas encore où je vais. Je respire à pleins poumons et me mets à siffloter un air militaire.


Je me retourne, et tente de ne pas prendre un ton trop brusque : « Par les Sardars, vous m’aviez promis que vous saviez faire du tharlarion! Si nous avançons à cette allure, nous camperons ce soir à trois cents mètres des portes de la ville. »

(NDA : Merci à Hyppolite pour ses conseils de lecture et sa Horde du Contrevent
Merci à mes amis caithrissiens pour ces grands moments de rp depuis un an et demi
Merci à Payne, évidemment
A bientôt, toujours sur le forum et sûrement sous d'autres cieux)
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Re: Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne

Message  Lady Payne le Lun 4 Mai - 18:32

Je me réveille à l’aube et regarde mon époux à mes cotés. Il est assis sur le rebord de notre lit et semble vérifier les derniers préparatifs, comme d’habitude il ne dit rien et semble concentré.

Quand a moi, je saute du lit et ordonne à notre esclave –une des esclaves du palais- de faire chauffer de l’eau pour mon bain.
Je croise le regard de mon compagnon et lui sourit, aujourd’hui est un nouveau départ pour lui comme pour moi.

A peine deux heures plus tard, sur un Tharlarion, je tente de m’accrocher au cou de la bête, qui pousse des cris à cause de la pression que j’exerce sur elle, et j’essaye de la relâcher sans risquer de tomber au sol avec nos sac. Nous grimpons une colline, vers la route qui nous mènera à un petit port, pour prendre le bateau vers le continent, lorsque je m’arrête en haut de cette même colline, pour regarder derrière moi.

En contrebas se trouve la cité de Caithris, que je quitte aujourd’hui. Un peu plus de cinq ans plus tôt, alors que je venais de finir mes études, j’étais arrivée

devant les grilles de cette même ville, dans l’espoir de devenir assistante de l’ambassadeur. Un an auparavant, j’avais voyagée dans tout Gor pour mes études, et je m’étais sentie prête pour cette tâche, qui, me semblait il, m’était destinée. J’avais alors à peine 21 ans à mon arrivée.

Cinq ans plus tard, je faisais les bilans : Je m’étais unie, et j’avais eu trois enfants qui m’attendaient à Thentis. J’avais connue la perte d’êtres chers, fait des rencontres mémorable, connue un coup d’état et m’était retrouvée avec d’autres propulsée au rang de Haute conseillère. Un sourire nostalgique apparait sur mon visage : Qui aurait cru que la petite étudiante serait montée si haut?

La Pierre de foyer nous appelle
Sachons vaincre ou sachons périr
Un Guerrier doit vivre pour elle
Pour elle un Guerrier doit mourir.


J'entend mon époux chanter son air militaire préferé, qu'il espère déja faire apprendre à notre fils ainé, agé de trois ans, et qu'il chante toujours lorsqu'il est heureux, aussi, entendre cet air me fait sourire, et me rapelle combien lui même est satisfait de notre decision.

Une toux me ramène à la réalité et surtout me rappelle pourquoi je pars. Déjà malade auparavant, mon état s’aggrave et tandis que je me morfondais dans mes appartements, je m’était rendue compte que jamais je ne m’était épanouie que lorsque je voyageais pour la cité, en tant qu’ambassadrice, me sentant réellement emplie d’une mission presque sacrée, me sentant importante, utile, et surtout, me sentant vivante.

Devant moi, Dove, qui n’est jamais aussi lui-même que lorsqu’il file comme le vent sur l’une de ces selles de cavalier en cuir, se tourne et me gronde : « Par les Sardars, vous m’aviez promis que vous saviez faire du tharlarion! Si nous avançons à cette allure, nous camperons ce soir à trois cents mètres des portes de la ville. »
En descendant la colline, je ne peux m’empêcher de grommeler. Bien sur que je sais monter sur un Tharlarion! Comme toute les jeunes filles de bonnes familles, j’ai participée à des chasses, mais jamais sur de grandes distances. J’utilise la chaise à porteur, le pousse pousse, ou encore, je voyage en bateau. Je sais que désormais, je passerai plusieurs heures par jour sur le dos d’un de ces reptiles géants. L’affaire ne sera pas facile, mais peu importe. D’autant plus que comme une minorité de Goréen, je souffre d’allergie aux écailles de Tharlarion, aussi, si mon époux est lui habillé confortablement, je suis quand à moi recouverte de la tête au pied, craignant le contact avec la bête qui désormais me regarde de ses gros yeux globuleux, espérant rejoindre les autres qui nous attendent en trépignant plus bas.

Un peu plus tard, nous sommes dans le bateau. Les bêtes sont attachées dans la cale, et la traversée durera jusqu’au lendemain matin. Assis contre un des mats, je vois Dove observer la ville au loin, éclairée par le soleil matinal, comme un joyau vert, fertile, au milieu de la mer, tandis qu’il joue avec son fidèle couteau de chasse. Je le sens pensif mais pour autant, je ne vais pas le déranger. Mon mari n’est pas un homme qui délivre beaucoup ses sentiments et en ce moment, je suis moi-même tellement prise par diverses émotions que même si il me le demandait, je ne saurai les faire partager à quelqu’un d’aussi intime que lui.
Je m’avance sur le bateau et va poser mes mains sur le rebord, regardant Caithris s’éloigner, et je repense désormais au rôle que je me suis donnée, à la mission que je me suis confier moi-même.

Plus que jamais, je serai utile à la cité, mais plus en restant à hanter les couloirs de son palais, non, je la représenterai, à l’aide de mon compagnon, et irait découvrir jusqu’au fond de Gor si il le faut des trésors qu’elle pourra légitimer. En regardant ma simple robe de voyage, je souris doucement, pensant au luxe confortable et à mes dizaines de robes, de soies, de brocarts et couvertes de joyaux, que je laisse là bas. Je me réconforte mentalement en pensant que je les apprécierais davantage à chacun de mes retours sur l’île pour faire part de nos avancées et pour remplir mon devoir, mes responsabilités.
J’entends les pas de mon époux derrière moi et me retourne, tandis que toujours en silence, il vient se tenir à mes cotés. Je pose mes mains sur son bras et regarde la cité qui commence à disparaitre peu à peu. Aucun de nous deux ne parle, car il n’y a de toute façon plus grand-chose à dire.
Etrangement, alors que je m’éloigne de ma pierre de foyer, je me sens au contraire de plus en plus citoyenne, et proche d’elle. Je pars pour la servir, et part pour la rendre encore plus majestueuse, et aussitôt que je fais ce constat dans ma tête, la diplomate et peut être l’aventurière qui est en moi trépigne.

Je tourne la tête vers l’avant du bateau, où il n’y a que la mer, et rien d’autre que la mer, avec au bout le continent, Ar, Thentis et des territoires inexplorés.

Mon sourire s’élargit : Qu’il est bon de se sentir vivant.

Et soudain, quelque chose me dit que même si il ne peut entendre mes pensées, mon compagnon, à mes cotés, acquièce.
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Re: Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne

Message  Zinkan Dewoitine le Lun 4 Mai - 19:04

Je tire lentement sur la pipe , laissant tourner dans mes doigts l’attache de cape , insigne du consulat que Dove a posé hier soir sur la table ,partagé entre la tristesse de voir partir un compagnon des heures sombres , et la certitude d’entendre de nouveau sa voix claire résonner sous les voûtes. L e sérum nous protége du temps mais non de son usure et je comprend sa position ..Aux aurores , j’ai roulé de la couche , quittant le corps chaud de l’esclave qui sommeille pour monter sur les remparts , enveloppe d’une simple fourrure. .la brume tropicale du matin recouvre le bas de la cite , et le vent de mer se lève , soufflant en longues rafales.
J’entend juste le mugissement étouffé du tharlarion , et c’est avec tristesse que je porte les yeux sur le logement que je sais désormais vide .

Une rafale plus forte rabat un tourbillon de sable fin , me forçant a me tourner et a couvrir un bref instant mon visage de la fourrure ..la rafale plus forte a chassé la brume et quand je me retourne les abords de la cite sont vides. J’inspire profondément , reprend le chemin de la chambre , les dalles fraîches sous les pieds.. Apres une hésitation je reprend le couloir pour monter a la pierre , regardant cette masse grisâtre qui règle une grande part de nos vies ici .Mon incrédulité croit de jours en jours , mais je sourit en pensant que ce n’est que le symbole d’une communauté …que Dove vient de quitter , mais dont il est toujours partie prenante ..Caithris ….cette pierre sera sûrement poussière un jour , mais au moins elle aura été gardée et le jour ou Thassa l’engloutiras , je sais que partout sur Gor des regards d’anciens se tourneront vers la mer

Je tourne les pas , déjà pensif …qui ? comment ? je frappe les pierres dans l’escalier du plat de la main ..cette cite a les reins solides , et même dans le camp de toile Caithris vivait..
Je souris malgré moi …tant que l’on peut faire un pas de plus …
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Re: Demain dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne

Message  llinna le Mer 6 Mai - 3:28

Sous la voile qui claque dans la brise de mer, j’essaye de ne pas chavirer en coupant le sillage du gros bateau. Ce matin à l’aube j’ai encore une fois largué les amarres, et mon esquif léger bondissant sur les flots a pris la direction du sud. J’ai vu monter a bord du galion l’équipage des notables de la ville.. les bêtes avec leurs luxueux harnachements, les hommes, les femmes en velours et mousselines..et la haut sur les remparts la silhouette du doc, avec ce petit éclat du soleil sur les branches de ses lunettes. Chevauchant mes rêves comme mon voilier chevauche Thassa, j’ai vu disparaitre à l’horizon les tours de caithris..Légèrement vêtue,, peu chargée, passant inaperçue, avec comme seule arme ma trousse de soignante, je m’en vais a l’aventure, le cœur gonflé de joie et de bonheur..Aujourd’hui encore je découvrirai de nouveaux paysages, de nouvelles personnes, portant partout au sud la parole juste de ma cité.
Aujourd’hui encore je travaillerai à ouvrir de nouvelles routes et à signaler celles qui se ferment. La bas derrière l’horizon m’attend l’immensité de Gor, et des amis chers, de nouvelles amours et de nouvelles amitiés, de nouvelles aventures..de nouveaux ennemis aussi.. Ce soir je dormirais en prison, dans le lit d’un guerrier, ou dans ma maison de la ville ou j’ai prêté serment…seuls les dieux de Gor le savent. Mon combat est de rester libre dans ce monde ou même la haine est belle..ou tout va si vite, ou je suis un non sens pour tant de personnes..Nomade, rien ne m’attache vraiment car je suis comme le vent qui souffle ou il veut, dure et douée pour la survie. Certains me haïssent, d’autres m’aiment, tous me respectent, tous m’attendent, beaucoup espèrent ma venue..En ce matin brumeux je mets le cap sur les bordures du désert a la recherche des palmes familières des oasis amies ou des hauts cylindres des nouvelles citées..Demain je ferais mon rapport sur les alliances possibles, sur les hommes et les femmes, sur les ressources de commerce.je ferais mon rapport au vieux filou las bas sur les remparts qui fait semblant de pleurer un monde révolu. Lui livrant ma curiosité des choses nouvelles faisant souffler sur la vieille cité un vent neuf en souhaitant qu’elle l’accepte. Plus rien n’est immobile dans ce monde, un vent frais souffle et il ne sert a rien de fermer ses fenêtres, de calfeutrer ses volets pour ne pas sentir la fraicheur de la brise et son odeur de sel et de parfums nouveaux. Le temps est venu pour Gor de céder le pas aux conquérants, aux femmes guerrières, aux amours illicites, le temps est venu de laisser le souffle de l’épopée soulever les lourdes tentures des dynasties. Gor appartient aux caravanes de marchands, aux troupes de mercenaires, aux bâtisseurs, aux soignants errants. Rien ne reste immobile sans mourir. Avec un sourire je vois disparaitre les tours de Caithris, là est mon port d’attache, là est ma pierre de foyer, là sont tous ceux que j’aime, là était ce qui aurait pu être possible mais ne sera pas…Mais j’étouffe dans ces ruelles et derrière ces hauts murs..Gor m’appartient, je l’ai fait mien et chaque jours je vais plus loin..Même si je sais très bien qu’un jour un de ces voyages sera sans retour, je ne regretterais rien quand le temps sera venu de cesser de fuir.
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